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Chine : Hong Kong rue dans les brancards ? (Par Moise Sidibé)

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Avant la rétrocession de Hong Kong en 1997, la Chine n’était pas dans le peloton des cinq puissances économiques du monde. Vingt ans auparavant, elle était un pays du tiers-monde. La rétrocession a permis des bonds successifs, sautant la France, l’Allemagne, le Japon (stoppé net par le tremblement de terre de Kobé et le tsunami de Fukushima…

L’économie forte de la Chine lui a permis d’imposer son Diktat au monde entier. On a vu le Dalai Lama lâché par toutes les puissances occidentales pour complaire à Pékin. L’image du prix Nobel de la paix en train d’enrouler une échappe interminable autour du cou de Nicolas Sarkozy, dans ses petits souliers, avait fait le tour du monde. A la tribune des J.O de Pékin, quel donneur de leçon de démocratie n’a-t-on pas vu ?

Et vint l’Oncle Picsou, qui, voyant la montagneuse dette américaine chercher à faire jeu égal avec celle qui la ruine et ronge, cherche à remettre les pendules à l’heure. Seulement, Donald Trump le fait sans prendre des gants ; faisant fi de toutes les règles qui régissent le commerce international, il fait feu de tout bois dans la guerre commerciale avec tout le monde, particulièrement avec la Chine. On se demande si l’Organisation Mondiale du Commerce existe encore, et si elle existe, vit-elle?

On ne peut dire avec précision ce qui s’est tramé dans l’ombre pour en arriver là, mais c’est à ce moment précis qu’une loi d’extradition des délits politiques vers Pékin est promulguée par le gouvernement de la « zone spéciale de Hong Kong». Or, lors de la rétrocession, en 1997, il était convenu que ce sera une zone à part, bien que appartenant à part entière à la Chine, d’où cette appellation ‘’un pays deux systèmes’’. Piège ou pasKong Kong est une place boursière importante de tradition capitaliste, avec démocratie et liberté d’expression, et tout ce qui est contraire aux mœurs politiques de la Chine continentale.

Les statistiques affichent sans cesse que la croissance économique chinoise est de plus en plus basse que jamais. Même à 6%, on parle de récession, mais les Français danseraient s’ils avaient cinquième de cette récession, et les grèves et protestations à répétition dans l’Hexagone, comme ce qui se voit actuellement à Hong Kong, en sont pour quelque chose.

A Hong Kong, les rebuffades et regimbements ont commencé depuis quelques lustres avec « les parapluies jaunes » pour se protéger contre le « péril jaune » de Richard Nixon, peut-être? Même si cela ne se dit pas ouvertement, l’insinuation restait dans l’air, il vient de sortir de sa cachette.

Après répressions et arrestations musclées, après déploiement de l’armée, après le retrait de cette loi (une marche en arrière tardive) rien n’y a fait, la détermination des manifestants reste intacte.

Le gouvernement central chinois est dans un dilemme : une mainmise politique par la force sur Hong Kong mettrait la place boursière en mal, se plier aux exigences de la rue ferait des émules, or, avec un milliard de contestataires potentiels dans les basques…

C’est dans cette circonstance qu’elle a renoncé au pétrole vénézuélien, qui ne serait plus rentable avec les dettes accumulées. Un sacré coup pour Maduro. Certains voient un appel un du pied à l’Oncle Picsou pour lui faire deviner que Hong Kong est échangeable avec le Venezuela. Mais l’inconnue reste l’avis de la Russie, qui a des intérêts stratégiques avec le Venezuela, à cause de Cuba, un vrai casse-tête russe pour la Chine.

On le savait, Hong Kong était un volcan dormant sur lequel la Chine s’était endormie. Il vient de donner des signes de réveil. Comment sortir de cette impasse ?

Moise Sidibé

 

 

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