Grève du SLECG-journée ‘’ville morte’’ de l’opposition : une coïncidence troublante ou accointance possible (Par Sita Cissé)

Guinée : vivement la reprise des cours dans toutes les écoles du pays !

Le syndicaliste Aboubacar Soumah et ses camarades du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) maintiennent toujours leur mot d’ordre de grève lancé à partir du 3 octobre, au grand dam des élèves et de leurs parents qui ne savent plus à quel saint se vouer. Quelques enseignants grévistes exigent du gouvernement l’ouverture d’un couloir de négociations autour des 8 millions de francs guinéens comme salaire de base pour chaque enseignant, du primaire au supérieur en passant par le secondaire et le professionnel. Une situation regrettable, car, pour d’autres enseignants, le couloir de dialogue qu’à proposer le gouvernement est la solution tout en continuant à donner les cours.

Dans leurs sorties respectives, le président de la République, Pr. Alpha Condé, et son Premier ministre, chef du Gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana ont clairement fait comprendre que ces revendications salariales du SLECG d’Aboubacar Soumah n’étaient pas réalistes. La question que beaucoup se posent est de savoir comment faire ramener à la raison ces enseignants grévistes.

Cette année, l’Etat a procédé, on le sait, à l’augmentation du salaire de l’ensemble des agents de la Fonction publique, à hauteur de 40%. Une augmentation qui a eu inévitablement un impact sur les finances publiques. Le prix du carburant a dû être réajusté à la pompe pour essayer, dans la mesure du possible, de combler le gap qui s’est créé dans les caisses de l’Etat.  Mais pour des raisons qui leur sont propres, Aboubacar Soumah et ses camarades continuent sans tenir compte de l’ouverture des classes à maintenir leur mot d’ordre de grève.

Pour bon nombre d’observateurs de la scène sociopolitique guinéenne, il n’est pas exclu qu’il y ait des mains noires derrière ces grèves à répétition en milieu scolaire.  Sinon, comment expliquer cette coïncidence troublante entre la grève des enseignants et l’annonce, par l’opposition, d’une série de manifestations pour protester, dit-elle, contre les conditions dans lesquelles les exécutifs communaux sont en train d’être installés à travers le pays.

Les enseignants, à travers leurs leaders syndicaux, devraient faire preuve de responsabilité et de patriotisme en acceptant de lever leur mot d’ordre de grève et d’éviter de donner une coloration politique à leur combat. Comme dit l’autre, la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

La reprise des cours dans toutes les écoles du pays s’avère absolument nécessaire. Et ce serait vraiment irresponsable d’hypothéquer ou de sacrifier l’avenir de toute une génération sur l’autel de l’égocentrisme primaire.

Que les enseignants acceptent de reprendre le chemin de l’école pour continuer de discuter et de dialoguer raisonnablement avec le gouvernement dans le cadre de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Aux politiciens leur politique, aux enseignants leur enseignement. 

Mohamed Sita Cissé   

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