La commune est un espace de dialogue et de développement et non un ring (tribune)

L’histoire de la décentralisation en République de Guinée remonte depuis l’accession du pays à l’indépendance politique. Le régime socialiste a engagé une volonté politique de responsabiliser les cellules de base du parti unique (PDG-RDA) dans le secteur économique, mais malheureusement sans succès majeur. En 1984, après la prise du pouvoir de l’armée dirigé par le feu Général Lansana Conté, le peuple de Guinée aspirait à plus de démocratie et de participer de façon efficace au processus de développement socio-économique du pays. Sachant son importance, le gouvernement de la deuxième République a consacré d’énormes efforts, notamment dans le cadre de la création d’un secrétariat d’Etat chargé de la décentralisation le 22 décembre 1985 et la transformation en communes des chefs-lieux des 33 préfectures du pays. À cet égard, beaucoup de réformes ont été amorcée dans plusieurs institutions du pays. Dès lors, la décentralisation se présente comme un outil indispensable qui met les collectivités locales au cœurs des politiques publics.

Depuis plus d’une décennie sur toute l’étendue du territoire nationale, les Communes Rurales de Développement (CRD) et les Communes Urbaines (CU) n’ont connues aucune élection à cause des vicissitudes politiques. C’est à partir du 04 février 2018 sous la troisième République que les élections locales furent organisées pour remplacer les délégations spéciales. De toute évidence, ces élections locales avaient pris une envergure à la dimension nationale, cela à cause du multipartisme  »exagérée ». Cette situation a laissé place aux désordres (irrégularités et dysfonctionnement de l’organe de gestion des élections et la partialité de certains magistrats). Par conséquent, la place réservée aux lois électorales se trouve désormais dans les rues. Comme dit l’autre <<une fois n’est pas coutume, mais toute commence par une fois>> Les politiques ont encore tourné dos à la loi pour donner la priorité aux accords politiques chose qui très regrettable pour notre jeune démocratie.

Aujourd’hui, la question qui mérite d’être posée : est de savoir quelles mairies allons-nous avoir ? Ma réponse sur cette question est septique pour deux raisons:

-1ère raison:

Les élections en Guinée ne sont qu’une simple formalité, car les résultats sont toujours contestés par toutes la classe politique à cause des fraudes, le bourrage des urnes des deux camps en compétition, ce qui n’est pas un facteur déterminant que nous aurions des élus locaux sur la base de leurs efforts.

-2ème raison:

La classe politique guinéenne, qu’elle soit de l’opposition ou la mouvance choisie les candidat de leur formation politique sur la base des critères d’affinité sans tenir compte de leur intégrité morale et leur compétence. Par conséquent, nous nous attendons par endroit à certains conseils qui ne savent ni lire ni écrire. La médiocrité, la défense des intérêts des partis d’origines, les guéguerre autour des ressources, le détournement des fonds de développement communautaire, le choix discriminatoire des projets étatiques, le manque de communication entre les élus locaux, manque de planification des projets seront les spectacles auxquels nous assisterons tout le long du mandat des élus locaux si rien n’est fait.

Pour relever ces défis, je propose ces mesures suivantes :

À mon avis, la décentralisation administrative doit favoriser le développement endogène des collectivités locales, donner la possibilité aux communautés de se réunir autour des projets communs, organiser les groupements ou associations au service exclusif du développement local, régional et national. Pour ce faire, les organisations de la société civile ont un rôle prépondérant à jouer, elles doivent non seulement veiller au fonctionnement des communes rurales et urbaines, mais aussi et surtout de veiller à la redistribution effective et rationnelle des ressources dans les collectivités locales.

Ensuite, les élus locaux à leur tour, doivent se départir de leur manteau  de politique de bas ventre, et devenir des véritables agents de développement. Ils doivent initier des projets créateurs d’emploi : dans la collecte des déchets, assainissement des places publiques, la construction des écoles, des centres de loisir, l’entretien des routes, des centres de santé et la desserte de la population en eau potable. Dans la réalisation de tous ces défis, les collectivités locales ont besoin d’un soutien considérable de l’Etat, des partenaires internationaux et des groupements ou organisation non gouvernementale évoluant dans le pays.

Auteur: Aly Souleymane CAMARA

(Analyste politique et professeur de philosophie)

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