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Societé

Une technique d’arnaque ingénieuse des retraités (Par Moïse Sidibé)

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A la commune de Matam, une astuce d’arnaque vient d’être découverte. Pendant plus de 6 mois, un semblant de contrôle systématique pour détecter des fictifs a été instauré. Il fallait faire la photocopie de chaque bulletin pour entrer en possession de sa pension. On disait qu’il y avait manque de bulletin, et ce manque de bulletin faisait fonctionner la photocopieuse de la commune à plein régime (la chèvre broute là où elle est attachée 1000FG/bulletin). Cette satanée photocopieuse n’appartiendrait pas à un initié des rouages des pensions ?

Cette phase de photocopie passée, la préciosité du bulletin avérée, chacun prenait grand soin de son bulletin. C’est à ce moment qu’une autre technique d’arnaque a été trouvée.

La caissière faisait tomber adroitement le bulletin du retraité dans un endroit inaccessible de son bureau. Au début, on croyait que c’est par inadvertance que la caissière faisait tomber les bulletins dans un endroit inaccessible de son bureau, entre les grilles, et que pour les en ressortir, il faut payer un autre expert filou, le gardien ou planton des lieux.

Seulement, l’escroquerie a touché tous les retraités et de façon répétées pour extorquer un montant forfaitaire, selon la mine craintive ou effrontée de la victime. Une victime avait envoyé son enfant, sa pension a été amputée de 30000 fg pour ravoir son bulletin.

Peut-on mettre fin immédiatement à ces malversations de cet acabit ? Les Guinéens sont devenus cruels et impitoyables !

Au niveau des services des pensions

C’est encore plus grave. Deux retraités peuvent avoir le même indice et avoir des pensions de différences de 200 000 fg.

Pour avoir donné des cours d’hygiène et législation du travail par intérim, on a appris et enseigné que le fonctionnaire guinéen admis à la retraite ne perçoit que 80% de son salaire indiciaire multiplié par la valeur de l’indice 1030 à cette époque, Fodé Tas Sylla, kaa ? Il était avec Bob Denard les seuls à dispenser ce cours dans les CFP en Guinée. Le jour où Bob a été indisponible pour nous supplier de dicter la leçon, l’histoire fit que c’est sur « La Pension ».

Ça, c’était au temps de Lansana Conté. On ne sait pas si au temps de Alpha les choses n’ont évolué et changé.

Dans le calcul, si celui qui est à l’indice 1359 x 80%= 1087,2 et x par 1030 = il aura 1119816, mais s’il ne voit sur son bulletin que 800000 et poussière, des grandes questions se posent.

Pour rendre encore compliquer la chose, on fait poireauter le retraité pendant dix mois pour lui remettre un rappel correspondant à 8 000 000 fg, au lieu de 11 198 160. Pis certains de même indice ne perçoivent que 600000 x 10 = 6 000 000 fg fg mensuellement.

Et cela a duré depuis des décennies. Quand le général Lansana Conté est arrivé au pouvoir en 84, il a récupéré des dizaines de villas appartenant aux fonctionnaires et payeurs des pensions. La magouille a repris de plus belle. Si Alpha et Kassory veulent renflouer les caisses de l’Etat, ils ont beaucoup de grains à moudre. « Wo nki-dé ! » parce que ce sont des centaines de milliards, qu’ils n’allaient jamais voir.

Cette méga-fraude au niveau des pensions, n’est pas l’apanage de Conakry, la capitale de la magouille. Tous les payeurs de ces services se sont donné la consigne de Conakry jusqu’à Nzérékoré, pour uniformiser la grande arnaque.

Si ce gouvernement a pitié des Guinéens qui ont servi ce pays, il ne doit pas réfléchir de midi à quatorze heures sur les mesures immédiates à prendre contre ces impitoyables sangsues, en plus de leur arrogance trafic d’influence pour rabrouer les pauvres hères.

Et ce travail n’est pas un sale boulot pour Kassory Fofana. C’est son devoir de nettoyer ces écuries d’Augias.

L’on a trop longtemps caché la méthode de calcul de pension aux fonctionnaires pour mieux les sucer. Les syndicats sont en grande partie responsables. Le lièvre est levé. Les journalistes qui vont se lancer sur le plus gros gibier de la magouille que les Guinéens n’ont pas vu encore, n’ont qu’à simplement tendre le micro à un retraité de Kaloum, de Matam, de Ratoma ou de n’importe quelle préfecture de la Guinée pour entendre de scoops. Une bombe.

Moise Sidibé

 

 

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