Cartographie topographique de Conakry et environs : ces révélations de l’Ambassadeur japonais…

Le 13 mai dernier, lors de l’atelier de présentation du projet de cartographie topographique à grande échelle pour un développement durable de Conakry et de ses environs, l‘ambassadeur japonais a expliqué le bien-fondé de ce projet. Discours…
Excellence Madame la Ministre des Travaux Publics et des Transports,

Mesdames et Messieurs les représentants du Gouvernement guinéen,

Monsieur le Directeur Général de l’Institut Géographique National,

Monsieur le Représentant de la JICA Sénégal,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis.

Je tiens d’abord à vous remercier d’assister à cet atelier qui marque la clôture du Projet de cartographie topographique à grande échelle pour un développement durable de Conakry et de ses environs.

Avant de parler de ce projet, permettez-moi d’évoquer l’histoire diplomatique entre le Japon et la République de Guinée. En effet, après l’indépendance de la Guinée en 1958, celle-ci a installé son ambassade à Tokyo en 1972, et le Japon a ouvert la sienne à Conakry en 1976. Nous sommes aujourd’hui en 2016 et, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’ouverture de l’Ambassade du Japon à Conakry, je voudrais souligner à quel point l’amitié entre le Japon et la Guinée a été consolidée autour de la coopération avec l’IGN, Institut Géographique National de Guinée, puisque la première coopération d’envergure a porté sur l’élaboration de la carte topographique nationale de la Guinée.

Déjà, à la fin des années 1970, des experts japonais en topographie ont visité le pays et, au début des années 1980, une équipe de la JICA a commencé à recueillir les données nécessaires avec des GPS, dont l’utilisation n’était pas encore vulgarisée à l’époque. Les équipes japonaises et guinéennes ont travaillé ensemble sur ce projet, défrichant des forêts ou des bosquets afin de déterminer 58 points de repérage géographique. La carte topographique ainsi élaborée a été remise au Président de l’époque, Ahmed Sékou Touré, et les membres de l’équipe ont été décorés par celui-ci.

J’ai appris cette histoire au travers du programme spécial de la série X-Project de la chaine nationale de télévision japonaise. C’est vous dire à quel point cette histoire est connue de la majorité des intellectuels au Japon.

J’ai également appris que certains anciens membres des équipes respectives des deux parties se sont retrouvés pour la première fois depuis 30 ans. Je leur souhaite longévité, et aussi que les relations entre nos deux pays se consolident davantage.

Revenons au présent projet, objet de cette cérémonie. D’un montant d’environ 4,8 millions de dollars, il répond à une demande du Gouvernement Guinéen, par le Ministère des Travaux Publics, pour disposer d’un nouvel outil performant afin d’élaborer plusieurs projets relatifs aux infrastructures, à la gestion de l’environnement, etc. en tenant compte des besoins nés de la forte croissance urbaine que connaissent la capitale guinéenne et sa banlieue. Le projet a été mis en œuvre par l’Agence Japonaise de Coopération Internationale, JICA, depuis novembre 2012, avec une interruption due à la situation créée par l’épidémie Ebola.

Le développement urbain continuel de Conakry et de ses environs oblige les autorités guinéennes à un aménagement poussé et, pour ce faire, une connaissance fine du terrain avec des informations géographiques très précises est primordiale. La carte topographique numérique à grande échelle, au 1/5 000ème, de la ville de Conakry et de ses environs, sur une superficie de 500 km² et incluant partiellement Coyah et Dubréka, répond à ces critères.

Le projet a également donné lieu à un renforcement de capacités des agents de l’Institut Géographique National. Au cours de l’élaboration main dans la main, les agents de l’IGN ont ainsi appris à utiliser la carte numérique et la façon de la mettre à jour. L’IGN dispose donc maintenant d’un outil propre à la Guinée, qu’elle pourra utiliser indépendamment et développer par elle-même.

Maintenant, cet outil de haute précision est disponible pour tous les partenaires et organismes internationaux, le secteur privé, les entreprises et les particuliers, les habitants, afin de mener à bien leurs projets. C’est la carte pour tous. J’appelle donc, d’ores et déjà, les autorités de tutelle et l’IGN à ce qu’ils facilitent au maximum l’accès à cet outil à ceux qui en auront besoin et qui assureront l’appropriation d’un instrument au service de tous les acteurs du développement de la capitale de ce pays.

Si j’insiste sur cet aspect d’appropriation, c’est aussi parce qu’il s’agit d’un concept qui est au cœur de la coopération japonaise avec l’Afrique. Ce concept sera d’ailleurs largement débattu au cours de la Sixième Conférence de Tokyo sur le développement en Afrique, TICAD VI, qui aura lieu au Nairobi, au Kénya, en août de cette année.

Ce projet est donc un partenariat modèle entre la Guinée et le Japon, et ces travaux conjoints seront à la base d’un développement plus harmonieux et partagé de la principale agglomération humaine et urbaine de Guinée : Conakry.

Vive l’amitié guinéo-japonaise.

Vive la coopération internationale.

Je vous remercie.

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