Dansa Kourouma du CNOCSG : « les menaces de l’opposition de manifester sont fondées mais contre-productives »

Suite à la menace de l’opposition républicaine de redescendre dans la rue pour exiger le respect des accords politiques du 12 octobre dernier, Dr Dansa Kourouma, président des organisations de la société civile guinéenne(CNOSCG), a exhorté le gouvernement à tout mettre en œuvre pour l’application desdits accords.

« Mon impression est que le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour que les dispositions de l’accord qui ont fait l’objet de consensus soient appliquées. Si les menacent portent sur la non-application de l’accord, je crois qu’il est de la responsabilité du gouvernement, une fois que les accords aient été signés de tout mettre en œuvre pour les respecter », dit Dr Kourouma.

 » Je prends, dit-il, les points sur la Haute cour de justice, sur l’indemnisation des victimes. Pour moi, ces points devraient faire l’objet de mise à jour aujourd’hui. Le point lié au code électoral, qu’on ne peut pas imposer aux juridictions parce que l’adoption d’un code électoral, un accord politique, on ne peut pas l’imposer à une cour constitutionnelle. Sur ce plan, cela doit suivre la procédure normale ainsi que la révision de la loi sur la CENI, sur ce plan, la rencontre avec l’OIF est une avancée« .

Mais je crois, poursuit l’activiste de la société civile, « la Haute cour de justice, au niveau de la société civile, nous ne comprenions pas jusqu’au jour d’aujourd’hui ce qui empêche le gouvernement de mettre en place cette juridiction importante. Parce que la loi a été déjà adoptée mais pourquoi aujourd’hui on n’a pas un processus par rapport à l’indemnisation des victimes, bref. Quand un accord est signé, c’est vrai il peut y avoir des décalages par rapport au délai de mise en œuvre où il y a parfois des contraintes juridiques ou administratives. Mais la bonne volonté de l’exécutif ne doit pas faire défaut pour appliquer. Et, surtout la plupart des demandes formulées sont de nature à renforcer le processus de la démocratisation dans le pays« .

 » Donc, je crois que les menaces de l’oppositions sont fondées. Mais les manifestations en tant que moyen pour faire accéder aux revendications de l’opposition ont été toujours contre-productives du moment où c’est toujours accompagné de scène de violence surtout de morts d’hommes. Je pense qu’on doit trouver d’autres moyens maintenant pour amener les acteurs du gouvernement à pouvoir mettre en application ce qui est obtenu d’une décision.  L’accord politique est totalement légal dans une démocratie mais toujours est-il que les manifestations n’ont jamais produit l’effet souhaité. Donc, j’espère bien que le gouvernement doit se dépêcher, le président de la république doit sortir de son mutisme pour pouvoir interpeller le comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord politique pour qu’on ait un début d’application d’un certain nombre de dispositions qui ne sont pas assujetties à des négociations juridiques ou législatives « , a plaidé le président du CNOSCG.

Elisa Camara     

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