Décès à 92 ans de Barbara Bush, pilier d’une des familles les plus puissantes d’Amérique

Pilier de l’une des familles les plus puissantes d’Amérique, l’ancienne Première dame Barbara Bush, décédée mardi à 92 ans, était une figure respectée qui défendait farouchement son clan.

Cheveux très blancs, collier de perles et style guindé, elle sut faire évoluer son image pendant la présidence de son époux George Bush puis sous celle de son fils George W. pour devenir « la Première Grand-Mère » de l’Amérique.

Mais elle était aussi connue pour son ton parfois acerbe et les piques acérées qu’elle n’hésitait pas à lancer pour défendre sa famille, et plus particulièrement son époux.

Dans une Amérique de plus en plus divisée, Barbara Bush restait une figure bien-aimée par de nombreux politiques de tous bords.

L’ancienne candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton, qui lui avait succédé à la Maison Blanche dans le rôle de Première dame, a ainsi salué lundi (16 avril 2018) « le sens du service à son pays que laisse en héritage Barbara Bush ».

« C’est une battante », a confié lundi (16 avril 2018) sa petite-fille, Jenna Bush Hager, après l’annonce la veille que Barbara Bush avait décidé d’arrêter son traitement médical et de recourir aux soins palliatifs.

– Plus de 70 ans de mariage –

Barbara Bush était très impliquée depuis 25 ans dans le travail de la fondation qui porte son nom et qui a levé des millions de dollars pour oeuvrer en faveur de l’alphabétisation dans le pays.

En 73 ans de mariage avec George Bush, une longévité sans précédent pour un couple présidentiel américain, ils ont bâti l’une des plus grandes histoires d’amour de la vie publique aux Etats-Unis.

Quand Barbara Bush avait été opérée à coeur ouvert en 2009, son époux avait dit être « à bout ». Et lorsqu’elle avait repris conscience, l’ancien président, retenant ses larmes, avait déclaré à la presse: « c’était juste les retrouvailles de deux personnes qui s’aiment ».

« Elle est aux commandes. Elle est au coeur de toute notre famille », avait-il ajouté.

Née Barbara Pierce le 8 juin 1925 à Rye, une banlieue aisée de New York, elle grandit dans une famille aisée qui compte parmi ses ancêtres un président américain, Franklin Pierce.

George Bush jette son dévolu sur Barbara, alors âgée de 16 ans, lors d’une soirée dansante. A l’époque, ils fréquentent chacun de prestigieuses écoles de la côte Est américaine.

Ils se marient trois ans plus tard, en 1945, alors qu’il est en permission pendant la Seconde Guerre mondiale, et auront six enfants. « J’ai épousé le premier homme que j’aie jamais embrassé », aimait-elle à répéter.

Le couple traverse sa phase la plus éprouvante en 1953, lorsque sa petite fille, atteinte d’une leucémie, décède après sept mois de souffrance. C’est à ce moment que les cheveux de Barbara Bush auraient entièrement blanchi.

– Mère de famille –

Barbara Bush n’est restée qu’un an à l’université avant d’abandonner ses études pour devenir mère de famille.

Bien qu’elle ait toujours défendu cette décision en public, elle a une fois admis avoir douté de son choix dans les années 1970.

« Soudain, le mouvement de libération des femmes m’a fait sentir que ma vie avait été gâchée », a-t-elle raconté en 1989.

Alors que son mari défendait les militants anti-IVG, Barbara Bush avait à l’occasion laissé entendre qu’elle penchait plutôt du côté de la défense du droit à l’avortement. Elle avait aussi laissé échapper que les armes semi-automatiques devraient être interdites, tandis que George Bush était contre l’imposition de limites au port d’armes.

Mais la plupart du temps, elle gardait ses opinions pour elle, et voyait dans cette discrétion les raisons de sa popularité.

« C’est parce que je n’étais menaçante pour personne. J’étais vieille, j’avais les cheveux blancs et j’étais bien bâtie », a-t-elle dit en 1990, avant de conclure: « Je ne me suis pas mêlée des affaires de mon époux ».

Se disant heureuse dans son rôle de Première dame puis de « Première mère » sous George W. Bush, Barbara Bush avait accueilli avec un humour tranchant la candidature d’un autre de ses fils, Jeb, à la présidentielle en 2016. « Il y a d’autres gens qui sont très qualifiés », avait-elle lancé. « Nous avons eu assez de Bush » à la présidence.

AFP 

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