L’étau se resserre-t-il autour du général Konaté ? ‘’S’il ne s’exprime pas [sur le 28 septembre], nous allons l’obliger à le faire’’ (Florent GEEL, FIDH Afrique)

L’étau se resserre-t-il autour de l’ancien président guinéen de la transition dans le dossier des massacres du 28 Septembre 2009 ? En tous cas, les défendeurs des droits de l’homme -visiblement lassés- sont montés hier au créneau pour assurer que le général Sékouba Konaté, alors ministre de la défense, parlera -bon gré mal gré- de tout ce qu’il sait du massacre dans un stade de Conakry sous le règne du CNDD. Ils ont fait la promesse hier au cours au cours d’une conférence de presse à Conakry.

« Le gal Sékouba Konaté peut être entendu là où il est, il n’a pas besoin de venir en Guinée pour ça. Mais s’il ne souhaite pas le faire réellement, il faudrait peut-être l’obliger à le faire »

« Le général Sékouba Konaté a fait un certain nombre de déclarations et il m’a même dit qu’il aurait déposé une liste à la CPI. C’est pour vous dire après la vérification faite, il (Sékouba Konaté) est peut-être allé à la Haye mais il n’est pas allé à la CPI pour déposer quoi que ce soit. Donc, ce type de déclaration de personne qui devrait donner des précisions à la justice semble quand même extrêmement léger. Le numéro 3 du CNDD à l’époque a des choses à dire probablement. Mais, il est étonnant qu’il ne vienne pas les dire devant la justice de son pays. C’est lui-même qui a fait ouvrir l’instruction judiciaire le 20 février 2010. C’est très étonnant du coup qu’il n’ait plus confiance à cette justice aujourd’hui. Pour nous, ce sont des questions assez dilatoires. S’il a envie de venir ou s’il a envie de répondre aux juges, ça peut s’organiser dans les 15 jours, il n’y a aucun problème là-dessus. Et il peut être entendu là où il est mais il n’a pas besoin de venir en Guinée pour ça. Tout lui a été proposé. Donc, s’il ne souhaite pas s’exprimer pour donner ses explications, c’est qu’en fait,  il ne souhaite pas le faire réellement. Et donc, il faudrait peut-être l’obliger à le faire », menace Florent GEEL, responsable Afrique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

 

Pour Abdoul Gadiri Diallo, président de l’Organisation Guinéenne des droits de l’homme (OGDH), on ne dit pas que son audition [général Sékouba Konaté, ndlr] n’est pas essentielle mais ça ne peut pas conduire au blocage de la procédure judiciaire.

Après vérification, on constate qu’il n’y a eu aucune liste qui a été déposée à la Cour Pénale Internationale par Sékouba Konaté

« A ce stade, on peut ne pas l’écouter maintenant mais cela n’empêche qu’on puisse le faire plus tard. Lorsque Florent GEEL (directeur Afrique FIDH, ndlr) dit que le général Sékouba Konaté en personne, qu’il serait allé voir le bureau du procureur et qu’il aurait déposé la liste de ceux qu’ils croient être les responsables du massacre du 28 Septembre. Et après la vérification, on constate qu’il n’y a eu aucune liste qui a été déposée à la Cour Pénale Internationale par Sékouba Konaté. Nous, nous estimons que pour une personnalité de son rang. Il est intéressant de faire la sensation médiatique mais il faut savoir mesurer de ce qu’on dit parce que c’est la réputation de tout un pays qu’il draine », a précisé Abdoul Ghadiri Diallo.

Et de poursuivre : « en plus, aujourd’hui au stade où on en est, si on clôture ce dossier on aura rien affecté à la procédure. Si d’aventure le besoin d’entendre Sékouba Konaté se présentait cela n’empêcherait pas qu’on écoute Sékouba Konaté où qu’on le poursuive plus tard. Il y a un autre un élément important qu’il ne faut pas perdre de vue, Sékouba Konaté n’était pas un gars quelconque dans l’échiquier politique d’alors. Il était à la fois le deuxième vice-président du CNDD et le ministre de la défense. Or, les crimes qui ont été commis au stade du 28 Septembre sont le fait des services de défense et de sécurité. Donc qu’il n’y a pas à s’inquiéter. A l’époque où ça se faisait, c’était lui le responsable de tout ce qu’il y avait comme militaire en Guinée. Et il y aussi un autre élément, les événements de 2010, qui était le président à l’époque ? Mais c’était M. Konaté. Donc, l’un dans l’autre, je ne suis pas sûr qu’il puisse échapper à toutes ces procédures-là. Encore que nul n’est au-dessus de la loi », martèle Abdoul Ghadiri Diallo.

Le 28 septembre 2009, à l’appel de l’opposition, une manifestation contre une éventuelle candidature de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, en exil à Ouagadougou, a été réprimée dans le sang au stade de Conakry. Le bilan a a fait, selon l’ONU, plus de 150 morts, des dizaines de blessés et de femmes violées.

Par  Yaya Dramé

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