Domaines de l’Etat : les occupants de l’ex-usine ENTAG sommés de libérer les lieux

Préoccupé par l’occupation anarchique de certains domaines de l’Etat à Conakry et dans les grandes villes de l’intérieur du pays, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, Dr Ibrahima Kourouma à la tête d’une forte délégation composée de cadres de la direction générale du Patrimoine Bâti Public et du Haut Commandant de la Gendarmerie nationale, général Ibrahima Baldé était ce jeudi 6 décembre dans les installations de l’ancienne usine d’ENTAG, commune de Matoto.

L’objectif de ce déplacement était de signifier aux occupants illégaux de cette ancienne usine composés essentiellement de garagistes qu’ils doivent incessamment libérer les locaux pour permettre à l’Etat de viabiliser lesdits lieux pour le bonheur des populations guinéennes.

Après avoir visité ces locaux estimés à plusieurs hectares, le ministre a tenu à préciser : « Je pense que ce qui est déjà important, c’est que nous constatons l’adhésion des populations quant à la récupération des réserves foncières de l’Etat. Le Président de la République a une vocation qui consiste à récupérer les domines de l’Etat pour que l’ensemble des populations puissent en bénéficier. ENTAG, comme vous le constatez, est une zone réservée de l’Etat. Mais malheureusement, elle est empiétée par des gens qui sont venus s’installer de façon illégale. Il faut que les gens comprennent que tous les domaines appartenant à l’Etat vont être récupérés sans état d’âme. Je suis là aujourd’hui avec le Patrimoine Bâti Public et le Haut Commandant de la Gendarmerie pour expliquer à ces populations que le souci du Président de la République est que les Guinéens aient une vie décente. Donc, les domaines de l’Etat ne peuvent pas être bénéfiques à une seule personne ou à un petit groupe de personnes. Je suis heureux aujourd’hui que le message que nous venons de passer a été bien compris par ces populations ».

Poursuivant, il dira que le président Alpha Condé a de très forte ambition aujourd’hui pour que ces locaux puissent être viabilisés. « Il y a des investisseurs qui sont prêts aujourd’hui à travailler ici, on ne doit donc pas continuer à occuper ces endroits. Je pense que nous sommes là aujourd’hui pour expliquer ce qu’il y a, mais aussi récupérer cette partie qui est une réserve foncière de l’Etat », a-t-il ajouté, avant d’affirmer une nouvelle fois que ce vaste programme de récupération des domaines de l’Etat est une initiative du président Alpha Condé.

Pour sa part, le chef de quartier d’Entag Fassa, Aboubacar Sidiki Traoré s’est réjoui de la présence du ministre et sa suite, rappelant que son rôle essentiel est de sensibiliser.

« Depuis deux jours, nous sommes sur le terrain pour faire comprendre aux occupants des lieux que l’Etat a désormais besoin de son domaine. Et Dieu merci parce que nous n’avons trouvé aucune résistance de la part de ces populations qui ont bien compris nos messages. En tant que autorité locale, si l’Etat agit dans l’intérêt de la population, cela n’est qu’une satisfaction pour nous… »

Au moment où nous quittions les lieux, les occupants avaient volontairement commencé à dégager les effets pour permettre à l’Etat de faire ce qu’il veut réaliser sur ce domaine qui est resté longtemps occupé anarchiquement par des particuliers.

Youssouf Keita

+224 666 48 71 30

 

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0 thoughts on “Domaines de l’Etat : les occupants de l’ex-usine ENTAG sommés de libérer les lieux

  1. CONDÉ ABOU

    L’histoire de cette usine ENTA (Entreprise Nationale de Tabac et Allumettes) est sur un régistre pathétique et incroyable pour qui l’a lue ou qui a vécu dans cet endroit où à l’époque, l’unique autoroute de Conakry s’arrêtait pratiquement au rond point Gbessia, juste au niveau de l’ancienne aérogare. L’autoroute n’arrivait même pas au carrefour actuel du Camp Militaire Alpha Yaya.

    L’on ne pouvait même pas imaginer en Avril 1963, que l’usine ENTA qui a donné son nom à ce quartier, situé à 24 km du centre ville, pouvait y voir le jour tellement l’accès ressemblait à un très long voyage pour ceux qui devraient quitter chaque jour la ville pour aller y travailler et retourner le soir.

    Selon les mémoires de l’Ambassadeur André Lewin, la construction de l’usine de tabacs et allumettes dans la banlieue de la capitale guinéenne a commencé en Avril 1963 et durera à peu près dix-huit mois; une centaine de techniciens Chinois sont là dès le début du chantier, et procèdent aussi à la formation sur place de personnel Guinéen.

    L’ENTA (Entreprise Nationale de Tabac et Allumettes) fera venir son tabac depuis la Chine et la République du Malawi, la production guinéenne étant insuffisante ; les cigarettes produites sont les marques Milo, cigarette proche des Gauloises Françaises, et Nimba, cigarette blonde avec filtre.

    Cette entreprise, qui commença à fonctionner le 1er Septembre 1964 et fut inaugurée par le Président Ahmed Sékou Touré le 28 Septembre de la même année, produira annuellement 25 millions de paquets de cigarettes et autant de boîtes d’allumettes (M’Balia, si mes souvenirs sont exacts), et sera le principal employeur de main-d’oeuvre de la capitale, Conakry !

    Dieu seul sait dans quelles conditions, les bâtiments de cette entreprise, ont brûlé après la privatisation intervenue à la fin des années 80. Et depuis cette date, le fleuron de l’industrie dans l’agglomération de Conakry est fermé, avant de tomber en ruine et occupé par les squatters actuels qui y ont élu royalement domicile.

    Mille mercis au Président de la République pour son audacieuse et excellente initiative économique visant la récupération du patrimoine national spolié méchamment par des groupes de pillards des biens publics.

    Merci Monsieur le Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, et merci au Général Baldé de la Gendarmerie Nationale pour ce projet de retour de l’usine ENTA dans le portefeuille de l’Etat puisse voir le jour.

    Vivement le retour dans le portefeuille de l’Etat, de la totalité des domaines de l’usine de machines agricoles de Mamou, la briqueterie de Kankan (ouverte en 1973 et qui employait 180 travailleurs Guinéens et 40 Cadres Chinois).

    Mais également la station de culture du thé de Macenta, la ferme de culture de la canne à sucre de Koba, et le projet d’aménagement des rizières de Koba dans la Préfecture de Boffa.

    L’Ambassadeur André Lewin a écrit noir sur blanc qu’en 2 décennies entre 1960 et 1980, pas moins d’une trentaine de projets furent mis en oeuvre en Guinée.
    Toutes ses informations ont été confirmées par l’ancienne Minsitre de l’Industrie Madame Ramatoulaye Bah à l’époque où elle dirigeait ce Département ministériel.

    Soutien inconditionnel à la candidature du Professeur Alpha Condé pour sa réélection sur un plébiscite sans précédent en 2020, et pour la renaissance du tissu industriel de la Guinée.

    Sinon, comment voulez-vous que ce pays puisse faire passer par pertes et profits tant d’acquis formidables des années 60, et que des groupes de pillards ont réussi à mettre impunément par terre ?

    Votons massivement Alpha Condé en 2020 et pour les 41 milliards de Dollars US (PNDS et Accord Chinois), qu’il vient de donner au pays en termes de capacité de financement sur un plateau d’or !

    Oui à Alpha Condé 2020, et Non aux régiments de pillards qui ont mis inutilement ce pays par terre.

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