Tribune// Crises sociales à répétition : les symptômes de la déconfiture du régime Alpha Condé ! (Par Bangaly Keïta, UFC)

« Contenter le peuple et ménager les grands, voilà la maxime de ceux qui savent gouverner »,  dixit Nicolas Machiavel !

L’arithmétique de la protestation populaire contre, ce qui convient d’appeler, l’Alpha-gouvernance a amorcé, il y a peu, une croissance des plus fulgurantes. À la suite de celles de Boké, de Kamsar, de Kolabouyi et de Kérouané, ce sont les populations de Beyla qui, il y a quelques jours, ont occupé les rues de la ville, pour mener des actions de contestation de la gouvernance exercée dans le pays.

Dans l’ensemble, le bilan de ces journées de protestations citoyennes est fort important et douloureux, des pertes en vie humaines et des blessures aux dégâts matériels, le tribut qu’a payé les populations pour faire valoir, face à leurs gouvernants, leurs légitimes et inaliénables aspirations au bien-être, est bien lourd et triste.

Eau, électricité, emploi, routes, bref des conditions de vie décentes constituent, partout dans ces localités, la plateforme sociale revendicative. Quoi de plus normal, pour une population, à qui, ont été promis sans suite, depuis plus de sept ans, monts et merveilles ! En tout cas, les protestataires dans leur démarche, semblent être déterminés plus que jamais, malgré souvent, la brutalité de la répression des forces de l’ordre, à en découdre avec le pouvoir pour obtenir, satisfaction aux différentes exigences. Et d’ailleurs, la difficulté des autorités locales et nationales, dans ces crises, à établir le fil du dialogue, en vue de calmer les ardeurs des manifestants, traduit fort éloquemment cet état d’esprit.

Pourtant, la justesse de ces réclamations citoyennes, n’est pas, à l’ombre d’un seul doute. L’état des lieux de ces villes, à l’instar de toutes les autres du pays, met à nue l’ampleur de la marginalisation des populations à la base dans le circuit de redistribution des richesses nationales. Partout à l’intérieur, nos villes offrent l’image de contrées laissées pour compte et tombées aux oubliettes. Et le déficit criard d’infrastructures et des services sociaux de base justifie, le  »sans État » ou du moins le  »peu d’État ». Alors qu’au même moment, les dignitaires du régime, à coup de corruption et de détournements de deniers publics, mènent une vie ostentatoire des plus insultantes de notre intelligence, en tant que peuple.

Ces crises sociales à répétition, loin de sonner leur glas, nous interprètent aisément, la vérité historique et implacable du réveil des consciences populaires à exiger davantage, de partage vers la base, des dividendes générées par l’économie nationale et du profond rejet de la gouvernance des promesses, la gouvernance Alpha Condé. Puis qu’il est très clair aujourd’hui que, l’aspiration à une bonne gouvernance, tributaire de développement et de bien-être national transcende les clivages de toute nature et constitue un sentiment des plus partagés au sein de toute la société guinéenne.

Aussi, de ces crises, il est à déduire, de toute évidence, de l’œil de l’observateur bien averti que le pouvoir s’est fait prendre dans son propre jeu et est tombé dans son propre piège. C’est le boulanger qui se fait rouler dans sa propre farine. Car, plus préoccupé à jouer à la politique politicienne et à  »vaincre » ses opposants, le régime y a consacré, au détriment de la recherche des perspectives sérieuses aux problèmes de société, toute son énergie et toutes ses ressources et, il n’a pas vu, ni le temps passer, ni la colère des citoyens monter face à la dégradation de leur quotidien. La sagesse qui soutient que :  << le scorpion meurt parfois victime de son propre dard>> nous y édifie véritablement.

Les dirigeants actuels auront ignoré, trop longtemps, et auront appris à leurs dépens, qu’une nouvelle génération de guinéens est née et qu’à l’ère de  »la civilisation des masses », des milliards d’images traduisent, quotidiennement, le vécu des populations et concilié à la fluidité et à la célérité de la diffusion de l’information, les guinéens sont plus imprégnés des problèmes de gestion de la chose publique et sont donc, de plus en plus exigeants; il n’est dorénavant, plus possible de gouverner le pays, avec des recettes rétrogrades des années »60 », avec la politique politicienne ou encore avec des effets d’annonce.

Au travers de ces crises, une chose au moins est sûre, ceux qui tâtaient le terrain, pour évaluer les perspectives d’un 3ème mandat en ont eu plein les yeux, puisqu’à ce stade, la préoccupation première du pouvoir, il me semble, est d’abord, une issue heureuse du mandat courant; à moins qu’on veuille être du mauvais côté de l’histoire ou qu’on veuille décrocher la lune. En tout cas, pour celui qui veut bien lire entre les lignes, ces événements récents sont pleins d’enseignements. Quelqu’un soutenait et à juste raison : << on peut tromper tout le peuple, une partie du temps, on peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps>>.  Le peuple s’est réveillé et est prêt à prendre en main, son destin, sa force est terriblement irrésistible ; malheurs à ceux qui s’y opposeront !

Bangaly KEITA
Directeur de Communication de l’UFC

 

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One thought on “Tribune// Crises sociales à répétition : les symptômes de la déconfiture du régime Alpha Condé ! (Par Bangaly Keïta, UFC)

  1. Observateur

    « Est-ce que la gendarmerie de Hamdallaye vous avait appelé pour vous demander de ne pas aller au siège ? », demande maître Béa. « Non », répond Bah Oury. « Saviez-vous que l’UFDG a écrit à la mairie de Dixinn et à la gendarmerie de Hamdallaye (…) ? » Face à cette question, Bah Oury a eu une lecture plutôt singulière. Selon lui, cela fait partie de la préméditation de tentative d’assassinat visant sur ma personne. Mais le scénario a été inversé.

    « Ils voulaient que les forces de l’ordre soient là ce jour pour que je sois assassiné dans la confusion pour porter la responsabilités sur Alpha Condé, comme on avait porté la responsabilité de la mort Diallo Tély à Sékou Touré », a interprété l’ancien exilé politique, confiant de passage que pendant ses années d’exil, les amis d’avant sont devenus des ennemis jurés.

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