Grève à l’université de Kankan : étudiants et autorités se confient

Ils étaient des centaines d’Etudiants ayant pris d’assaut mardi 18 avril dernier,  les différentes artères de l’Université Julius Nyerere de Kankan. Ces Etudiants en colère réclamaient le paiement des trois (3) mois d’arriérés de leurs bourses d’entretien.

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Indigné par la situation, Alseny Siby, le chef de file dudit mouvement de protestation a laissé entendre : « Nous nous ne sommes pas contre qui que se soit, notre université a été toujours une université exemplaire. On ne fait pas la manifestation aujourd’hui parce que les autres universités le font, mais on en a marre. C’est pour exprimer nos ras le bol par rapport à la situation de bourses d’entretien. Je crois que les bourses d’entretien ne viennent pas de la poche de quelqu’un, elles viennent du contribuable guinéen. L’argent là, c’est nos parents qui ont payé l’impôt, c’est nos parents qui ont payé les taxes, c’est les ressources de ce pays. J’ai l’impression que nous sommes dans un pays où les étudiants ne sont pas considérés », dira-t-il entre autres.

Déçu, cet autre étudiant qui a requis l’anonymat a exprimé sa mésaventure en ces termes : « Nous sommes venus de très loin pour étudier à l’Université de Kankan, on n’a pas de parents ici et nous sommes là à notre propre charge. Là où nous sommes logés, les propriétaires des maisons ne cessent de nous réclamer leur loyer mais comment donner ? Même le mangé on en trouve difficilement. Actuellement comme c’est la période des mangues, c’est ce qui nous soulage un peu sinon nous souffrons ici énormément …».

Pour sa part, cet étudiant n’a pas manqué d’exprimer son ras le bol vis-à-vis de cette situation qu’ils traversent. « Concernant ce cas, vraiment on en a marre. si nous avons choisi notre président qui doit être intermédiaire, il a été corrompu parce qu’il n’a pas su honorer la confiance qu’on a porter en lui. Imaginez, une maison est payée ici jusqu’à 100 mille francs (rentrée-coucher). Un étudiant qui n’a rien qui n’a même pas de métier qui est venu seulement pour étudier et ils sont  incapables de nous donner notre argent. Ils n’ont qu’à réfléchir, ils n’ont qu’à mettre en tête que nous sommes aussi leurs enfants, l’amour qu’ils ont pour leur enfants là-bas, ils n’ont qu’avoir ce même amour pour nous en payant notre argent », se lamente-t-il.

Décrié par ses collègues pour haute trahison Ibrahima Kémo Sacko, le président des Etudiants de ladite institution d’enseignement supérieur qui a réitéré sa solidarité au mouvement se défend : « Ceux qui disent que je les ai trahi n’ont pas bien compris mes démarches. Moi, je ne peux jamais trahir mes amis au profit des autorités, lors de mon dernier entretien avec le recteur, je lui ai dis Monsieur le recteur nous allons arrêter les cours ce mardi tant que mes amis ne sont pas satisfaits, il n’aura pas de cours, mais à ma grande surprise dans la matinée de ce mardi pendant que je m’apprêtais avec mon comité à aller informer les étudiants par rapport au déclenchement du mot d’ordre de grève pacifique j’ai entendu le coup de sifflet et Siby qui était devant le mouvement est un adversaire politique. Nous étions ensemble dans la conquête du poste du président mais c’est moi qui ai eu la chance de remporter la victoire. Lui, déjà je connais sa position vis-à-vis de moi. Avant tout je suis étudiant par conséquent, je ne peux nullement trahir mes amis, car notre combat est un combat commun. Seulement je ne peux accepter qu’il ait des casses, ceux qui pensent que je suis entrain de les trahir, je leur demande d’effacer cette idée dans leur tête. Moi, je n’ai qu’une seule vocation, celle de défendre l’intérêt de tous les étudiants  » a réagit M.Sacko.

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Se trouvant devant l’impossibilité de satisfaire la réclamation des jeunes frondeurs, Dr Akoï Massa Zoumanigui, le vice recteur chargé des études a demandé aux étudiants d’observer le calme et au besoin, de rester à la maison jusqu’à la programmation de la paie.

« Le Rectorat n’est nulle responsable de cette situation et ce n’est pas seulement à Kankan. Les situations sont les mêmes. Aucune université n’a encore perçu un montant, un seul mois de bourse depuis janvier. Alors, moi ce que je demande si vous pensez qu’on ne peut pas continuer à suivre les cours tant que les bourses ne sont pas payées je suis d’accord, ce que je veux demander en revanche c’est d’aller vous reposer à la maison… ».

Il est à rappeler qu’aucun incident minime qu’il soit n’a été enregistré lors de cette grève des étudiants qui était 100 % pacifique.

Après une journée de mardi très agitée à l’université de Kankan, le calme est revenu dans la cité ce mercredi 19 avril 2017. Par conséquent, les différentes artères de l’institution quant à elles restent envahies par les étudiants qui attendent comme toujours le paiement de leurs trois mois d’arriérés de bourse. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que la paie a commencé depuis hier mercredi et qu’elle est toujours en cours.

Nous y reviendrons !

Alpha Oumar Koita, correspondant régional à Kankan, Haute Guinée

+224 622-16-07-20

 

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