Centrafrique: arrestation du fils de l’ex-président Bozizé

Jean-Francis Bozizé, le fils de l’ex-président centrafricain François Bozizé, a été arrêté vendredi dans la capitale Bangui, a-t-on appris de sources sécuritaires, alors que la Centrafrique tente de se relever d’une guerre déclenchée à la suite du renversement de son père en 2013.

Jean-Francis Bozizé, qui fut ministre de la Défense de son père jusqu’à fin 2012, s’est présenté de lui-même à la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca) et s’est rendu volontairement, a précisé le ministre de la Justice Flavien Mbata dans un communiqué transmis à l’AFP.
La Minusca, nantie d’une copie du mandat d’arrêt international délivré à son encontre en mai 2014, l’a arrêté et remis aux autorités centrafricaines, selon ce communiqué. Il sera présenté à la justice pour répondre des faits qui lui sont reprochés.
Une source proche de la Minusca a confirmé cette version de l’arrestation de M. Bozizé, attribuée dans un premier temps par la gendarmerie à sa section recherche investigation, avec le concours des éléments de la Minusca.
Les faits reprochés à M. Bozizé ne sont pas précisés. La Minusca rappelle qu’elle peut, selon son mandat, arrêter et remettre aux autorités centrafricaines les personnes responsables dans le pays de graves atteintes aux droits de l’Homme et de violations graves du droit international humanitaire.
D’après une source au parquet, Jean-Francis Bozizé fait partie des proches de l’ancien président Bozizé ou membres de sa famille poursuivis par la justice.
En exil, l’ex-président Bozizé fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la cour d’appel de Bangui en juillet 2013 pour assassinats, tortures et incitation à la haine et au génocide entre autres.
M. Bozizé fils, âgé d’une quarantaine d’années, est arrivé mercredi à Bangui en provenance de Nairobi à bord d’un vol de la compagnie aérienne Kenya Airways, selon le communiqué du ministre.
Selon des proches, confronté au gel de ses avoirs tout comme d’autres membres de la famille ou personnalités de l’ancien régime, il cherchait à regagner le pays où il détient certains biens. Son passeport diplomatique lui avait été récemment confisqué à Dakar.
Le fils de l’ancien président avait quitté la Centrafrique le 24 mars 2013 au moment de la prise de Bangui par la coalition à dominante musulmane Séléka qui a renversé son père.
Cette rébellion avait alors installé à la place de son père le président auto-proclamé Michel Djotodia. Ce coup de force avait provoqué la réplique des milices anti-Balaka principalement chrétiennes.
Le pays avait alors sombré dans une spirale des violences communautaires avec des milliers de morts et des centaines de milliers de personnes déplacées, provoquant l’opération militaire française Sangaris, puis le déploiement de la Minusca.AFP

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