Tribune// Feguifoot : des frondeurs à l’assaut du président élu … Le remède pire que le mal ? (Par Laye Kourouma)

La crise qui secoue la fédération guinéenne de football – FGF – a pris des proportions inquiétantes. Au point que le ministère chargé des sports, tout en se gardant de s’immiscer dans la gestion de l’institution, a cru bon d’alerter la FIFA (fédération internationale) et la CAF (confédération africaine) sur la situation qui prévaut dans le pays. Sage attitude du ministre Siaka Barry. Contrairement à celle d’un Kader Sangaré qui avait provoqué la suspension de la Guinée, après avoir mis en veilleuse  la fédération nationale par un arrêté ministériel à cause d’un … match nul du Syli !

Depuis vendredi, des représentants des instances internationales du football sont sur place pour tenter de trouver un dénouement heureux à ce qui est devenu un enlisement, mettant en face des positions tranchées et apparemment difficiles à concilier.

On peut d’ores et déjà affirmer que la tâche des « sapeurs-pompiers » dépêchés d’urgence pour éteindre le brasier qui risque de consumer la Féguifoot, n’a rien d’une sinécure. Et pour cause.

La fronde menée par des membres du comité exécutif – CE – contre celui qu’ils ont contribué, dans leur écrasante majorité, à faire réélire il y a huit mois à peine, est plus motivée par des ressentiments, des frustrations et, n’ayons pas peur des mots, l’apprêté au gain que par des violations des statuts ou un quelconque souci de corriger  des dysfonctionnements réels ou imaginaires.

Il ne faudrait pas également exclure des mains qui tireraient les ficelles dans l’ombre, pour régler des comptes avec l’actuel président ou simplement placer un homme de paille – pourquoi pas un vieux cheval de retour ? – au sommet de la Féguifoot, par le biais de cette assemblée générale extraordinaire que réclament à cor et à cri les frondeurs. Des mains que l’on pourrait chercher au sein du petit cercle des nouveaux mécènes du foot guinéen dont la « générosité » pour certains, contrairement aux apparences, n’est pas toujours désintéressée.

En ce qui concerne le respect scrupuleux des textes qui régissent l’instance nationale de football, les frondeurs devront par exemple expliquer par quel tour de passe-passe peuvent-ils décider la suspension de leur président, alors qu’auparavant ils avaient interrompu leur participation aux activités de la fédération. Ou encore en quoi le fait de révoquer le secrétaire général, conformément aux textes après en avoir débattu avec les autres membres du CE en activité, constitue une violation des statuts par Salifou Camara Super V.

Si les frondeurs présentent le départ  du président récemment élu comme la panacée capable de guérir la Féguifoot de tout ce dont elle souffre, il est à craindre que le remède ne s’avère pire que le mal. Si elle prospère, cette fronde pourrait représenter un précédent dangereux, susceptible d’instaurer un cycle d’instabilité à la fédé, où l’esprit de lucre et la corruption sont les choses les mieux partagées. Pour le moment, le travail de réconciliation des « bons samaritains » de la FIFA et de la CAF continue. Aux dernières nouvelles c’est du côté des frondeurs où l’on resterait encore inflexible, tandis que le président et ses partisans, eux, seraient prêts à lâcher du lest.

Laye Kourouma  

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