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Politique

Nouvelle constitution : Alpha Condé déroule son plan B, l’opposition prise de court

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C’est désormais acté. Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana sera les yeux et les oreilles d’Alpha Condé dans le débat sur la nouvelle Constitution en Guinée. Hier, dans son discours à la Nation, le chef l’Etat a dit avoir toute sa confiance en Kassory pour conduire un dialogue inclusif avec toutes les forces vives de la Nation.

Alpha Condé qui sait mieux que quiconque que Kassory Fofana, fervent défenseur d’une nouvelle constitution sera récusé l’a tout de même désigné contre l’avis de ses adversaires. Les opposants qui ne veulent jamais entendre parler de nouvelle constitution seront partagés entre aller au dialogue et refuser. Un vrai dilemme pour le groupe de Sidya Touré. Quand on sait que la communauté internationale, en tête les Etats-Unis d’Amérique -qui accueillent dès le 8 septembre Alpha Condé pour plus de deux semaines- exige régulièrement des concertations sur tous les sujets.

Déjà, les premières réactions des FNDCistes au discours d’Alpha Condé récusent carrément Kassory mais aussi rejettent tout dialogue sur une nouvelle Constitution, soutenant que l’actuelle ne sera jamais changée par un président qui est à 15 mois de la fin de son second mandat constitutionnel. Et c’est là que Alpha Condé pourrait capitaliser et passer à un autre plan.

Brique après brique, pierre après pierre, Alpha Condé est en train d’ériger son mur vers le référendum. Chaque acte posé, prend un peu de court l’opposition et ses alliés qui s’attendent à ce que Alpha Condé lâche la phrase : « changeons de constitution’’ pour réagir.

« Dans le nouveau monde, chaque pays, chaque peuple veut suivre sa propre voie et être libre de choisir son destin. Mes chers compatriotes, dans ma génération politique, tous les combats ont été menés et gagnés dans la sérénité. Nous avons fait, depuis toujours, le choix de la lutte pacifique pour la démocratie qui consacre la souveraineté du peuple appelé à être consulté aussi souvent que nécessaire, capable de se prononcer, en toute âme et conscience, sur ce qu’il voudrait ou ne voudrait pas. A cet égard, personne n’a le pouvoir ou le droit de se substituer au peuple et ne dispose de toute l’autorité pour parler, agir, décider en son nom et à sa place », rappelle Alpha Condé. Une façon pour le locataire de Sékhoutouréya de dire que les Guinéens sont maîtres de leur destin. Son message à peine crypté sonne déjà comme le premier pas vers l’adoption de la Nouvelle constitution.

« Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, en charge du dialogue politique et social, a toute ma confiance et tout mon soutien pour les consultations que je lui ai demandés de conduire. Je reste confiant dans ce dialogue inclusif dont les délibérations pourront nous éclairer dans nos choix, répondre à toutes les interrogations, renforcer la confiance entre les acteurs et permettre sans doute à notre pays de poursuivre son chemin sur la voie de la démocratie et du progrès », insiste-t-il. 

Dans ce pan de son discours, Alpha Condé place ses opposants entre deux chemins : législatives en 2019 et consultations autour de la nouvelle Constitution. Et là, le calcul du vieux politique est simple : ‘’si vous refusez le référendum, je passerai par le Parlement pour faire passer la nouvelle Constitution’’.

En attendant la réponse claire du FNDC qui sera en conférence de presse ce jeudi à l’université Kofi Annan de Conakry, c’est déjà parti pour la grand-messe politique qui va occuper le quotidien des Guinéens pendant plusieurs mois encore. Qui a dit que le Guinéen a un goût pour la bamboula…

Issa

 

 

 

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