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Politique

Lansana Kouyaté révèle : ‘’j’ai dit au chef de l’Etat que ce n’est pas opportun de toucher à la constitution’’

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Intervenant lundi dans l’émission les Grandes Gueules de la radio Espace fm, le président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) Lansana Kouyaté, depuis Paris, a largement parlé des conditions d’adoption de la constitution de 2010. Absent du pays depuis plusieurs mois, il a évoqué les raisons de son refus de participer à  toute consultation autour d’un changement de constitution en Guinée.
Réaction…
‘’ (…) Je ne veux pas apparaître dans l’émotion collective. Evitons l’émotion collective et analysons sereinement et sachons que les positions doivent être claires. La position du PEDN contre le troisième mandat est connue. Nous sommes membres du Front National pour la Défense de la Constitution et totalement solidaires. Personne dans un pays ne peut s’opposer à des rencontres ou des consultations. J’ai deux raisons majeures par rapport à cette constitution pour dire non à ce changement. La première raison est qu’en prenant l’historique de cette constitution en place, ce sont les forces vives, partis politiques, syndicats, acteurs de la société civile et autres composantes qui avaient décidé de ne pas aller au premier tour de l’élection 2010 avant d’installer un conseil national de transition.
Ce conseil a été installé. Les forces vives ont demandé d’adopter une constitution. Et cette constitution a été effectivement adoptée. Après l’adoption de la constitution, il a été dit que ‘’quiconque est élu président, avait pour charge six mois au plus tard après son installation de soumettre cette constitution au peuple. Six mois, ça n’a pas été fait et c’est à quasiment une année et quelque mois de la fin du mandat pour parler de ça. Je trouve cette démarche opportuniste et dangereuse. La deuxième raison est la plus simple. Une constitution peut être amendée, tous les présidents le font. Mais, nous, nous sommes dans une période critique où on est rentrés dans la démocratie par effraction.
Les premiers pas du président élu, ça été de dissoudre les conseils communaux pour les remplacer par les délégations spéciales et ces délégations spéciales qui sont régies par une loi qui indique la procédure d’enclenchement des délégations spéciales, cette procédure n’a pas été respectées et le maximum de temps que même la délégation spéciale devrait faire, c’était de six mois. Mais, depuis, certains sont là-bas bien même que ces élections n’ont pas répondu à l’éthique d’une élection réelle et cela n’a pas résolu le problème. Il ne faut pas qu’on continue d’ajouter de l’inutile à l’inutile. Ce qu’on est en train de faire n’est pas sérieux par rapport aux engagements d’un peuple et surtout d’une élite par rapport à son progrès non seulement institutionnel, mais économique, culturel et social. Voilà les raisons pour lesquelles je ne suis pas d’accord avec ce changement. Quand on a dit les engagements, il faut respecter ça. Je veux dire que les constitutions sont amendables dans les conditions qui sont propres à l’amendement. On n’attend pas un an avant son départ pour changer. Ce qui est en train d’arriver là, ce n’est pas un changement seulement de constitution mais, dit-on, un changement de République. On ne sera pas favorable pour la raison claire que j’ai indiquée. J’ai dit au chef de l’Etat que ce n’est pas opportun de toucher à la constitution pendant que nous avons une assemblée nationale dont le mandat est expiré’’.

Décryptage : Mohamed Cissé
+224 623-33-83-57

 

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