Mafanco, Sig, Madina et Coléah sevrés d’eau : la réponse du directeur de la SEG…

Ce n’est pas un canular. Mafanco, Sig, Madina et Coléah, donnés fiefs du président Alpha Condé, sont sevrés d’eau de robinet depuis plusieurs années. Les populations qui y habitent cassent la tirelire pour se procurer le précieux sésame. Le bidon de 20 litres se négocie à 1000 fg. Les jeunes, pour la plupart venus de la Guinée profonde, font de la vente d’eau, leur activité principale. La zone est devenue « tout jaune » avec ces bidons dans des charrettes. Pourquoi l’eau y a foutu le camp ? MEDIAGUINEE a rencontré récemment le directeur général de la Société des eaux de Guinée (SEG) Mamadou Diouldé Diallo. Extraits de l’entretien…

« Je rappellerai que la crise d’eau est quelque peu générale actuellement. Dès lors qu’on ne peut pas donner de l’eau à tout le monde dans les meilleures conditions, ça veut dire qu’il y a crise d’eau. Aujourd’hui, nous procédons à un programme de délestage dans les différents quartiers. Il y a des endroits où on donne de l’eau les lundis, les mercredis et les vendredis, il y a d’autres endroits, les mardis, les jeudis et les samedis. Donc le manque d’investissements dans le secteur depuis plus de 15 ans fait que les besoins qui sont là aujourd’hui ne couvrent plus le besoin de la population.

(…) Aujourd’hui, pour combler totalement les besoins de la ville de Conakry, il nous fait plus de 340 mm3 par jour. On n’a pas même pas la moitié. (…) Mais, nous ne sommes pas assis. Pour faciliter le minimum à la population, dans les zones de Madina, Coléah, on a mis des bornes fontaines pour que le client puisse au moins avoir le minimum  d’eau qu’il lui faut pour sa consommation journalière. (…) Au-delà de ça, nos partenaires au développement et le gouvernement du président de la République, Pr Alpha Condé, ont mobilisé des actions, des efforts pour inverser cette tendance. Il y a un financement de la Banque islamique (BID) que nous avons reçu. Une partie du financement était assurée par  la BID et une autre partie par le gouvernement de la République de Guinée. A travers ce projet, nous allons réaliser un certain nombre de forages au niveau du terrain rouge (coléah). La réalisation de ces forages nous permettra de traverser l’autoroute et d’alimenter la conduite principale qui longe l’autoroute. Ça va améliorer la desserte et dans la zone de la Sig et dans la zone de Coléah, Madina et Mafanco. Donc, ce sont des actions qu’on a commencées. Le projet est en cours. Les forages vont être réalisés. On attendait qu’on sorte totalement de la saison des pluies pour les réaliser et les raccorder pour le bien de nos populations.

Les causes du déficit…

(…) On a un certain nombre de facteurs qui a aggravé le déficit. A part le facteur humain, parce que tous les jours il y a des naissances, la population se développe. Cela n’est pas sans conséquence sur la desserte.  Le deuxième facteur, c’est que depuis un certain temps, notre conduite principale se casse tout temps. Aujourd’hui, on n’ose pas faire transiter toute l’eau nécessaire pour venir vers la partie avale. Parce qu’en tentant de le faire, elle va se casser encore et ça va faire des dégâts. Ils sont en train de voir les meilleures dispositions pour commencer le remplacement de cette conduite là dès 2016.

Ça n’a pas été fait en 2015, c’était à cause de la maladie à virus Ebola, qui faisait que les techniciens japonais ne pouvaient pas venir ici.

Ce projet concerne toute la ville de Conakry, de Kaloum jusqu’à Kagbèlen. Même les nouvelles zones, au-delà de Kagbèlen vont être concernées. Ça c’est le premier facteur. Le deuxième facteur, c’est que  la zone de Madina, sur la corniche, est l’endroit où nous avons réalisé le plus grand nombre de bornes fontaines. »

Propos recueillis par Mamadou Savané

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