Ebola: une formule pour tester les vaccins

Des chercheurs de l’UNIGE ont mis au point un moyen de mesurer rapidement l’efficacité des vaccins contre le virus.

Une équipe internationale de chercheurs basée à Genève a défini une formule, basée sur cinq biomarqueurs d’inflammation, qui permet d’évaluer par test sanguin l’efficacité et la sécurité de vaccins contre le virus Ebola. Ces travaux sont publiés dans Science Translational Medicine.

En 2014-2015, l’épidémie d’Ebola a touché plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où elle a causé plus de 11’000 décès. Bien que cette épidémie soit terminée, il n’y a aucun moyen de savoir quand et où le virus frappera à nouveau.

Cinq marqueurs d’inflammation

L’équipe de Claire-Anne Siegrist, des Hôpitaux universitaires et de l’Université de Genève (UNIGE), en collaboration avec des chercheurs et des médecins de plusieurs autres institutions en Europe et en Afrique, a mis au point une formule, ou «signature», qui permet de mesurer les progrès et l’efficacité des vaccins administrés.

En étudiant le plasma de 115 volontaires genevois ayant participé à l’essai clinique du candidat vaccin rVSV-ZEBOV, les chercheurs ont constaté qu’il suffisait de connaître la concentration de cinq marqueurs d’inflammation pour comprendre l’essentiel de la réponse immunitaire contre le virus, a indiqué mercredi l’UNIGE dans un communiqué. La «formule rVSV-ZEBOV de Genève» est une addition des concentrations des cinq substances en question, dont l’activité est contrôlée par les monocytes – une catégorie de globules blancs connus pour livrer bataille contre le virus Ebola dans le corps humain. Elle constitue «une équation pratique et facile à utiliser», selon les chercheurs.

«Geneva Signature»

Lors d’un essai sur le terrain en 2015, le vaccin rVSV-ZEBOV avait empêché des volontaires exposés à des patients contaminés par le virus Ebola de contracter eux-mêmes la maladie. Cependant, lors de l’essai clinique conduit à Genève, des inquiétudes étaient apparues concernant des effets secondaires, inflammations systémiques et arthrite notamment, spécialement à doses élevées.

Les 115 volontaires genevois avaient reçu une faible dose du vaccin, une dose plus élevée ou un placebo. C’est le plasma sanguin de ces personnes qui a été analysé en détail. Dans les jours qui suivent l’administration d’un vaccin, la concentration de dizaines de marqueurs d’inflammation présents dans le sang peut changer. Les chercheurs ont analysé 15 de ces substances, essentiellement des chemokines et des cytokines, puis, en utilisant une méthode statistique appelée «Analyse en composantes principales» (ACP), ils ont réussi à réduire le nombre de substances à mesurer pour faciliter le suivi de l’activité induite par le vaccin dans le corps.

Cette formule – appelée «Geneva Signature» en anglais – se limite à cinq marqueurs, qui expliquent plus des deux-tiers (68%) de la variation de la concentration en cytokines et chemokines. Ainsi, elle a donné un résultat plus élevé chez les volontaires qui ont reçu une dose plus forte de vaccin que chez ceux qui ont eu une faible dose.

Retrouvée au Gabon

La «Geneva Signature» a également été appliquée à des échantillons sanguins à Lambaréné (Gabon) dans le cadre d’un autre essai clinique utilisant le vaccin rVSV-ZEBOV. Les mêmes marqueurs y étaient élevés et montraient une corrélation identique avec les effets secondaires et l’activité immunitaire.

Plusieurs de ces facteurs sont produits par les monocytes ou interagissent avec eux, ce qui confirme que ce type de globule blanc joue bel et bien un rôle déterminant dans l’action du rVSV-ZEBOV. Le vaccin d’origine canadienne a depuis été testé et pourrait être autorisé dès 2018.

Avec 20minutes

 

 

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