Trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général pour le jeune qui a giflé Valls

Le jeune homme qui a giflé Manuel Valls mardi à Lamballe (Côtes-d’Armor) a été condamné mercredi à trois mois de prison avec sursis, a-t-on appris auprès du procureur de la République à Saint-Brieuc.

Le garçon, âgé de 18 ans, a été jugé coupable de « violences volontaires sans incapacité de travail avec préméditation », dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), la procédure française de plaider-coupable, a précisé à l’AFP le procureur Bertrand Leclerc.
« Ici, c’est la Bretagne »
A l’issue de sa garde à vue, mercredi après-midi, le parquet briochin a proposé une peine de trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général (TIG) au jeune homme, qui l’a acceptée. En vertu de la procédure de CRPC, la peine a ensuite été homologuée par un juge. Le prévenu devra également verser un euro de dommages et intérêts à Manuel Valls, conformément à la demande de ce dernier qui avait porté plainte.
Les faits ont eu lieu mardi après-midi, alors que Manuel Valls, candidat à la primaire initiée par le PS, serrait des mains à la sortie de la mairie de Lamballe, une petite ville bretonne située à une vingtaine de kilomètres de Saint-Brieuc. Un jeune homme aux cheveux bouclés lui avait alors tendu la main, une invitation qu’il avait soudain transformée en gifle, tout en criant: « Ici, c’est la Bretagne. » L’ancien Premier ministre avait tenté d’esquiver et son agresseur n’avait pu que le toucher légèrement au visage. Un membre du service de sécurité l’avait aussitôt plaqué au sol.
Valls: « L’acte est violent, ce n’est pas comme de la farine »
Peu après, Manuel Valls, détendu, avait réagi à l’incident devant la presse, déclarant que « la démocratie ne p(ouvait) pas être la violence ». « Je porterai plainte, avait-il dit ensuite, parce que c’est un coup. » « L’acte physique est violent, ce n’est pas comme la farine », avait-il souligné, en référence à un premier incident de campagne le 22 décembre à Strasbourg, où il avait été enfariné.
Selon le procureur de Saint-Brieuc, le jeune homme a expliqué son geste par son opposition à Manuel Valls, notamment sur la loi travail ou le 49-3, jugeant qu’il traitait « mal la Bretagne et les Bretons ». « Acquis aux idées régionalistes », le jeune majeur n’avait jusqu’alors aucune condamnation à son casier judiciaire. Il avait juste fait l’objet d’un rappel à la loi pour usage de stupéfiants en 2014, a précisé le parquet.
« Une peine disproportionnée »
« C’est une peine disproportionnée due à la surmédiatisation de l’affaire », a réagi devant des journalistes l’avocate du jeune homme, Me Marie-Françoise Blot, du barreau de Saint-Brieuc. « Il est venu là parce qu’il voulait parler du 49-3 », pas « avec l’idée » de gifler l’ex-Premier ministre, a-t-elle poursuivi. Réfutant la proximité « avec l’extrême droite bretonne » attribuée à son client, l’avocate a affirmé qu' »il est loin de toute cette mouvance ». « Il a halluciné quand il a vu l’ampleur que cette affaire avait pris », a-t-elle ajouté.

AFP

 

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