Biens mal acquis en France: le parquet demande un procès du fils du président équato-guinéen

Le parquet national financier a demandé le renvoi en procès de Teodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, soupçonné de s’être frauduleusement bâti en France avec des fonds publics de Guinée équatoriale un patrimoine immobilier et mobilier considérable, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Le 23 mai, le parquet a requis son renvoi devant le tribunal correctionnel pour blanchiment de corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance, selon une source judiciaire. Il appartient désormais aux juges d’instruction de décider de son renvoi ou non.

S’ils suivent l’avis du parquet, pour la première fois, un procès se tiendra en France et même en Europe d’un haut dignitaire d’un des pays au coeur de l’enquête dite des biens mal acquis, se sont félicitées dans un communiqué les associations Sherpa et Transparency International France, qui avaient déposé plainte en 2007 et 2008 dans ce dossier.

Teodorin Obiang est le fils de Teodoro Obiang Nguema, qui dirige depuis 1979 la Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d’Afrique centrale. Il a été mis en examen en mars 2014 par la justice française qui, selon une source proche de l’enquête, le soupçonne de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.

L’instruction, qui s’est achevée en septembre, a pointé du doigt ses dépenses somptuaires : voitures de luxe, jet privé, hôtel particulier de six étages dans le cossu XVIe arrondissement de Paris saisi par la justice en 2012…

Teodorin Obiang avait demandé l’annulation de sa mise en examen, invoquant son statut de vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité de l’État en Guinée équatoriale qui octroyait à ses yeux une immunité.

Mais la Cour de cassation l’avait débouté en décembre, estimant que les faits imputés avaient été commis à des fins personnelles, relevant de sa vie privée en France et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale.

Depuis 2010, des juges enquêtent sur les conditions d’acquisition en France d’un très important patrimoine immobilier et mobilier par plusieurs dirigeants africains -l’ex-président gabonais Omar Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso, l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang – et leurs proches.
AFP

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