‘’Nous avons des matériels de santé qui datent de la 2è guerre mondiale’’ (Commission santé de l’Assemblée nationale)

L’ONG Search For Common Ground (SFCG) a animé vendredi à Coléah une conférence de presse pour faire le bilan de la visite des infrastructures sanitaires avec les députés de la commission santé de l’assemblée nationale. Financé par l’USAID sur une période de 3 ans qui s’étend jusqu’au 31 mai 2020, le projet de participation des citoyens à la gouvernance de la santé a pour objectif le renforcement et la participation citoyenne aux reformes de la santé. Il est mis en œuvre par un consortium coordonné par les ONG FHG360, Search For Common Ground et Social Impact.

Ce projet dont la mise en œuvre s’étend sur trois axes que sont l’axe d’appui technique et de renforcement des capacités des institutions de l’État, à travers le ministère de l’administration du territoire, le ministère de la santé et l’Assemblée Nationale (commission santé) ; l’axe de mobilisation communautaire par les médias participatifs (radio, télé, journal et web) à travers les renforcements de capacités, pour aider les médias à pouvoir contribuer au renforcement de la compréhension et de la participation des citoyens aux registres de la santé, par la diffusion des messages ; et l’axe d’appui aux organisations de la société civile, les réseaux et les organisations à base communautaire, à  travers un renforcement de capacités, une subvention.

D’après le député Dr Ben Youssouf Kéita, pendant près d’un mois, les députés ont sillonné les quatre régions naturelles de la Guinée pour terminer par Conakry

« Du 22 juillet au 02 août, nous avons sillonné une deuxième fois les différentes structures sanitaires du pays. Au total, nous avons visité 51 infrastructures (postes de santé, centre de santé, hôpitaux préfectoraux et régionaux, centres hospitaliers universitaires et l’hôpital sino-guinéen). Treize députés ont pris part à la mission, douze assistants techniques, quatre représentants du Ministère de la Santé et quatre représentants du FHG360 », dit le président de la commission santé de l’Assemblée Nationale qui rappelle que lors de cette visite, il a été fait un constat dans le domaine sanitaire.

« Le constat général n’est pas du tout satisfaisant car les infrastructures hospitalières datent de la période coloniale, en commençant par le CHU de Ignace Deen (ex-hôpital Noël Ballay construit en 1901), nous avons un bon personnel santé, mais pas de matériel de travail. Les patients du CHU Donka se trouvent actuellement au camp Boiro (transformé en hôpital temporaire). Bien que l’hôpital sino-guinéen réponde aux normes, il présente un manque de matériels. Nous avons des spécialistes pas nombreux mais dévoués. 70% des matériels utilisés dans nos hôpitaux sont vétustes, la vétusté du matériel accompagne la vétusté des infrastructures. Depuis la mise en place des infrastructures sanitaires dans les différentes préfectures en 1963, il n’y a pratiquement ni eau ni électricité dans ces structures, d’autres possèdent d’ailleurs des matériels qui datent de la deuxième guerre mondiale. 

Cela se comprend car nous avons un budget infime dédié à la santé, nous sommes actuellement à 8,2% du budget nationale, dont 95% de ce montant sert à payer le personnel médical.  Alors comment on va investir ? Avec quoi ? Avec quoi acheter le matériel de dernière génération ? », déplore-t-il.

« Nous n’avons qu’une seule imagerie à résonance magnétique dans tout le pays qui se trouve à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Alors qu’on doit l’avoir dans toutes les régions du pays, ainsi que des scanners, des électrocardiographes, des centres de dialyse pour que les spécialistes aillent y travailler. Donc notre objectif c’est de toucher du doigt la réalité, conscientiser nos dirigeants afin que tout le monde s’accorde à accorder un budget important au Ministère de la Santé », a-t-il souligné ajoutant que tant que les 15% ne seront pas obtenus pour le budget du Ministère de la Santé, on ne pourra pas parler de santé fiable en Guinée. D’où la nécessité, selon lui, de plaider auprès des partenaires financiers pour les encourager et rassurer leur investissement dans l’action de contrôle de l’Assemblée Nationale.

Maciré Soriba Camara

+224 628 112 098

 

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