Boulbinet : 40 familles menacées de déguerpissement, risque de confrontations

Kaloum n’est plus un îlot tranquille pour les nombreuses familles qui y vivent depuis des décennies. Après l’immeuble Printania, l’Etat guinéen jette son dévolu sur deux anciens immeubles de Boulbinet, non loin du palais Mohammed V qu’il juge vétustes.

Selon nos informations, le patrimoine Bâti public qui compte passer au déguerpissement au forceps dès après les examens scolaires, a proposé à chaque famille 50 millions de francs guinéens pour vider l’appartement, arguant que les bâtiments ne sont plus solides et ne peuvent tenir longtemps.

Faux, rétorque un locataire qui parle d’arnaque du siècle contre des fonctionnaires guinéens. « Ils veulent nous vider parce qu’ils n’ont aucune sympathie pour les Guinéens, leurs compatriotes. Ils disent que le président de la République est fâché. C’est faux. La vérité est qu’ils veulent donner toutes les maisons de l’Etat aux Turcs ou aux Chinois. Nous ne refusons pas de partir. Mais qu’ils nous montrent où aller. Comment peut-on vider quelqu’un de sa maison et lui tendre 50 millions francs guinéens? Où pourra-t-il trouver une maison? Une maison à étage, c’est à partir de 100 ans que l’usure commence. Ils disent que la maison va tomber, ils veulent nous sauver. J’ai dit ils n’ont qu’à nous laisser mourir, on ne demande pas un deuil national. Quand vous rentrez à l’intérieur, la maison est solide, il n’y a pas une famille qui n’a pas payé plus de 5 millions ou 10 millions pour restaurer le plafonnage et le carrelage. Ils sont venus enlever les plafonds au balcon que les Blancs ont mis pour mettre des contreplaqués. Ils ont pris 3 milliards 500 millions pour mettre les tôles sur les bâtiments. Dès la premières pluie, les plafonds-là sont partis. Quand tu es arrêté en bas, tu penses que la maison est foutue. Cette maison est plus solide que ce que les Libanais sont entrain de faire ».

Mounir Cissé, directeur général adjoint chargé des questions administratives au patrimoine bâti public, contacté mercredi par Mediaguinee, a rejeté en bloc les accusations d’arnaque. Il explique que la décision vient de l’autorité qui veut mettre ses citoyens dans les bonnes conditions de vie et de travail.

« Dire que les maisons sont données aux Turcs ou aux Chinois, est faux. Il n’y a même pas encore de preneur. Nous, nous exécutons les décisions de la hiérarchie. Ces familles qui vivent dans ces immeubles ont été mises en demeure de quitter les lieux depuis 2017, avant même ma nomination. Depuis cette date, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Allez voir l’état dans lequel ces bâtiments se trouvent aujourd’hui. Nous avons fait des communiqués demandant aux familles qui ont un contrat avec le Patrimoine bâti de venir prendre un montant (50 millions, ndlr) leur permettant de chercher une maison pour au moins un an de location. Dès après les examens, nous passerons à l’acte. Car vaut mieux prévenir que guérir. Ces maisons ne tiennent plus et ce serait une catastrophe si l’Etat ne réagit pas à temps », assure le commissaire principal de police.

Noumoukè S.

 

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