Contentieux électoraux : une commission de réflexion mise en place pour une sortie de crise politique

La 21ème session du comité de suivi des accords politiques s’est tenue ce lundi à Conakry. Au cours de cette rencontre, une commission de réflexion composée de deux éléments par acteurs politiques pour voir éventuellement dans quelle mesure trouver des solutions aux contentieux électoraux a été mise en place.

Cette nième session a connu la présence du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, les acteurs politiques, la CENI et les partenaires. Au sortir de ladite rencontre, le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, Amadou Damaro Camara fait le point de la situation.

‘’Nous avons débattu des deux problèmes, nous nous sommes proposé en conclusion d’installer les communes qui n’ont pas de problèmes. Deuxièmement, on a mis un comité de réflexion de deux éléments par acteurs politiques pour éventuellement voir dans quelle mesure on peut trouver des solutions aux contentieux électoraux. la CENI a  partagé avec les acteurs leur mémo sur le déroulé éventuel de cet audit et chaque groupe, en son sein va l’étudier et à la séance prochaine, nous allons faire des propositions concrètes aussi pour que nous ayons des élections à date cette année. On ne peut pas prendre le risque d’avoir une CENI illégale, une assemblée nationale illégale et nous risquons avoir beaucoup plus de crises, ce que nous ne souhaitons pas. L’espoir est permis, c’est que toutes les parties sont prêtes à mettre les dossiers sur la table et à discuter sans tabou de toutes les propositions’’

De son côté, le député de l’UFDG, Mamadou Cellou Baldé a fait savoir qu’il temps de faire l’audit du fichier. ‘’La CENI a fait un exposé pour nous dire un peu quel est le point de la situation. Il s’est trouvé qu’il y a quelques contraintes liées à cela. Elle (la CENI) a fait l’analyse de la loi électorale par rapport à l’application de l’accord politique. Il est question aujourd’hui de faire l’audit du fichier, mais également de tenir les échéances légales contenues dans le code électoral. Mais également de tenir les échéances légales contenues dans le code électoral par rapport à l’organisation des législatives. Ce qui nous amène si on doit faire l’audit du fichier électoral en respectant tous les délais par rapport à la procédure de passation de marché public en république de Guinée. Nous allons nous retrouver vers le mois de juillet 2019 alors que la loi également prévoit qu’il y ait une révision avant d’aller à ces élections nationales. Aujourd’hui, la question est ramenée au niveau des entités politiques pour qu’on en débatte pour savoir quelle est la solution alternative qu’il faille trouver à ce problème-là. Est-ce qu’on repoussera les élections législatives ? C’est une question en suspense, rien n’a été décidé. Est-ce que nous allons trouver une solution alternative qui ne soit pas l’audit, comme il a été prévu dans les accords et puis d’aller à une révision électorale. Donc, la question est ramenée au niveau des bases politiques pour en débattre et il se peut que la semaine prochaine qu’on commence à se prononcer là-dessus’’, a-t-il indiqué.

Prenant la parole, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Général  Bouréma Condé précise qu’après avoir reçu comme cela avait été recommandé la semaine dernière, ‘’les différentes plaintes des différents partis politiques en compétition, après avoir reçu les plaintes et les examiner, nous avons fait un condensé aujourd’hui à l’attention du comité de suivi du dialogue. Encore une fois, je répète qu’une fois le dossier purgé juridiquement, qu’une fois les résultats proclamés par la CENI, quand le dossier est venu au comité de suivi pour solution, il ne s’agit plus d’un procès. Donc, il faudrait que nous nous entendions et il faudrait bien qu’on aille à des négociations entre les différentes parties plaignantes. Et c’est dans notre volonté de consolider cette approche que les débats d’aujourd’hui se sont inscrits. Nous avons salué encore une fois la disponibilité de la mouvance, de l’opposition et de l’UFR à aller dans cette direction. Naturellement, nous allons travailler de façon restreinte à certains niveaux. Ces débats ne peuvent pas être publics parce que c’est des négociations entre les formations politiques. Nous leur avons tout simplement demandé de voir au-dessous des intérêts politiciens la Guinée, de voir ce que vaux la paix et la quiétude pour ce peuple de Guinée.’’

Par ailleurs, le président du comité de suivi du dialogue politique interpelle la responsabilité des uns et des autres à sauvegarder la paix. ‘’Nous avons été clair dans les débats, personne n’est gagnant dans les troubles mais tout le monde est gagnant quand  il y a la paix. Et nous pensons que cette vérité doit être leitmotive pour les uns et pour les autres, c’est en tout cas dans ce sens que nous leur avons invité. Confiant que je suis en la maturité politique et citoyenne des acteurs au tour de la table de ce comité de suivi, j’ai l’espoir que nous trouverons la solution non pas la solution sous forme d’un arrêt juridique, qui ne s’aurait jamais être discutée dans un cadre de comité de suivi d’un dialogue, non plus les arrêts de la CENI quand il y a solution à trouver que les guinéens comprennent qu’il s’agit cette fois-ci d’un autre volet qui s’appelle essentiellement la négociation pour la paix en Guinée et pour le bonheur des Guinéens. Notre pays la Guinée est au-dessous des partis politiques. Et c’est ce pays-là que nous devons tous sauvegarder et protéger dans son future’’ a lancé général  Bouréma Condé.

Yaya   Dramé

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