Point 2 du projet du code électoral: « une illégalité sans légitimité ne peut produire qu’à des dégâts », (Ibrahima Deen Toure de l’UFR)

Le point 2 du projet d’amendement du code électoral divise toujours les acteurs politiques guinéens. Ce mercredi 11 janvier 2017, les députés du groupe parlementaire alliance républicaine étaient en face de la presse. Au menu de la rencontre, « le projet d’amendement des dispositions de la loi organique L2010/CNT du 24 mai 2010 portant code électoral ». C’était en présence du président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), Me Alfred Mathos.

D’entrée, le président dudit groupe parlementaire, Ibrahima Deen Touré est revenu de long en large de cette affaire de code électoral, avant d’affirmer que leur groupe parlementaire « alliance républicaine » se dit opposé à tout amendement sans débats au Parlement. Il a en outre qualifié le point 2 de l’accord du 12 octobre, d’accord exclusif entre la délégation de la mouvance présidentielle et une fraction de l’opposition républicaine dirigée par l’UFDG.

« Ce point 2 est relatif à la désignation des membres des conseils de districts et de quartiers au prorota des résultats obtenus par les listes candidates à l’élection communale ainsi que la nomination des chefs de districts et de quartiers par les dirigeants des partis politiques ou entités gagnants dans ces quartiers et districts. Ce qui est aux yeux des citoyens un recul politique et administratif grave pour notre pays constitue une menace pour notre  démocratie en construction », dira-t-il entre autres avant de rappeler :

« Nous rappelons au gouvernement qu’il a admis avec les acteurs du dialogue du 12 octobre 2016 que la mise en place des 28 délégations spéciales dans le pays constituait en soi une anomalie administrative pour le département de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. On veut engager aujourd’hui, dans les mêmes conditions et de la même manière le même gouvernement à constituer 3 743 anomalies administratives sur tout le territoire national. Nous savons tous une illégalité sans légitimité ne peut produire qu’à des dégâts… ».

Poursuivant, il a mentionné avec force que leur alliance politique ne se fatiguera pas dans le combat qui est celui de défendre le droit des citoyens à la base. « Notre groupe parlementaire soucieux des textes de lois qui nous régissent et de la promotion de la gouvernance citoyenne à la base dans le but de pratiquer plus le développement endogène est franchement opposé à cette recommandation du cadre du dialogue qui ne prend en compte que l’aspect électoral quant il s’agit des quartiers et des districts…».

C’est pour cela, dira-t-il, que nous avons adressé au président de la commission des lois de l’Assemblée nationale des réserves préjudicielles au projet d’amendement des dispositions de la loi organique L2010/001/CNT/ du 24 mai 2010 portant code électoral en date du 19 décembre 2016.

« Ces réserves ont été suivies par une motion de procédure relative au dit projet adressée au président de l’Assemblée Nationale en date du 29 décembre 2016. Tout cela pour signifier aux représentants du peuple et au peuple lui-même qu’une frange non négligeable des députés de l’Assemblée Nationale continuent à se battre pour la préservation des acquis des citoyens qui nous ont élus pour les représenter et non pour les remplacer. Notre groupe parlementaire suggère que l’Etat renforce les capacités institutionnelles et financières de la CENI afin qu’elle puisse accomplir correctement sa mission au lieu de laisser les acteurs politiques violer la loi parce qu’il est devenu évident que certains partis politiques cherchent à nommer et à contrôler les chefs de quartiers et de districts pour les fins électorales », ajoute-t-il.

Plus loin, il a précisé le groupe parlementaire alliance républicaine souscrit dans le cadre des accords à l’indemnisation élargie des victimes des diverses violences politiques en Guinée prenant ainsi en compte à titre indicatif les événements de 1985.

« Concernant le retrait par la mouvance présidentielle leur proposition de substitution du scrutin proportionnel aux élections communales par un scrutin mixte, notre GP prend acte de cette déclaration et considère que ce retrait contribue au recentrage du débat parlementaire sur le fameux point 2 des accords du 12 octobre 2016 qui est en conflit avec les citoyens mais aussi en conflit avec la loi. A ce  sujet, nous avons besoin d’un débat sociétal parce qu’il est question des citoyens directement. Nous appelons les organisations de la société civile à initier ce débat sociétal. Nous faisons remarquer ensuite que la non présentation du code électoral le 4 janvier 2017 aux débats en plénière ne dépendait pas des propositions relatives du groupe parlementaire de la majorité présidentielle… »

« Si nous laissons passer cet amendement, on pourrait assister à la destruction des rapports sociaux dans nos localités et il s’en suivra la faillite sociale de la nation », conclut-il.

Par Youssouf Keita

+224 666 48 71 30

 

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires




Laisser un commentaire