Tanzanie : le président appelle les femmes à « abandonner » les moyens de contraception

Connu pour ses prises de positions controversées, le président tanzanien John Magufuli, a appelé les femmes à « abandonner » les moyens de contraception, estimant qu’il « est important de se reproduire », a rapporté lundi la presse tanzanienne.

« Vous avez du bétail, vous êtes de grands fermiers, vous pouvez nourrir vos enfants. Pourquoi alors recourir au contrôle des naissances ? », a déclaré John Magufuli lors d’un discours prononcé dimanche, a rapporté lundi le journal The Citizen sur son site internet.

« J’ai voyagé en Europe et ailleurs, et j’ai vu les effets néfastes du contrôle des naissances, certains pays font face à un déclin démographique, il leur manque de la main d’œuvre », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Il est important de se reproduire! Les femmes peuvent désormais abandonner les moyens de contraception ».

L’ONU prédit que la population africaine doublera d’ici 2050 pour atteindre 2,5 milliards de personnes, menant à de nombreuses mises en garde contre une « bombe démographique » si la croissance économique et les créations d’emploi ne suivent pas le même rythme.

La Tanzanie compte quelque 60 millions d’habitants.

AFP

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Commentaires

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4 thoughts on “Tanzanie : le président appelle les femmes à « abandonner » les moyens de contraception

  1. CONDÉ ABOU

    Bravo ! Je vous assure que l’Afrique a du chemin et beaucoup de chemin à faire pour s’en sortir avec des leaderships aussi calamiteux pour l’avenir du continent.

    J’ai vu ce soir, sur certaines télévisions de l’Afrique de l’Est, la joie populaire qui a suivi cette déclaration du leader Tanzanien. C’est pathétique pour ce pays pauvre de 60 millions d’habitants.

    La chercheuse Franco-Camerounaise Axell Kabou avait bien raison de se demander: Et si l’Afrique refusait le developpement ?

    Elle avait conclu que le temps n’est pas encore arrivé pour l’Afrique de sortir du sous -developpement par notre propre faute. Si vous cherchez la preuve de ce qu’elle dit, en voici une.

  2. Sylla

    L’Afrique doit avoir d’ici 2050 la plus grande population du monde.
    On va creer des emplois pour la main d’oeuvre qui en resultera.
    Les hommes,nombreux,constituent une force. Regardez la Chine.

  3. CONDÉ ABOU

    Cher Monsieur Sylla, bonjour. Je viens de vous lire avec beaucoup de sourires. Pourquoi ? Parce que vous avez tout gaté en citant l’exemple Chinois. C’est le contre-exemple même de la politique de démographie galopante.

    À quoi sert-il de demander aux citoyens de procréer des enfants, lorsque les parents ou les États ne sont pas du tout capables de leur garantir l’accès à une meilleure alimentation, une éducation de qualité, et au bien être tout court ?

    L’Afrique est-elle aussi bien organisée comme la Chine ? Même dans les années les plus dures du régime du President Mao, les dirigeants communistes Chinois, avaient déjà compris au début des années 1970, que la Chine allait droit dans le mur, si elle ne contrôlait pas la surpopulation et la croissance économique.

    C’était à l’époque où la Chine était l’un des pays les plus pauvres de la planète, avec une fécondité de plus de 5,5 enfants par femme, qui a été finalement ramenée à environ 2,75 enfants par femme en 1978.

    Après la mort du concepteur de la première politique de contrôle des naissances, le Premier Ministre Chou-En-Lai, et celle du Président Mao en 1976, l’arrivée de Deng Xiaoping à la tête du pays a tout changé en Chine a partir de fin 1978, grâce à sa politique de réformes économiques spectaculaires, et à la bonne maîtrise de la politique de l’enfant unique.

    Résultats:
    En Mars 2006, le Gouvernement Chinois a lui-même officiellement reconnu que la politique de l’enfant unique a permis de d’éviter au pays, 400 millions de naissances en un peu plus de 27 ans, c’est à dire de 1978 à 2006.

    Sans cette politique de contrôle des naissances, la Chine n’aurait jamais pu arriver aux progrès économiques fulgurants qu’elle a pu réaliser pour quitter le groupe des pays les plus pauvres de la planète, et arriver à la place actuelle de 2ème économie la plus forte du glob avec une population de plus de 1,3 milliard d’habitants..

    Personne ne demande à l’Afrique de copier mécaniquement le modèle démographique Chinois. Mais reconnaisez qu’avec les politiques publiques qui ont échoué presque dans l’écrasante majorité du continent Africain, et dont la population est passée de moins de 280 millions d’habitants en 1960 à plus d’un milliard aujourd’hui, nous sommes loin de sortir du sous-développement, des épidemies et de la misère.

    Une toute récente enquête faite en Chine, vient de démontrer que les couples ordinaires en Chine, notamment dans les Villes, ne sont même plus favorables plus avoir plus d’un ou deux enfants. La famille en Chine étant structurellement patrilinéaire, les Chinois ne souhaitent même pas avoir de filles ! En tout cas, pour le moment.

    Quand on vous dit qu’un pays archi-pauvre comme le Niger avec 22 millions d’habitants continue d’avoir le taux de fécondité le plus élevé au monde, avec une moyenne de plus de 7 enfants par femmes, vous pouvez imaginer un seul instant que cela restera sans conséquence pour les chances de sortie de la grande pauvreté dans ce pays ?

    Pourquoi voulez-vous que l’Afrique refuse de regarder en face, la réalité du monde d’aujourd’hui ? Quel pays Asiatique aujourd’hui, ne s’est pas imposé la politique du contrôle des naissances et le planning familial pour se consacrer au développement économique et social ? La Corée du Sud, Singapour, l’Inde, le Vietnam, la Thailande ? Le Japon ? N’en parlons pas, puisque tout le monde connait ce qui s’y passe en terme de démographie depuis plusieurs décennies.

    Franchement, Cher Monsieur Sylla, je suis inquiet et dévasté d’entendre des discours venant de dirigeants Africains qui soutiennent des politiques démographiques qui ne feront que faire souffrir inutilement les populations pour des considérations injustifiables.

    Aucun État responsable, ne peut défendre aujourd’hui une légitimité fondée sur des dogmes et non
    dans l’amélioration du niveau de vie de sa population. C’est aussi simple.

    Ce sont des politiques sociales qui tirent ce continent vers le bas, inutilement et sans justification aucune pour le bon sens. Salut, et bonne journée de Mardi.

    1. Sylla

      Monsieur,
      Il ya ce qu’on appelle l’adaptation aux réalités intrinsèques.
      Au début il y avait le Marxisme,conçu par Karl Marx. Marx avait proclamé que la situation Russe de pays arrieré était inadapté à sa revolution. Grâce à Lenine,le Marxisme devient Marxisme Leninisme.
      Pendant la revolution rouge d’Octobre 1917,les ouvriers étaient á l’avant garde du combat. En Chine pays agraire,Mao compris que la revolution viendrait des pays qui composaient plus de 80% des populations et portaient la croix du feodalisme. Nous aurons le Maoisme. Tout ça pour dire que l’homme est doté de la faculté d’adaptation. On fera la même chose en Afrique.
      A l’Afrique la plus grande population mondiale en 2050. Il nous faut les ressources humaines necessaires pour liberer nos terres des demons qui nous oppressent depuis 1000 ans.

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