Tibou Kamara : ‘’les masques sont en train de tomber par rapport au positionnement des uns et des autres vis-à-vis du pouvoir ou de l’opposition’’

La fonte de GPT de Kassory Fofana dans le RPG Arc-en-ciel fait couler beaucoup d’encre et de salive dans la cité.  Tibou KAMARA s’est s’exprimé une nouvelle fois pour éclairer la lanterne des uns et des autres. Invité ce lundi 21 mai dans l’émission Les ‘’Grandes Gueules’’ de la radio Espace FM, le ministre d’Etat conseiller personnel du président de la République a donné son point de vue par rapport à la nomination du futur Premier ministre.

Qu’est-ce qui a été à la base de cette fusion actée le samedi 19 mai ?

« J’avoue que personnellement je suis très étonné par le débat de ce matin, parce qu’en politique, il n’y a pas de hasard. Rien n’est totalement désintéressé. C’est l’occasion d’ailleurs de dire que le débat a sa raison d’être, dans la mesure où cette fusion arrive dans un contexte particulier, notamment à la veille d’un remaniement ministériel. Mais situons le problème dans un cadre plus général. Il est évident qu’en fusionnant son parti avec le RPG, Kassory FOFANA a renoncé à quelque chose. Il est évident que le RPG, en accueillant le GPT, a aussi pris un engagement sans doute. En politique, on renonce à quelque chose pour avoir quelque chose.  On cède quelque chose pour autre chose. »

La question de constance

« La constance à laquelle vous faites allusion, vous-même Lamine Guirassy et les ‘’Grandes Gueules’’, je vous ai souvent écoutés sur différents sujets. Vos avis évoluent et votre position arrive à changer et à évoluer. Donc, vous ne pouvez pas reprocher quelque chose à d’autres, alors que vous-même, il arrive que vous changiez sur des sujets donnés. Ne rentrons pas dans   ce débat sur la constance des oppositions publiques.  Ne rentrons pas dans ce débat. Un autre jour, nous allons en débattre. Ce qui est clair et net, on ne peut pas fusionner son parti avec un autre sans que cela ne soit l’objet d’un accord. C’est ça la politique. Je ne vois pas l’intérêt de ce débat. Il faut qu’on assume nos prises de position. C’est vrai, lorsqu’il arrivait au pouvoir, quand on disait qu’on aimait le Pr. Alpha Condé, ça paraissait innocent.  Lorsqu’il n’était pas au pouvoir, on le soutenait par conviction. Mais aujourdhui, il est évident, lorsqu’on est dans une relation politique avec lui, rien ne peut être désintéressé et totalement innocent. Il faut assumer cela. »

Qu’est-ce que Kassory va recevoir de l’autre main ?

« En tout cas, je sais une chose : en politique, lorsqu’on donne, on reçoit. C’est évident. Si les gens disaient qu’ils venaient au RPG Arc-en-ciel par conviction, ou qu’ils venaient vers le président Alpha Condé par amour, quand ils militaient dans l’opposition, cela aurait été plus facile à croire qu’aujourd’hui. En politique, quand on donne, c’est le plus souvent dans l’espoir de recevoir. Quand on donne, il faut s’attendre à recevoir. Pour moi, le plus important aujourdhui, c’est qu’il y a plus de clarté et de clarification dans l’échiquier politique. Les masques sont en train de tomber par rapport au positionnement des uns et des autres vis-à-vis du pouvoir ou de l’opposition. Si c’était l’ambition de Kassory Fofana d’être Premier ministre ou son vœu personnel, sa fusion avec le RPG Arc-en-ciel faciliterait énormément les choses. Si le président aussi a cette intention de le nommer comme Premier ministre, il serait plus à l’aise de le faire, puisque ça éviterait que sa majorité perçoive cette nomination comme un acte qui favorise un concurrent ou un adversaire politique. Donc, il n’y a plus de conflit avec la majorité sous prétexte qu’on veut nommer un concurrent à la primature dans un contexte politique de tous les enjeux. Alors, si Kassory Fofana est nommé, on dira que c’est un cadre issu du parti au pouvoir, ça facilite la tâche à Kassory Fofana d’accéder au poste et ça met à l’aise le président de le nommer. Personnellement, je pense qu’il faut qu’on soit clair. Quand on vient dans une alliance, c’est pour certainement en tirer un avantage. C’est évident. Parce qu’il n’y a pas d’innocents, ni de désintéressés en politique. Quand on cède, c’est en contrepartie de quelque chose. Quand on renonce, c’est en contrepartie d’autres choses. Mais les prochains développements nous édifieront davantage », a affirmé le ministre d’Etat Tibou KAMARA.

Et d’ajouter : « Le président Alpha Condé sait mieux que quiconque qui est l’homme de la situation. C’est pourquoi, je ne voudrais ni anticiper la volonté du président, ni deviner ses intentions. Ce n’est pas moi malheureusement qui fait le choix du Premier ministre. C’est un pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. Quand on voit la nature des défis auxquels le pays est confronté aujourd’hui, je serai tenté de dire qu’il nous faut un Premier ministre dont le profil est relatif aux difficultés qu’on connaît. Il faut à la Guinée un Premier ministre accepté et acceptable. Son choix pourrait déterminer l’acceptation de l’ensemble du gouvernement. A mon avis, il faut choisir ses collaborateurs en fonction des objectifs que l’on s’assigne et de la vision qu’on a ».

Kélétigui Rabah Camara

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