Hajj 2018 : un corridor de misère pour les pèlerins…

Depuis maintenant plusieurs jours, ils sont plus de 1700 candidats au pèlerinage dans l’enceinte de la mosquée Fayçal de Conakry, en attente d’avion pour les lieux saints de l’islam. Certains dormant à même le sol et d’autres assis anxieux, ces pèlerins séjournent dans des conditions difficiles surtout avec cette saison hivernale où les toilettes sont remplies et dégagent une odeur immonde (voir ci-dessous nos photos).

Rencontrés ce mercredi, ces pèlerins n’ont eu aucun mal à nous raconter leurs misères. Cela fait maintenant cinq jours que ces pèlerins vivent dans des conditions difficiles dans l’espoir d’accomplir ce cinquième pilier de l’Islam. D’après les informations, plus aucun avion n’est disponible pour assurer leur voyage vers la ville sainte. Modia Aguibou Barry, porte-parole de ces candidats au pèlerinage raconte que les difficultés dans lesquelles ils vivent : « Certains d’entre nous sont là depuis le 03 et d’autres depuis le 04 et le 05 Août. Nous avons reçu un programme de voyage pour les pèlerins de l’agence où moi je suis inscrit avec mon épouse. Normalement il était prévu le 05 Août deux convois dont le premier qui devait transporter 288 pèlerins, le 2ème 315 pèlerins et le 3ème convoi le lendemain le 06, pour 288 pèlerins. Il resterait dans l’ordre de 70 pèlerins de notre agence qui devaient voyager dans d’autres convois. Malheureusement, depuis notre arrivée, nous sommes restés dans l’espoir de remplir les formalités, commencer le départ. On a passé la journée et la nuit du 05 au 06, le 06 nous sommes restés sans suite jusque-là nuit. Hier [mardi] nous nous sommes dit quand même ce serait important que nous nous tournions vers les autorités pour savoir notre situation. Est-ce qu’un programme est envisagé pour nous oui ou non ? Nous sommes allés vers monsieur le secrétaire général des affaires religieuses, beaucoup de femmes se sont engagées compte tenu de la minorité des hommes. Nous sommes arrivés, ils nous ont reçus, le ministre conseiller monsieur Koutoubou Sano était là, ils nous ont demandé de temporiser, de revenir dans cette salle où ils viendront nous rejoindre pour nous donner des informations. Ce que nous avons fait, parce que notre objectif, c’est d’aller faire notre pèlerinage, nous acquitter de ce devoir religieux prescrit à tout musulman qui en a la santé et les moyens. A 12h15, la délégation est revenue. Monsieur le secrétaire général et son conseiller Koutoubou Sano et le 1er imam de la grande mosquée et le ministre des affaires étrangères. Donc monsieur le secrétaire général est intervenu, il nous a dit bon, personne n’aurait souhaité qu’un pèlerin ne voyage pas pour s’acquitter de ce devoir-là, mais il y a eu des difficultés, ils sont en relation avec la compagnie de transport, ils vont se retrouver avec les agences, faire en sorte que notre programme s’établisse et se réalise. Nous avons accepté et convaincu les autres qu’on patiente jusqu’à aujourd’hui [mercredi] à 12h. Nous sommes dans cette attente, Ils nous avaient même suggéré de rentrer à la maison », explique-t-il.

Poursuivant, le porte-parole ajoute que la plupart d’entre eux dorment dans l’amphithéâtre comptant 500 places assises. « Imaginez 1742 pèlerins en attente dans cette salle, les toilettes vous pouvez les visiter, aucune condition, nous nous couchons à même le sol. On n’a pas de nattes, rien du tout, c’est à terre. Et tout le monde n’arrive pas à trouver où se coucher. Quand les uns se couchent, d’autres sont sur les chaises assis et d’autres sont débout, c’est ainsi que nous vivons-là », dit-il, rappelant que par le passé, un cas similaire s’était produit.

 

« Il est arrivé des années pendant lesquelles c’est Air Guinée qui transportaient les pèlerins guinéens à la Mecque sans la moindre difficulté. Nous leur avons dit si aujourd’hui les autorités qui sont en charge de ce programme n’arrivent pas au jour d’aujourd’hui ou d’ici peu à commander un avion qui vient nous trouver en quelques heures, nouer des contrats avec des compagnies fiables à la hauteur de la mission, ce serait trop dommage pour notre pays. Je supplie les autorités de tout mettre en œuvre pour assurer notre transport le plus rapidement que possible. La cause n’a pas été évoquée, mais nous sommes rassurés que les agences ont pris toutes leurs responsabilités, tous nos dossiers sont au complet, chacun de nous a un visa. Si notre agence n’avait pas versé tous les montants prévus, nos dossiers n’auraient été pas introduits », affirme-t-il en toute assurance.

Mamadou Bailo Diallo, directeur d’agence de voyage, dont les pèlerins ont toujours été les premiers à bouger, explique son inquiétude. «  Nous sommes inquiets, nous sommes les premiers à payer.  Depuis que j’ai créé l’agence, nous sommes les premiers à bouger. Cette fois, ils ont dit que le premier c’est le 04 qu’il va bouger, puis ils nous disent c’est le 05 et le 06, nous avons appelé nos clients pour leur dire que le programme a changé. Le 05 aux environs de 22h on nous avait dit que 288 pèlerins allaient partir, à 06h du matin, que 312 allaient aussi partir, puis à 11h les 130 restants allaient partir. Ce que nous demandons à nos clients c’est de nous pardonner au nom de Dieu, ce n’est pas notre faute, Inch’Allah quand nous allons arriver à destination, c’est le terrain qui va commander, tous nos précédents clients savent, si la ligue envoie deux, c’est nous qui sommes le troisième. Nous invitons l’autorité de nous aider que le reste de pèlerins de partir. Nous les invitons de nous aider, car on a ce souci dans le cœur », interpelle-t-il.

Pour terminer, les pèlerins interpellent les autorités à trouver au plus vite une solution, sinon, ils n’hésiteront pas à faire des sit-in devant la présidence de la république et la primature.

Maciré Soriba Camara

+224 628 112 098

 

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