Vers la CAN 2023 : Des engagements à tenir ! Quand le vin est tiré, il faut le boire jusqu’à la lie

Cette maxime s’applique parfaitement à la situation que nous vivons actuellement dans la perspective de notre candidature à la CAN 2023. Ces jours-ci, après la tenue du symposium de la CAF à Rabat du 18 au 21 juillet dernier, le nouveau format des phases finales de la CAN alimente un débat très animé, qui nous intéresse au premier chef. En effet, candidat à l’organisation de l’édition de 2023, nous sommes concernés par cette révolution engagée par la CAF. La trame de ce débat s’appuie sur une simple interrogation aux conséquences bien lourdes : avec les nouvelles conditions instaurées par la CAF, notre pays est-il en mesure de satisfaire les conditions du cahier de charges de la CAF ?

Cette lancinante question ne peut être répondue que par le Comité de pilotage du COCAN 2023. C’est cette institution mise en place par le chef de l’Etat, qui a en charge la gouvernance du COCAN 2023. Relevant de l’autorité du Président de la république, le Comité de pilotage rend compte à ce dernier. Depuis la fin du symposium de Rabat, tous les regards sont donc tournés vers le COCAN 2023. Une institution mise en place depuis 301 jours et meublée il y a 182 jours. Ces chiffres, qui en disent long sur l’attente des citoyens. En dépit de la certitude des optimistes confrontée à l’inquiétude des sceptiques, la situation qui prévaut n’incite guère à la sérénité.  Comme dirait l’autre, 2023 c’est déjà demain. Si l’on procède à un décompte, nous n’avons plus à notre disposition que cinq ans et demi pour satisfaire au cahier de charges de la CAF à savoir : un minimum de six sites de compétition à aménager avec les infrastructures annexes (voies de communication, réceptifs, sécurité, signal satellite, formations sanitaires, aéroport, etc).

De ce qui précède, les choses se compliquent un peu plus avec l’augmentation des ressources financières à mobiliser. Une conséquence tout à fait logique, dans la mesure où les infrastructures seront réalisées grâce aux ressources collectées. Cette contrainte qui n’est guère insurmontable, est l’argument massue des pessimistes, qui croient dur comme fer que la Guinée ne sera pas en mesure de tenir l’échéance de 2023. Dans ce climat de doute ainsi créé, il revient au Comité de pilotage de poser des actes forts en guise de signal. Parallèlement à une campagne médiatique tout azimut à mener, pour sensibiliser et informer l’opinion publique sur les capacités du pays à tenir ses engagements vis-à-vis de la CAF, le Comité de pilotage devrait enfin briser ‘’ le silence ‘’ autour de ses activités. Une démarche qui contribuerait à rassurer le camp des pessimistes.

Loin de négliger les difficultés et contraintes liées à l’organisation de cette compétition, il faut reconnaître que si nos décideurs s’impliquent, un coup d’accélérateur serait donné aux préparatifs de la CAN. Nous ne devons pas perdre de vue qu’il a fallu l’engagement ferme du gouvernement auprès du comité exécutif de la CAF, pour que notre candidature soit validée. Un engagement matérialisé par le dépôt d’une lettre de garantie au siège du comité exécutif de la CAF. Face à ce choix, nous n’avons qu’une seule alternative : mettre tout en œuvre pour honorer les engagements pris auprès du comité exécutif de la CAF.

Chez nous, le débat devrait se focaliser non sur la question de savoir si nous pouvons ou non organiser la CAN, mais plutôt sur la mise en route des préparatifs de cette compétition. Je suis de ceux qui croient fermement, que nous avons le potentiel capable d’organiser avec réussite la CAN 2023. Ce n’est guère de l’optimisme béat. Au regard de la situation de notre pays, la CAN représente l’unique opportunité de doter le pays d’infrastructures diverses. Je ne mets pas en doute les ambitieux objectifs du PNDES, avec ses cinq projets et vingt-cinq projets forts retenus pour le pays. A ce propos, le problème est de savoir si ces projets sont en corrélation avec le cahier de charges du COCAN 2023. Dans l’optique d’une harmonisation de la politique de développement du pays, une démarche est à entreprendre pour éviter une dispersion des efforts et des ressources financières. Au-delà de cet aspect institutionnel, dans les jours à venir, il revient au COCAN de prendre attache avec le gouvernement pour s’accorder sur la marche à suivre. A l’instar du Cameroun et de la Côte d’Ivoire qui ont donné un signal fort à la CAF, quant à leur ferme volonté à tenir les engagements pris, nous devons tout mettre en œuvre pour relever le challenge qui nous est proposé. Il y va de crédibilité du pays et de son image de marque.

Thierno Saïdou Diakité

 

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