Mines, grève et politique en Guinée : le complot prend forme (Par Adama Sylla)

Malgré la main tendue du gouvernement, malgré les interventions des religieux, du médiateur et du ‘’champion’’ Tibou Kamara, Aboubacar Soumah reste figé sur sa position : les 40% ici et maintenant avant tout début de négociation sur les… huit millions. C’est du reste, en tout cas, ce qui ressort du point de presse animé ce 13 mars par la faction dissidente du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) conduite par Aboubacar Soumah, la PCUD (Plateforme des citoyens unis pour la démocratie) d’Abdourahmane Sanoh, une partie de la FESABAG (Fédération du syndicat autonome des banques et assurances de Guinée) dirigée par Abdoulaye Sow, et un groupuscule d’un syndicat des télécommunications ayant à sa tête un inconnu du mouvement syndical.

Pour Aboubacar Soumah, avant que les facilitateurs ne rentrent dans la salle des négociations, les 40% (maintenant les 30%) doivent être effectifs avant tout débat qui devrait porter sur les huit millions de salaire de base aux enseignants. C’est au cours de ces négociations que son groupe suspendra le mot d’ordre de grève. En fait pas d’échelonnement de payement mais maintenant avant la revue de la mission conjointe FMI-Banque mondiale. Même pas avant une session de rectification de la loi des finances initiale. Comme ça, dans l’anarchie. C’est à se demander finalement quel est le véritable dessein d’Aboubacar Soumah et de son groupe. Parce que, il est l’évidence même que l’Etat,  dans les conditions budgétaires actuelles, ne saurait satisfaire à ses revendications au risque de compromettre le programme avec les institutions de Bretton Woods. Ces institutions apportent un appui budgétaire à la Guinée et la compromission du programme annule celui-ci. Elle remet également en cause le soutien du FMI aux secteurs prioritaires que sont l’éducation justement, la santé et les infrastructures. Mieux le retrait du FMI empêche l’intervention de tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Doit-on dès lors sacrifier le sort des populations à la base (éducation, santé, infrastructures) à l’autel des ambitions de quelques anarcho-syndicalistes ?

Le plus drôle, c’est que Sow Abdoulaye de la FESABAG (qui relève de l’USTG qui ne reconnaît pas la branche dissidente d’Aboubacar Soumah), pince sans rire, affirme que sa structure accompagnera Soumah et sa bande si une solution n’est pas trouvée aux revendications de la partie dissidente du SLECG. Prétexte : l’insécurité qui menace les banques et ‘’empêche les clients de faire des dépôts, ce qui joue sur leur bizness’’ (sic !). Une partie de la FESABAG s’est désolidarisée des déclarations de Sow Abdoulaye « qui ne relèvent que de sa propre personne ».

La présence de monsieur SOW à ce point de presse a surpris non seulement la FESABAG mais tous les observateurs avertis. Qu’allait-il faire dans cette galère sinon que d’apporter un soutien politique à Soumah qui, on le sait maintenant, est aux ordres de Cellou Dalein Diallo à travers Abdourahmane Sanoh de la PCUD lui-même soutenu financièrement par Beny Steinmetz de BSGR qui dispose d’une fortune personnelle de 1,04 milliard USD. Ce dernier ne décolère pas d’avoir perdu les blocs I et II de Simandou et a promis publiquement d’en faire voir des vertes et des pas mûres au président Alpha Condé. C’est la logique de son puissant soutien financier à l’opposition, la société civile et le syndicat contre le pouvoir actuel. L’essentiel étant qu’au terme des revendications surréalistes mais quelquefois légitimes, que le pouvoir actuel tombe.

L’on ne comprendrait pas autrement pourquoi le syndicat de Soumah reste figé sur sa position et la coïncidence de ses manifestations avec celles de l’opposition. Mais cela ne se passe seulement qu’en Guinée mais dans tous les pays africains à fortes potentialités minières. Malheureusement avec le soutien des… apatrides, car c’est ainsi qu’il faut voir ces hommes qui sont prêts à sacrifier leur dignité, les honneurs, leur patriotisme pour des ambitions présidentielles et bassement pécuniaires.

Adama Sylla

 

 

 

 

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