Lisez ceci et vous pourriez ne plus jamais remanger du poulet

La majorité des poulets reçoivent des doses quotidiennes d’antibiotiques. « D’ici 2050, la résistance aux antibiotiques provoquera la mort de 10 millions de personnes par an », avertit la journaliste Maryn McKenna dans le Guardian. « C’est comme le changement climatique. C’est une menace écrasante, créée au fil des décennies ».

Maryn McKenna vit à deux pas de Gainesville. C’est la capitale mondiale du poulet, avec une production annuelle de 1,4 milliard d’animaux destinée à la consommation humaine. Cette ville de l’État de Géorgie joue un rôle prépondérant dans la production des neuf milliards de poulets élevés chaque année aux États-Unis.

Le goût? Pas si important
« Vous pouvez conduire pendant des heures sans même savoir que vous êtes au cœur du pays du poulet, jusqu’au moment où vous vous retrouvez derrière un camion rempli de cages d’oiseaux », écrit Maryn McKenna dans son livre « Big Chicken« .

Selon la journaliste américaine, à Gainesville, les poulets ne sont pas élevés pour le goût de leur viande, mais surtout pour leur abondance. « Au fil des décennies, nous avons nourri les poulets avec des doses quotidiennes d’antibiotiques », insiste-t-elle.

« Un bloc solide de protéines »
Résultat des courses: le poulet n’est plus cet animal qui cavale dans tous les sens. Il se déplace très lentement et grandit à une vitesse folle. « Un bloc solide de protéines ». C’est la même rengaine pour les autres animaux destinés à finir dans notre assiette. Maryn McKenna assure que 63.151 tonnes d’antibiotiques sont utilisées pour la consommation humaine.

« Les agriculteurs ont commencé à les utiliser parce que les antibiotiques permettaient aux animaux de convertir plus efficacement les aliments en savoureux muscles. Les antibiotiques protégeaient aussi les animaux contre les maladies », poursuit-elle. (continuez à lire sous l’article).

Cette manière d’élever les poulets a démarré en 1971. Les prix ont tellement baissé que le poulet est devenu la viande la plus consommée aux États-Unis. « Et aussi la viande la plus sujette à transmettre la maladie, et la résistance aux antibiotiques, qui est la crise de santé la plus importante de notre temps », alerte encore Maryn McKenna.

En effet, selon l’OMS, « la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. Elle peut toucher toute personne, à n’importe quel âge et dans n’importe quel pays. Un nombre croissant d’infections, comme la pneumonie, la tuberculose ou la gonorrhée, deviennent plus difficiles à traiter, les antibiotiques utilisés pour les soigner perdant leur efficacité ».

« C’est comme le changement climatique »
Quelques chiffres: la résistance aux antibiotiques provoque aujourd’hui la mort de 700.000 personnes dans le monde (dont 63.000 bébés en Inde). « D’ici 2050, on prévoit que la résistance aux antibiotiques causera la mort de 10 millions de personnes par an. Elle coûtera 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros) au monde », précise la journaliste américaine avant de conclure dans le Guardian:

« 80% des antibiotiques vendus aux États-Unis, et plus de la moitié vendus dans le monde, sont destinés aux animaux, pas aux humains. La résistance aux antibiotiques, c’est comme le changement climatique. C’est une menace écrasante, créée au fil des décennies ».

Source : The Guardian

 

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