Ministre Gassama, un des rares guinéens qui se bat réellement pour nous ! (Par Ibrahima Kandja Doukouré)

Les sages nous ont bien conseillé quand ils disent : « Prenez très au sérieux les imaginations d’un penseur car votre malheur ou bonheur en dépendrait ». Ils entendent par-là, les Hommes qui mettent à côté, leurs passions, ambitions en prenant du temps nécessaire pour sagement et impartialement réfléchir sur le passé et sur le présent de leurs sociétés dans le but d’encourager leurs contemporains sur leurs bonnes attitudes ou de les avertir sur les éventuels dégâts de leurs actions dans le futur. Ce n’est pas pour ne rien que notre Créateur a qualifié Son Messager en ces termes : « Il ne parle pas sous l’effet de la passion ». On aimerait bien dire quelques mots sur la semaine de la citoyenneté organisée tout récemment par le ministre Kalifa Gassama Diaby. Notre intervention s’accentuera principalement sur trois points : la situation inquiétante de notre pays, les actions comme la semaine de citoyenneté doivent être encouragées et enfin, la chance de notre pays d’avoir quelqu’un comme ce jeune et patriote ministre.

En effet, nous ne cessons d’entendre depuis au haut sommet de l’Etat, dans la politique, dans les mosquées, dans les églises et même dans les marchés, … les phrases comme les suivantes : la Guinée est une et indivisible ; la Guinée est une famille ; la Guinée ressemble à une voiture à quatre roues et sans une, elle ne marcherait point ; … D’ailleurs, même les simples citoyens chantent quotidiennement ces beaux mots. Oh ! Seigneur ! On aimerait bien qu’il soit ainsi. Quant à la question de savoir par exemple, sommes-nous vraiment unis ou comportons-nous réellement comme une famille ? C’est là que les masques commencent massivement à tomber et les hypocrisies apparaissent en plein jour.

On peut être d’accord qu’il n’y a guère une réponse facile à cette question. En attendant, les faits sont là : nous avons les partis ethniques avec leurs leaders extraordinaires qui n’ont aucun problème à sacrifier toute une région, tout un peuple, pour qu’ils aient le pouvoir ou soient appelés « leurs excellences ou les honorables ». Par exemple, les uns disent incessamment à la face du monde que le problème de notre pays est essentiellement l’ethnocentrisme et parfois ils ajoutent que : « La Guinée est comme une voiture qui a besoin de ses quatre roues pour fonctionner correctement ». Curieusement, ils pensent à se débrouiller avec les trois roues de notre automobile et nous continuons à être surpris qu’elle soit en train de faire plus d’un jour sur le trajet Conakry-Kindia. De l’autre côté, ils ne cessent de chanter que leurs partis sont nationaux et se battent pour toute la Guinée. Contradictoirement, ils disent à leurs militants en catimini que les autres ne les aiment pas ou les tuent. Il n’y a guère de débat là-dessus, soit qu’on est national et on se bat pour le monde, soit on parle de « nous » et les « autres ». Ça me rappelle d’une remarque très pertinente de monsieur Ouattara Mohamed lors d’une conférence organisée par l’Association des Élèves et Étudiants Musulmans de Guinée (AEEMG) sous le nom du Camp National de Formation Islamique : « Tant que nos politiciens, nos religieux, nous-mêmes, ne disons pas devant nos militants, dans nos familles, ce que nous disons dehors, nos problèmes ne seront jamais résolus ». En un mot, nous pouvons oublier la réconciliation nationale, la paix et le progrès économique.

Quant à nous les populations, nous avons en nous tous les mauvais qualificatifs de nos politiciens. Ce qui n’est point étonnant car ceux qui nous gouvernent ou parlent en nos noms sont bien évidemment une partie de nous. Le Guinéen n’est pas qu’économiquement pauvre, il lui reste aussi beaucoup d’étapes à franchir dans l’échelle de l’humanisme. Quelqu’un s’en rend compte dès qu’il franchit une des frontières de la Guinée. Le moins qu’on puisse dire est que si nos gouvernants et politiciens n’ont aucune pitié pour nous, nous sommes pires entre nous. En général, au lieu qu’un Guinéen aide un autre Guinéen, il le précipite impitoyablement dans le malheur. L’iman Camara a vu juste : « Lorsque je vois quelqu’un chercher à être président de la république de Guinée, j’ai pitié de lui car en voyant seulement les Guinéens dans la circulation, on se rend compte qu’ils ne s’aiment pas ». Celui qui veut discuter avec notre sage, n’a qu’à faire une simple visite dans un de nos marchés, dans une de nos écoles ou universités, ou même dans une de nos mosquées, … ce qu’il apercevrait de ses deux yeux, risque les crever.

Pour nous résumer, il n’est pas très tôt de dire que toutes les causes qui ont précipité le Rwanda dans l’animalité à un moment donné de son histoire, sont en train de se donner rendez-vous chez nous. Tous les faits qui ont éclipsé le destin de la Côte d’Ivoire voisine pendant plus d’une quinzaine années, sont en train de prendre naissance chez nous. Nos problèmes n’ont pas commencé aujourd’hui mais grâce à nos deux grands comédiens sous les noms de politiciens par métier et par hasard, ils ont été multipliés par cent de telle sorte que nous n’avons assisté qu’à des scènes tragiques caractérisées par la confusion d’un côté et les destructions de l’autre côté. Sans oublier que nous avons aujourd’hui un cimetière où sont enterrés plus de quatre-vingt jeunes qui ne sauraient jamais, ni nous d’ailleurs, pourquoi leurs destins ont été si tragiques et ils ne sont que les ressortissants d’une seule région. On peut en dire tout et leur donner les qualificatifs que nous passionnons mais nous pouvons être sûrs que les dégâts de ce seul cimetière seront immanquablement des obstacles à tout projet de réconcilier les guinéens dans les cinquante à cent prochaines années. Le pire à craindre serait le scénario de l’après de nos deux comédiens actuels. De notre petite connaissance de l’être humain, on a toutes les raisons d’avoir peur car il y a certains jeunes députés arrivistes du côté de la Corée du Nord et d’autres jeunes ministres fanfarons du côté de la Corée du Sud, qui, s’ils étaient les présidents de la république et les chefs de l’opposition, ça ne prendrait pas plus d’un mois pour mettre notre pays à feu et à sang.

Bref, dans cette situation lamentable et inquiétante de notre pays, il y a de lueurs d’espoirs qui ne cessent de se pointer à l’horizon. Heureusement que nous avons certains religieux comme imam Elhadj Mamadou Saliou Camara [de la mosquée Fayçal] et Monseigneur Vincent Koulibaly, les jeunes ministres patriotes comme Pr. Gassama, les jeunes professeurs comme M. Mohamed Camara (juriste) et beaucoup d’autres qui ne cessent d’appeler les côtés anges de guinéens, leur rappeler ce qui est le plus important et les lie, la Guinée; leur démontrer que les faits d’être Peulh, Malinké, Soussou et Forestier, en général ne sont pas des problèmes car ce sont les manières sur par lesquelles nous nous servons d’eux qui peuvent nous coûter très chères. D’où les actes comme une semaine de citoyenneté et toutes les démarches de ce genre doivent être encouragées pour ces trois mots : l’unité des Guinéens dans leur diversité, la paix et le progrès économique. Heureusement que si chacun de nous ne peut pas développer notre pays, chacun de nous peut au moins faciliter la cohésion sociale dans la paix pour un bonheur populaire.

Ibrahima Kandja Doukouré

New York, USA

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