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Politique

Le président du Somaliland à Conakry avec une membre de la commission chargée de la reconnaissance…

VIDÉO. Entre la Guinée et la Somalie, ce n’est plus l’amour. Le pays de la Corne de l’Afrique a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec Conakry pour avoir reçu mercredi sur son sol le président de la république autoproclamée du Somaliland Muse Bihi Abdi.

Accueilli à l’aéroport de Conakry par le ministre des affaires étrangères Mamadi Touré, flanqué de l’ambassadeur, directeur du protocole d’Etat, le président du territoire indépendant, en visite de travail de trois jours sur invitation du président Alpha Condé, selon les termes de la presse du Somaliland, s’est longuement entretenu avec le chef de la diplomatie guinéenne avant prendre ensemble l’hélico pour le palais Mohammed V (ex-palais des Nations). Ensuite, direction l’hôtel du Kaloum à Conakry.

Selon Horndiplomat, la délégation qui accompagne le chef d’État du Somaliland comprend les ministres des affaires étrangères, de la santé, des finances et Mme Edna Adan Ismaïl, membre de la commission chargée de demander la reconnaissance du Somaliland.

Selon une note d’une agende de presse étrangère, le Somaliland, ancienne Somalie britannique, a fusionné avec l’ancienne Somalie italienne à l’indépendance du pays en 1960. Puis il a fait sécession et s’est proclamé indépendant en 1991. Le Somaliland a son propre gouvernement, sa propre armée et imprime sa propre monnaie. Il est également considéré comme beaucoup plus stable que le reste de la Somalie Regardez…


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  1. CONDÉ ABOU

    6 juillet 2019 at 10 h 32 min

    Comment comprendre les engagements diplomatiques actuels inattendus de la Guinée sur la question des relations internationales et du statut du Somaliland ? Difficle d’y arriver.

    Pourquoi le Somaliland depuis sa création en 1991, n’a été reconnu ni par les Nations Unies, ni par l’Union Africaine, ni par aucun Etat dans le monde ?

    Voici la réponse d’un analyste bien informé des contours de la séparation du Somaliland et de la Somalie depuis 1991:

    Premièrement, selon lui, le Gouvernement Somalien (avec pour capitale Mogadiscio) ne reconnaît pas le Somaliland (capitale, Hargeisa). Toute reconnaissance du Somaliland irait au-delà des objections de la Somalie.

    La communauté mondiale est plus réticente à légitimer un tel séparatisme unilatéral. Les séparatistes du Somaliland avaient historiquement une influence économique / militaire ou des alliances étrangères minimes, c’est pourquoi personne ne s’est battu pour eux.

    Deuxièmement, le Somaliland n’a pas de frontières bien définies. De facto, le Somaliland est principalement un territoire des clans Dir et Isaaq, mais le Somaliland revendique l’ensemble de l’ancien Somaliland britannique, y compris le territoire du clan Darod.

    Le Somaliland est resté sous protectorat britannique pendant un peu plus de 100 ans avant de fusionner librement avec l’ancienne Somalie Italienne (Mogadiscio) le 1er Juillet 1960 soit, cinq jours après la proclamation d’indépendance de celle-ci le 26 Juin 1960.

    La frontière de facto entre la Somalie et le Somaliland n’est pas du tout stable. Reconnaître le Somaliland soulèverait les enjeux du différend frontalier et risquerait de faire renaître les affrontements interminables. Et comment savoir quelle frontière reconnaître sans un processus bilatéral entre la Somalie et le Somaliland ?

    Plus le Somaliland conservera son indépendance de fait, plus sa revendication d’indépendance de jure sera forte. Si cela renforce les liens avec les grands acteurs de la géopolitique sous régionale, tels que les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU) et l’Éthiopie, cela pourrait renforcer davantage sa position.

    Les Emirats Arabes Unis, en particulier, seraient en train d’établir une base militaire et une concession portuaire en échange d’un investissement d’un milliard de Dollars US environ en faveur du Somaliland.

    AUTRES ZONES D’OMBRE :

    (1)La Guinée n’ouvrirait-elle pas la boîte de pandore des mouvements sécessionnistes un peu partout en Afrique en reconnaissant le Somaliland, ou tout simplement en se démarquant ouvertement de la position de l’Union Africaine sur le même sujet ?

    Il faudrait par ricochet, penser au mouvement séparatiste anglophone au Cameroun, au mouvement armé séparatiste du Cabinda au Nord de l’Angola, et tout près de nous, penser aux séparatistes de l’Azawad au Nord Mali, ainsi qu’au Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) dans le Sud du Sénégal qui revendiquent tous leur indépendance en dépit du principe de l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme au début des années 1960.

    (2)Sur un plan plus emblématique, il y a le Front Polisario qui se bat depuis plus de 30 ans pour l’indépendance du Sahara Occidental et dont la Guinée a toujours refusé la reconnaissance de ses frontières vis-à-vis du Maroc notamment après le départ des colons Espagnols.

    Bref, il serait très intéressant de savoir les tenants et aboutissants de la démarche diplomatique du Gouvernement Guinéen qui vient de franchir une ligne qu’aucun Etat, ni aucune Organisation internationale n’a pour l’instant franchi depuis la séparation du Somaliland d’avec la Somalie en 1991.

    Un sujet difficile à décrypter, en l’absence d’éléments d’information clairs et fiables de la part de la République de Guinée.

    Merci pour la courtoisie de Médiaguinée, et bonne journée de Samedi chez vous.

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