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Conakry/ Un jeune guinéen ligoté et tabassé dans une église, à Ratoma : ‘’la pasteure m’a filmé’’

L’acte s’est produit il y a quelques jours à l’église REHOBOTH-INTERNATIONAL-CENTRE-CHRETIEN, gérée par la pasteure Victorine Ivonne, sise à Ratoma, près de la forêt de KaKimbo.

 

La victime est Jérémy Mansaré, un jeune guinéen diplômé en droit à l’université Kofi Annan de Conakry. Ce jeune partait souvent prier dans cette église avec sa petite amie Gaëlle Ebè qui est étudiante en Médecine et originaire du Gabon.  Le samedi 18 mai dernier, Jérémy s’est rendu dans cette église où est hébergée sa petite amie gabonaise lorsqu’il fut arrêté par les vigiles, ligoté comme un bandit de grand chemin et ensuite tabassé à mort. Ses bourreaux ne se sont pas arrêtés là. Ils l’ont pris en images pour mettre sur les réseaux sociaux. Après l’avoir donc battu, ce groupe de Gabonais l’ont mis dehors et ont crié au voleur.

« C’est une église où j’ai l’habitude de prier. J’ai ressenti le besoin d’aller prier et discuter avec la sœur de ma petite amie. Toutes les deux résident dans cette église. Mais entre elle [la sœur à petite amie] et moi, il y a eu de petits différends, ce qui fait qu’elle est allergique à ma relation avec sa sœur. Donc je me rends là-bas à 6 heures pour éviter de croiser certaines personnes. Je viens, je toque à la porte, le gardien me reçoit et il commence à m’amadouer en disant : ‘’toi, tu es un petit malin’’. Et moi je prends pour de la blague et il commence à me ligoter. C’est ainsi que je me suis rendu compte que c’est sérieux. Ils m’ont ligoté les mains et les pieds liés et ils se sont mis à me tabasser.  Et lorsqu’ils me frappaient, j’ai entendu des choses bizarres comme : ‘’amenez-moi les seringues’’. Ils me font avouer des choses comme : ‘’tu es un voleur avoue-le’’, raconte Jérémy Mansaré devant des journalistes.

Après avoir donc été ligoté et tabassé, Jérémy a été conduit à un poste de police où il a été présenté sans les choses volées. C’est après les témoignages de sa petite amie qu’il sera libéré.

« J’ai été torturé sauvagement. Et lorsqu’ils me torturaient, ils prenaient des photos, le pasteur a filmé avec les deux filles. Et quand je parle de deux filles, il s’agit des deux Gabonaises. Lorsqu’ils ont fini de me torturer, ils m’ont fait sortir de l’enceinte de l’église et ils ont crié au voleur, les voisins sont venus me donner des coups. Ils m’ont mis à l’arrière d’une voiture noire et m’ont envoyé au commissariat. Lorsqu’on est arrivé là-bas, ils disent que je ne suis pas un voleur. Donc moi je m’étonnais, si je ne suis pas un voleur, pourquoi m’avoir torturé ? Après cela, ils ont appelé ma petite amie, elle a confirmé que je suis son petit ami, étudiant, très loin d’être un voleur. C’est après ça qu’ils m’ont amené à un endroit pour me donner des habits », a ajouté la victime.

Pour le Papa de Jérémy, il est inacceptable que des étrangers fassent subir de tels actes à un Guinéen sur son propre sol.

« Moi, j’ai fait 35 ans au Gabon, là-bas, si un étranger n’a pas ses papiers, si la police vous appréhende, vous avez 6 mois d’emprisonnement ferme et 5 ans d’interdiction de séjour. Là-bas, on n’ose pas rester sans papiers à plus forte raison agresser un gabonais. Ce qui m’indigne, des étrangers s’organisent chez nous et torturent mon fils et publient ça sur les réseaux sociaux avec la complicité d’une église. Je pouvais faire moi, une expédition punitive, parce que j’ai des parents ici, mais j’ai eu confiance en la justice guinéenne, j’ai porté plainte », a dit le père de Jérémy.

Interrogé par notre rédaction, le pasteur de cette église a démenti toutes les accusations portées à son encontre.  Pour elle, Jeremy était venu voler dans sa concession lorsqu’il a été pris et amené à la police.

« Ce n’est pas à l’église, c’est dans ma maison qu’il est venu voler, on l’a arrêté et déposé à la police, je n’ai rien d’autre à vous dire, moi j’ai attrapé un voleur et je l’ai amené à la police. Donc ce n’est pas à l’église, c’est moi qui suis pasteur et ça n’a rien à voir avec l’église. Moi j’ai attrapé un voleur je l’amène à la police, il a menti là-bas et la police l’a laissé partir sans faire le travail. On est allé à la gendarmerie et la gendarmerie a tranché, c’est tout ce que je peux vous dire », a réagi le pasteur Victorine Ivonne.

Pour le moment, l’affaire est pendante à la brigade de recherche de Kipé. Quatre personnes ont été arrêtées et la famille de la victime a déjà pris un avocat pour suivre de près l’évolution du dossier.

Thierno Sadou Diallo

+224 626 65 65 39

 

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