Présidence d’Alpha Condé à la tête de l’UA : un bilan positif mais… (Dansa Kourouma, CNOSCG)

Le président Alpha Condé a passé dimanche dernier le témoin à Paul Kagame à la tête de l’Union africaine. Les réactions divergent sur la Présidence du chef de l’Etat guinéen. A Conakry, la société civile guinéenne juge son bilan positif. Toutefois, le président du Conseil national des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) regrette que le secteur privé guinéen n’ait pas largement profité de cette présidence.

Selon Dansa Kourouma, sur le plan national, le passage d’Alpha Condé à la tête de l’Union Africaine impacte considérablement sur la diplomatie guinéenne.

« Le fait qu’on soit associé aux grandes rencontres, aux grandes prises de décisions sur l’avenir de l’Afrique c’est important pour la diplomatie guinéenne. L’impact direct de ça, c’est de faciliter les renégociations avec les investisseurs mais aussi l’augmentation du capital et la confiance du pays vis-à-vis des partenaires étrangers », dit Dansa Kourouma.

Poursuivant, le président du CNOSC-G dit que le président guinéen a été audacieux et courageux lors de son mandat à l’Union africaine.

« Alpha Condé quand même a réussi à imposer un discours à l’Union Africaine, même si la plupart des acteurs disent que ce discours trahit un peu ce qui se passe sur le terrain, mais la vérité est que, il dit plus haut ce que les autres pensent tout bas. Il a quand même eu le courage de dire des choses telles qu’elles se présentent et ça c’est une institution politique. Ce n’est pas le président de l’Union Africaine qui peut régler les problèmes du continent africain, d’ailleurs c’est un mandat sur un an et on ne peut qu’avoir des discours forts » souligne-t-il.

Le président guinéen, souligne M. Kourouma, a aussi réussi à imprimer une certaine cohérence dans l’action de l’organisation panafricaine. Seul bémol, le président du CNOCG regrette que la Guinée n’ait bénéficié aucunement des avantages de cette Présidence.

« En matière de grandes conférences, en matière d’activités nous n’avions pas senti tellement. Et beaucoup de rencontres devraient se tenir en Guinée et beaucoup d’initiatives également. Ça devrait être aussi quelque chose à capitaliser pour que le pays profite directement notamment son secteur privé des retombées de cette Présidence. Je pensais que la Guinée pourra bénéficier des grands investissements ou au moins des garanties d’investissement, mais ça n’a pas été le cas et sur ce plan je ne suis pas satisfait », déplore Dansa Kourouma

Concernant la question migratoire, le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne regrette également que les discours n’ont pas été suivis d’acte concret. Avant d’ajouter que le gouvernement devrait tirer profit de la reconnaissance de la Guinée dans le monde.

« Aujourd’hui quand même avec Alpha Condé à la tête de l’Union africaine, on sait où se trouve la Guinée, moi je salue cela quand même et je pense que celui qui va tirer profit de ça, c’est le gouvernement ; il faut avoir un gouvernement qui a une bonne politique diplomatique qui nous permet de capitaliser tout ça. Sur les questions émergentes comme l’énergie renouvelable, comme la COPE, le leadership de la Guinée aussi s’est fait sentir mais sans impact véritable sur la manière de faire à l’intérieur du pays. Bref, de l’idéalisme au réalisme, l’écart est parfois grand et c’est difficile de s’en sortir comme ça », rappelle Dansa Kourouma.

« Je pense que c’est un bilan qui est positif d’une manière globale, mais les défis qui ne sont pas réglés sont autant énormes que les succès obtenus. Alpha Condé et Paul Kagame sont dans la même vision par rapport à l’Union africaine, donc la continuité est possible », espère le président des Organisations de la Société civile Guinéenne.

Maciré Camara

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