Paris: devant l'Unesco, l'ambassadeur Amara Camara plaide la cause de l'éducation guinéenne (discours)

Retour à la maison. L’ambassadeur de Guinée en France Amara Camara a livré vendredi dernier un discours fort lors de la 199è session du conseil exécutif de l’Unesco sur la priorité Afrique, le changement climatique et la gouvernanace. Le diplomate guinéen a par ailleurs rappelé les efforts consentis par son pays pour le développement de l’éducation. Non sans inviter l’organisation à lui apporter tout son soutien. Discours…

Madame la Directrice Générale,

Monsieur le Président de la Conférence Générale,

Monsieur le Président du Conseil Exécutif,

Excellences Mesdames et Messieurs

J’avais exprimé en 2015,  le vœu d’une année de paix et de solidarité pour notre planète, cela n’est malheureusement pas encore le cas.

Le monde a été soumis une fois de plus à de rudes épreuves.  Guerres et violences aveugles ont émaillé nos quotidiens, avec leurs cortèges de morts d’êtres chers en nombre et de déplacements en masse.

Mais nous ne désespérons pas de favoriser le rapprochement des cultures, en vue d’instaurer partout une paix durable. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous engager à travers des organismes, comme le nôtre, dans la lutte contre toutes formes de violence. Nous sommes entrés en résistance contre la barbarie, pour reprendre une expression qui m’est chère.

Mesdames et Messieurs,

Faire triompher les valeurs humaines et morales pour un monde de liberté et de dialogue, demeure notre objectif principal. C’est également celui du peuple de Guinée et de son gouvernement.

Pour ce faire, nous devons assurer à nos peuples les moyens d’une vie matérielle décente, par une formation de qualité. En un mot, investir dans le savoir pour mieux lutter contre la barbarie sous toutes ses formes.

C’est le rôle de l’UNESCO de nous accompagner dans cette voie.

Mon pays a fait le choix d’inverser la courbe des priorités par la valorisation de la formation technique et professionnelle dans le souci d’améliorer l’accès aux formations professionnelles, et diversifier celles-ci en lien avec les besoins du marché de l’emploi.

Je rappelle ici que ce programme s’inscrit dans le projet de stratégie de notre institution dans le domaine de la formation technique et professionnelle (2016-2021).

L’État guinéen a déjà lancé la construction des Écoles Régionales des Arts et Métiers (ERAM) dans les grandes villes du pays, pour une éducation adaptée aux besoins et à l’évolution de son économie.

C’est pourquoi, mon pays voudrait solliciter l’appui technique de l’UNESCO dans la réalisation de ce projet qui permettra, à terme, de parvenir à l’adéquation formation-emploi, la promotion de l’entreprenariat et de l’emploi décent, en vue d’une croissance inclusive.

Nous renouvelons ici nos remerciements à l’UNESCO, pour son appui au choix de Conakry Capitale Mondiale du Livre pour 2017. J’invite au nom de la Guinée, les pays membres de l’Organisation à nous apporter leur soutien et leur expérience pour la réussite de cette importante année culturelle au bénéfice de tout le continent.

Concernant la Priorité Afrique,

Comme j’ai tendance à me répéter je reprendrais mon avis sur cette priorité. Pour une réelle priorité, le département Afrique et les bureaux hors siège devraient disposer de ressources humaines et financières conséquentes. Tant que la contrainte budgétaire sera le seul argument, il n’y aura pas de progrès.

Je me félicite de la nomination de Monsieur Edouard Matoko en qualité ADG/AFR. Je suis persuadé que sa compétence et sa longue expérience de l’UNESCO nous aideront à améliorer la situation.

J’en profite pour remercier les autorités italiennes qui ont permis à Monsieur Matoko d’être recruté en qualité d’expert associé.

Que l’Italie en soit remerciée.

Concernant le Changement climatique

Mon pays s’inquiète des conséquences néfastes du changement climatique sur le développement de nos pays et de l’insuffisance des moyens mis à disposition pour lutter contre ces phénomènes.

L’Afrique a pris une part active à la COP21. Elle attend la concrétisation des promesses faites par l’Accord de Paris. Comme vous le savez, notre continent est confronté aux dures conséquences du réchauffement climatique sans en être responsable.

La semaine africaine qui aura lieu du 23 au 27 mai 2016 a d’ailleurs retenu comme thème principal : la femme Africaine et le changement climatique.

Concernant la gouvernance,

Notre organisation a fait d’énormes progrès. Il serait cependant souhaitable d’y intégrer une part d’éthique.

Le 10 mars dernier, lors de la réunion intersession du Conseil Exécutif, la Directrice Générale a annoncé aux membres du Conseil que le gouvernement de la Bulgarie présentait sa candidature au poste de Secrétaire Général des Nations Unies. Ce que nous savions déjà.

Dans sa lettre au personnel du 21 mars, la Directrice Générale précise qu’elle continuera à exercer son mandat de Directrice Générale de l’UNESCO durant toute la durée de la campagne, comme semble-t-il, le droit l’y autorise.

« L’UNESCO est la conscience intellectuelle et morale des Nations Unies » disait Léon Blum.

Or, son premier serviteur incarne l’institution qu’il ou qu’elle doit mener sur les chemins de l’Histoire.

Je m’adresse au Conseil Exécutif pour tenir compte dans nos reformes, de l’aspect des fonctions de direction et de l’incompatibilité de son exercice éthique avec des candidatures à d’autres postes.

Madame la Directrice Générale, permettez-moi de vous souhaiter le meilleur, si vous déviez exercer un jour les hautes fonctions de Secrétaire Général des Nations Unies, que le norvégien Trygve Lie , s’adressant à son successeur définissait comme le « métier le plus impossible du monde ».

Impossible peut-être, mais le plus honorable, précisait Ban ki-Moon.

Je vous remercie.

 

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