MEPUA: le redéploiement réduit le déficit d’enseignants

Du redéploiement ? On en parle au Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et à celui de la sécurité. Me Kabèlè, le ministre de nos flics a récemment fait froid au dos. Pour avoir révélé que sur 13 000 agents de la police que compte la Guinée, 11 000 sont à Conakry, l’intérieur du pays largement défavorisé ne se contentant que de 2 000. Quelle iniquité !  D’autres départements non moins importants sont concernés par les mêmes maux. Comme la santé et l’éducation.

Justement, pendant que ses homologues de la sécurité et de la santé mijotent leurs plans, Dr Ibrahima Kourouma de l’éducation lui est déjà très avancé. Car depuis le début de l’année scolaire, il s’est attaqué à l’hydre, la bureaucratie inopportune dans son secteur. Vaste chantier et surtout très laborieux.

En effet, au sortir de l’urgence sanitaire Ebola où l’école demeurait l’entité la plus menacée après celle du personnel soignant de notre pays, le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire auréolé d’avoir réussi ‘’L’école sans Ebola’’ savait que d’autres défis l’attendaient au tournant. Parmi lesquels, la réduction drastique du déficit d’enseignants dans les écoles.

Comme tout le monde le sait, les années successives de crises ont affecté l’économie du pays et empêché du coup la mise en adéquation de l’accès à l’école à travers la construction de plus de 5 000 salles de classes dans le pays lors du premier mandat du Pr Condé et le recrutement d’enseignants à la fonction publique que cela nécessitait. Conséquence ? Si le taux brut de scolarisation a sensiblement augmenté ces dernières années, la qualité de l’enseignement n’a pas suivi cette progression, les autorités publiques n’ayant pas pu doter toutes les salles de classes d’enseignants de qualité. Il est même arrivé que des communautés prennent en charge des formateurs dont certains ne répondent pas forcément aux normes requises pour enseigner.

A cet égard, le ministre Kourouma devait parer au plus pressé. C’est pourquoi il s’est fixé dès au début de l’année scolaire en cours deux objectifs clairs : A défaut de recruter, redéployer le personnel disponible non rationnellement utilisé, d’une part, et intensifier la formation des enseignants, d’autres part. 

Du redéploiement des enseignants

A la faveur du séminaire gouvernemental récemment organisé à Conakry, le ministre de l’enseignement pré-universitaire a dressé de cette opération qui est en train de s’achever, un bilan tout à fait positif. Les missions du département dépêchées sur le terrain ont fait le constat partout que des enseignants étaient nombreux à avoir quitté la craie pour s’agglutiner dans des directions où la plupart d’entre eux passent le clair de leur temps à se tourner le pouce. Au même moment le nombre d’enseignants communautaires à la charge de nos populations démunies était monté jusqu’à plus de 3 400. Mais l’opération coup de poing du ministre qui a suivi a produit de bons résultats. D’autant plus que ce chiffre a été de nos jours ramené sous la barre de 1000 enseignants communautaires. « Ces efforts vont se poursuivre sans discontinuer, puisqu’il faut en finir avec cette situation informelle », assure le Dr Kourouma.

Toutefois, prendre des mesures est une chose, mais veiller à leur application en est une autre. Comment le département de l’Enseignement pré-universitaire fait-il pour que les affectations de cadres concernant ce redéploiement soient effectives sur le terrain ? A ce sujet, un membre du cabinet témoigne que le ministre ne laisse pas le suivi des activités aux seuls cadres techniques, il est un des ministres qui sillonnent régulièrement l’intérieur du pays pour toucher du doigt les réalités de ses services. « Récemment, nous étions en tournées dans les campagnes pour s’assurer que les enseignants redéployés ont effectivement pris fonction à leurs lieux d’affectation. Nous nous sommes rendus dans des villages qui ont été très sensibles à notre présence », rapporte le chef de cabinet Kèlèfa Diallo. Il en est ainsi que les téléspectateurs de la RTG Koloma ont suivi le témoignage d’une enseignante de la DPE de Boké qui a accepté avec beaucoup d’engagement son redéploiement dans une école primaire de cette préfecture dont trois salles de classes manquaient d’enseignants. Elle a à l’occasion indiqué qu’avec le directeur de l’établissement, ils vont s’organiser à résorber le déficit à ce niveau.

Par contre d’autres cadres n’accepteraient pas leur redéploiement et tenteraient même de résister. « Pour eux être muté à la craie et à l’intérieur du pays est ainsi considéré dégradant et pris comme une sanction. Et pour contourner la mesure, ils versent carrément dans le dénigrement, la désinformation et le nihilisme qui nous laissent pourtant de marbre. D’autant que face à l’intérêt collectif, l’intérêt individuel n’est rien. Qui ne s’est pas plaint du déficit d’enseignants dans les classes ? Faut-il agir ou croiser les bras ? Nous avons choisi d’agir. Advienne que pourra. L’intérêt du pays passe par là », selon un responsable du département.

De la formation continue des enseignants

Le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation fait de la formation des enseignements cette année, une priorité absolue. C’est dans cette optique que le séminaire de formation des formateurs des chefs de groupes techniques a ouvert ses travaux le vendredi dernier à Kindia.

Soixante-dix (70) enseignants choisis pour leur qualité académique et pédagogique ont pris part à cette rencontre qui avait pour objectif majeur: la maîtrise de nouveaux outils pédagogiques élaborés pour mieux qualifier les Enseignements et Apprentissages en touchant directement l’enseignant en situation de classe..
Ces formateurs régionaux ainsi outillés, auront à leur tour, la charge de démultiplier les connaissances acquises au niveau des chefs de groupes techniques qui constituent la première unité technique dans les écoles. La chaîne va ainsi continuer jusqu’au niveau des enseignants en situation de classe et des élèves qui en sont les principaux bénéficiaires.

Le séminaire de Kindia qui a duré cinq jours, a développé la maîtrise des participants face à des questions fondamentales telles que :

– Comment faire la préparation écrite d’une leçon ?

– Comment entretenir de l’aide ?

– Comment faire l’évaluation après un cours ou un chapitre ?

– Comment aider un enseignant à faire une bonne répartition des programmes ? Ou encore, Comment aider à faire une leçon modèle.

Cette nouvelle initiative du Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation favorise donc l’encadrement rapproché des enseignants et ramène la formation tout près d’eux.

Amadou Oury Diallo

 

 

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