« Pas de jonction de procédures contre Elie Kamano », peste Me Béavogui 

Récemment, le ministre de la Justice Me Cheick Sacko et le procureur général près la Cour  d’Appel de Conakry Moundjour Chérif, au cours d’une rencontre avec la presse déclaraient qu’après la vacance judiciaire, l’artiste reggaeman Elie Kamano sera face au juge.

Répliquant à cette sortie du procureur et du ministre, Me Salifou Béavogui a assuré qu’il n’y aura pas de jonction de procédures contre son client.

« (…) Je voudrais vous dire premièrement que mon client (Elie Kamano, ndlr) n’est pas placé sous contrôle judiciaire. Deuxièmement, je voudrais vous dire que dans cette affaire, il n’y aura  pas de jonction de procédures. Et troisièmement, je voudrais vous dire que le premier dossier de M. Elie Kamano est simultanément devant la chambre du contrôle de l’instruction de la Cour d’Appel, d’une part, et d’autre part devant la Cour Constitutionnelle », a déclaré Me Salifou Béavogui.

Poursuivant,  l’avocat de l’artiste Elie Kamano a fait savoir que son client était arrêté sur un article qui est contraire à la constitution guinéenne. « Le placement sous contrôle judiciaire  a fait l’objet d’appel. Pourquoi ?   Parce que, je m’étais rendu compte que l’article 632 qui servait de base à la poursuite de mon client pour attroupement est un article qui viole les articles 7 et 10 de la constitution guinéenne », a-t-il précisé. Rappelant que « l’article 632 dispose du code pénal que toute provocation directe à un attroupement non armée soit par des cris ou discours public, soit par des écrits affichés ou distribués, soit par toute autre moyen de transmission, de l’écrit, de la parole ou de  l’image est punie d’un mois à un an d’emprisonnement s’il a été suivi d’effet. Dans le cas contraire d’un emprisonnement de deux mois à 6 mois  et d’une amende de 500 mille à un million francs guinéens (…). Cette disposition de l’article 632 qui existe actuellement dans notre code pénal viole délibérément les articles 7 et 10 de la constitution guinéenne. Donc, mon client Elie Kamano était arrêté sur un article qui est contraire à la constitution et qui viole les droits fondamentaux accordés aux citoyens », a laissé entendre Me Salifou Béavogui.

Par ailleurs, il dit rester convaincu qu’Elie Kamano n’a pas été interrogé sur le fond par le juge d’instruction. « Devant le juge d’instruction, je suis convaincu qu’il n’a pas été  interrogé au fond. Il a été interrogé pour un cas de flagrant délit et il a nié les faits. Mais, le parquet a décidé d’ouvrir une information judiciaire », a conclu l’avocat de  Elie Kamano.

Yaya Dramé

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