Par crainte de troubles, des milliers de Gambiens fuient au Sénégal et en Guinée-Bissau

Des milliers de Gambiens craignant des troubles dans leur pays, plongé dans une crise politique depuis plus d’un mois, ont fui au Sénégal et en Guinée-Bissau, ont indiqué vendredi le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et des sources officielles bissau-guinéennes.
« Plusieurs milliers de Gambiens se sont rendus au Sénégal ces dix derniers jours pour fuir la tension qui est montée concernant les résultats de l’élection présidentielle » du 1er décembre, a indiqué le HCR dans un article diffusé sur son site régional.
Il s’agit « principalement d’enfants », selon cette agence de l’ONU, expliquant que beaucoup de parents « craignant des troubles potentiels » ont décidé d’évacuer leurs enfants au Sénégal.
La Gambie est plongée dans une crise depuis que Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir en 1994, a annoncé le 9 décembre qu’il ne reconnaissait plus les résultats de la présidentielle, une semaine après avoir pourtant félicité le vainqueur déclaré, l’opposant Adama Barrow.
Ce pays anglophone est enclavé dans le territoire sénégalais à l’exception de sa façade atlantique.
Unique voisin terrestre de la Gambie, le Sénégal est donc un point de passage obligé pour ces milliers de réfugiés, dont certains poursuivent leur route jusqu’en Guinée-Bissau, d’après des sources au sein des services de l’immigration de ce pays limitrophe du Sénégal.
Depuis le 6 janvier, plus de mille Gambiens sont entrés en Guinée-Bissau, a affirmé à l’AFP le coordinateur national du Commissariat pour les réfugiés et déplacés, Tibna Sambé Na Wana.
Selon lui, ces réfugiés, pour la plupart des femmes, enfants et personnes âgées, ont été recensés à Jeggué, une localité proche de la frontière avec le Sénégal, à 120 km au nord de Bissau. Tous « disent craindre une escalade militaire » en Gambie, a-t-il ajouté.
Tibna Sambé Na Wana a précisé que le nombre de réfugiés enregistrés actuellement pourrait être sous-évalué, car fondé sur « les premières données enregistrées dans un seul point de passage ».
« Beaucoup de ces réfugiés sont accueillis directement par des proches, c’est pour cela que la situation n’est pas alarmante », mais et leur nombre « augmente chaque jour », a-t-il dit.
Prévoyant un afflux important, les autorités sont en train d’installer des structures d’accueil dans plusieurs régions, dont Gabù (est), Sao Domingos et Canchungo (nord), selon une source officielle.
Selon le HCR, en plus des Gambiens, des étrangers ont aussi fui la Gambie, parmi lesquels des Ghanéens, des Guinéens, des Libériens, des Mauritaniens et des Libanais.
AFP

 

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