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Politique

Voici le plan de Sidya Touré pour faire échec au changement de Constitution…

Samedi dernier, à la clôture des assises du Conseil National de la Jeunesse de l’Union des Forces Républicaines (UFR) à Matam, Sidya Touré, leader du parti a promis que tout sera fait pour faire échec au projet de changement de Constitution voulu par le président Alpha Condé. L’ancien Premier ministre et vieil ami du chef de l’Etat a décliné le plan B du pouvoir si le référendum échouait…

« Je voulais donc féliciter tous les militants de l’UFR qui ont supporté cette idée, féliciter les organisateurs de cette assise et leur dire à quel point nous leur sommes reconnaissants du fait que nous avions pu renouveler nos structures de jeunesse et nous préparer pour la suite des événements.

Il y a des chiffres qui sont balancés à gauche et à droite faisant croire par tous les moyens que l’UFR est en train de perdre ses militants tous les jours

Pendant ces deux jours, vous avez parlé donc surtout du processus électoral qui est une préoccupation majeure en Guinée. Parce que nous n’avons jamais eu, depuis 2010, des élections transparentes ou acceptables en Guinée. Tout est faux. Il y a des chiffres qui sont balancés à gauche et à droite et qui nous entraînent dans des résultats qui sont préétablis, faisant croire par tous les moyens que l’UFR est en train de perdre ses militants tous les jours. Ce sont des résultats fabriqués. C’est la raison pour laquelle il était important, pendant ces assisses, que vous preniez le temps d’examiner et de parler du processus électoral.

Ceux qui estiment qu’ils ne peuvent pas s’engager pour des raisons qui font que le parti fonctionne aujourd’hui n’ont qu’à se démettre

Le processus électoral devient le principal problème de ces assises et il était important que cela soit ainsi parce que les élections qui auront lieu ici dans ce pays la prochaine fois seront des élections déterminantes pour nous tous. Donc, je remercie tous ceux qui ont contribué à cela. Les thèmes qui ont été évoqués sont des thèmes qui constituent la clé de voûte du mouvement que vous aviez développé. C’est la clé de voûte de notre combat politique. Je dirai que l’engagement est l’élément de base de notre combat. Vous ne pouvez pas être dans un parti politique et surtout y assumer des responsabilités si vous n’êtes pas engagés. Cela ne sert à rien. C’est la raison pour laquelle je dis, de la manière la plus claire, que ceux qui estiment qu’ils ne peuvent pas s’engager pour des raisons qui font que le parti fonctionne aujourd’hui n’ont qu’à se démettre. Ne rentrez pas dedans parce que c’est un engagement. L’engagement, c’est un combat. Nous n’avons qu’à combattre les forces du mal de ce pays qui ont fini de détruire ce pays. Nous devons combattre cela pour des raisons évidentes. Il s’agit de notre pays mais il s’agit élégamment de l’intérêt du futur de nos sœurs, de nos enfants.  Ce pays ne peut pas continuer sur cette voie. Donc, l’engagement politique, c’est cela. Ce n’est pas de soutenir quelqu’un pour le maintenir là. Et on vient en politique avec des idéaux, avec des objectifs avec une ambition si possible même avec une vision. Et si l’on n’en a pas, il faut arrêter. La Guinée ne fonctionne pas pour le compte d’un homme, on a autre chose à faire. On est 12 millions ici. 12 millions dont les problèmes sont connus.

Quand j’ai dit que nous étions dans un Etat néant, ils disent voilà le président Sidya, il exagère. Mais c’est un Etat néant

On vient de parler des routes, mais moi je viens de la Minière. Prenez la route de la Minière pour venir ici, vous allez voir comme ça y est. Alors, pour ceux qui s’en vont à 100 ou à 1000km d’ici, qu’est-ce qu’ils font ? Nous avons tous vu ce qui se passe au niveau de ces routes-là mais ce n’est pas tout. Quand j’ai dit que nous étions dans un Etat néant, ils disent voilà le président Sidya, il exagère. Mais c’est un Etat néant, allez voir un sous-préfet là où vous êtes et tentez de lui donner un document en imaginant un tant soit peu que ce document va être traité et qu’il va arriver à la préfecture pour arriver au ministère de l’Administration du Territoire, vous allez voir s’il y a un Etat.

En 2011 et 2012, si l’on avait voulu changer la constitution, on l’aurait fait. Non, parce que le mandat est terminé et on trouve qu’être président en Guinée est trop doux 

D’abord, les préfets et sous-préfets n’ont même pas de secrétaire. En plus, les machines aujourd’hui ne sont plus mécaniques, ce sont les machines électriques et il n’y a pas de courant. L’Etat, il fonctionne comment ?  Quand tous les problèmes comme ceux auxquels nous avions eu à faire face ces derniers temps en Guinée, avec les pluies, avec les routes qui sont parties dans tous les sens, dans n’importe quel Etat, il y a une solution qui est de créer une  situation de crise, de faire en sorte que les ministres  se réunissent même pas en conseil interministériel mais simplement une réunion entre ministres avec quelqu’un qui serait chargé de dire voilà les problèmes auxquels notre peuple  est confronté aujourd’hui de manière tellement grave et de partout.

Au moins, que les décisions soient prises dans l’urgence et pour qu’elles soient appliquées. On a vu quoi ? Mais rien du tout. Voilà l’Etat néant. Quand les problèmes se posent, personne ne vous apporte une quelconque solution. Le débat en Guinée, c’est concernant un individu. Alpha veut un troisième mandat. Donc, tout le monde doit parler de cela.

La mobilisation qui était prévue mercredi soir était telle que le discours [du président] avait changé à 15 heures. Vous savez, ce sont des gens qui ne renoncent pas, il y a trop d’argent en jeu.

On doit parler de la modification de la constitution. Moi, je pense qu’en 2011 et 2012, si l’on avait voulu changer la constitution, on l’aurait fait. Non, parce que le mandat est terminé et on trouve qu’être président en Guinée est trop doux. On ne fait rien, il y l’argent et on n’a rien à faire. Voilà ! Donc, il faut qu’on comprenne bien ce pourquoi vous êtes venus jusqu’à Conakry. C’est pour repartir avec des instructions claires. Et l’une des premières est effectivement ce dont je viens de parler. Nous n’accepterons pas qu’il y ait un troisième mandat ici. La deuxième chose, c’est toujours autour du troisième mandat. La mobilisation qui était prévue mercredi soir était telle que le discours avait changé à 15 heures. Vous savez, ce sont des gens qui ne renoncent pas, il y a trop d’argent en jeu.

Le plan B c’est comment faire les élections législatives. A partir du moment qu’Alpha Condé dit ‘’moi j’ai confiance à la CENI’’, moi Sidya je n’ai plus confiance, c’est fini

Pour l’argent que vous ne voyez pas pour faire des hôpitaux pour vous, pour faire vos routes, construire des écoles pour nos enfants, pour vous donner du travail, pour faire en sorte que vous ayez l’eau, l’électricité, l’assainissement. Tout cet argent-là, il y a un groupe d’individus en Guinée qui détiennent cet argent et qui n’ont pas envie de quitter là. Ils ne font rien pour vous et ensuite ils ont les fonds publics, tous les jours les scandales ont lieu dans ce pays, ça ne s’arrête pas. Donc, si on n’arrive pas à faire le référendum, parce qu’il y a un mouvement populaire qui s’est levé par rapport à ça, on se dit il y a un plan B. Le plan B c’est comment faire les élections législatives. A partir du moment qu’Alpha Condé dit ‘’moi j’ai confiance à la CENI’’, moi Sidya je n’ai plus confiance, c’est fini. Parce que je sais que lui et moi on n’a pas confiance dans les mêmes personnes, ça va de soi. Nous avons déjà commencé à le dire à la CENI. Le mouvement qui s’est levé en Guinée pour empêcher que ce pouvoir se perpétue sera dirigé contre n’importe quel organisme qui voudra faire ce travail pour son compte.  Que ça soit pour le référendum, on sera opposé. Mais tripatouiller les élections pour donner les deux tiers de majorité à la mouvance présidentielle et changer la constitution, ça veut dire que c’est le même combat. Alors, nous serons prêts à affronter et la CENI et tous ceux qui sont derrière, par rapport à cela.  Parce que c’est le plan B.

Nous n’accepterons pas les élections qui sont programmées pour donner la possibilité à la mouvance présidentielle de modifier la Constitution par l’Assemblée

On fait les élections législatives mais on a 1 million 574 mille fictifs dans ce fichier. Les conclusions de l’audit de ce fichier, le dé-doublonnage n’ont pas été faits. On a recruté un opérateur, personne ne sait comment. Un mois avant que l’appel d’offres ne soit dépouillé, j’ai dit que c’est telle société qui va gagner et c’est ce qui s’est passé. Aujourd’hui, au lieu de suivre ces conclusions en disant qu’il faut un opérateur sur le plan international, on dit non, la CENI va charger des gens qui vont faire cela. Ils n’en ont pas la capacité. La seule chose qu’ils peuvent faire, c’est tripatouiller et nous sortir des chiffres dont nous ne voulons pas. Nous ne l’accepterons pas, nous ne l’accepterons pas. Mais enfin, qu’est-ce qu’on s’imagine ici ? Tous les Guinéens qui sont là, qui ne mangent pas à leur faim, qui tirent le diable par la queue…

Voilà les raisons. Et nous l’avons dit au FNDC le jeudi matin. Nous n’accepterons pas de référendum, nous n’accepterons pas les élections qui sont programmées pour donner la possibilité à la mouvance présidentielle de modifier la Constitution par l’Assemblée. On ne l’acceptera pas. Donc, voilà les raisons pour lesquelles on est là. On ne fera pas d’élections législatives sur cette base-là. Il faut que ça soit clair pour tout le monde. Non, on n’acceptera pas ça. Donc, après, la troisième chose que nous avons dite ce jour-là, c’est de rester mobilisés. La mobilisation qui était à Conakry le mercredi soir, c’est la même mobilisation que nous allons faire contre la CENI ici. Le processus électoral sera bloqué tant qu’on n’aura pas fini de nous entendre sur cette question. Comment voulez-vous… ? Alpha dit, ‘’nous allons organiser un dialogue’’, comment ça s’appelle une consultation. En 2011, il nous a dit la même chose ici. En 2010, quand on a mis Alpha au pouvoir, nous devions organiser les élections législatives en 2011.

Nous, nous n’irons à aucun dialogue avec personne

Dès 2011, les six premiers mois de 2011, nous sommes sortis pour exiger qu’on organise les élections législatives. Il a fallu trois (3) ans de manifestations. Et en 2011, comme il allait à l’assemblée des Nations unies, comme maintenant, il a demandé qu’on établisse une forme de dialogue et tout ça pour pouvoir dire là-bas mais non il y a un dialogue chez moi. Nous, nous n’irons à aucun dialogue avec personne. S’il y a le processus électoral dont on doit parler, les conditions sont claires, nous sommes prêts à les discuter avec tout le monde à condition qu’elles soient respectées. Nous avons mis trois (3) ans ici à battre le pavé pour obtenir qu’on organise les élections législatives. Qu’on l’organise, on n’a rien demandé de plus. Mais on n’avait pas fini à l’époque de changer le fichier, d’amener l’opérateur de leur point de vue, alors que pourtant ils auraient déjà pu faire l’élection présidentielle. Mais il a fallu tout changer, amener leurs marques, amener les fichiers pour augmenter leurs électeurs. Du jour au lendemain, on est passé de quatre millions trois cents à 6 millions et quelques. C’est là où on a mis tous les fictifs et on a continué. Vous croyez qu’on va accepter ça comme ça, parce qu’on se balade bien là, on va prolonger le mandat ? Il n’en est pas question.

Nous avons encore un maire UFR qui n’est toujours pas installé, et on refuse de l’installer dans Faranah

Donc, on pourra discuter de ces conditions avec les gens. Mais nous avons dit trois ans pour aller aux élections législatives, sept ans pour faire les élections communales. Mais ces élections communales-là, nous n’avons pas encore fini. On n’a rien fait, les chefs de quartier sont là. Nous, nous avons encore un maire UFR qui n’est toujours pas installé, et on refuse de l’installer dans Faranah. Nous avons tous les conseils régionaux qui devraient se mettre en place. Comment voulez-vous ne pas avoir fini une élection, vous en programmez une deuxième ? On finit ça d’abord et on verra dans quelle condition nous allons entrer en élection. Nous nous étions opposés au code électoral au niveau de l’UFR, mais aujourd’hui quand on regarde les choses, ils n’ont qu’à mettre les conseils de quartier en place on va voir. Il faut que nous nous asseyons pour discuter de tout ça. Et que cela soit fait avant qu’on envisage d’aller à des élections législatives qu’on veut tripatouiller parce qu’on nous prend je ne sais pas pour qui. Donc, je tenais à ce que tout ça soit clairement dit. Quand vous irez à l’intérieur du pays, que vous sachez quelle est votre mission. Pas de troisième mandat, pas de référendum, pas de troisième mandat par les élections législatives truquées. Troisièmement, vous devez rester mobilisés. Votre mobilisation a permis de comprendre aujourd’hui la tension qu’il y a dans ce pays. 

Les réformes que nous avons entreprises au sein du parti dans l’objectif de le rendre dynamique, ne sont pas dirigées contre quelqu’un

Je vais vous raconter une histoire. Je vous assure, j’ai dit à un des doyens de chez moi là-bas, j’ai dit ‘’ah il paraît qu’il y aura un discours du président aujourd’hui’’. Il dit mais discours sur quoi ? Et je lui ai dit ‘’probablement pour annoncer le troisième mandat’’. Il me dit « Allah kha a kha fala ». Je lui dis mais ‘’Aladji, pourquoi toi tu pries pour qu’il le dise’’. Il dit ‘’tant qu’il n’a pas posé un tel problème, il ne comprendra pas la rupture qu’il y a entre les Guinéens et lui aujourd’hui’’. Ça c’est un imam illettré de là-bas hein, ce n’est pas un politicien. Donc, il faut qu’il parle de cela pour qu’on sache comment faire. C’est la même chose pour ces élections-là. Donc, je vois remercie pour cela et je souhaiterais qu’en rentrant chez vous, vous soyez persuadés que les réformes que nous avons entreprises au sein du parti, elles ont été entreprises dans l’objectif de rendre le parti dynamique. Elles ne sont pas dirigées, ces réformes, contre quelqu’un. Vous devez faire en sorte que la restructuration soit terminée, que vous identifiez clairement quels sont les responsables que vous avez dans vos villes, dans vos villages, autour de vos bureaux de vote, car comme je l’ai dit, le processus électoral devient le point focal de tout ce travail, parce qu’après, il y aura les élections mais elles auront lieu quand nous aurons approuvé toutes les questions. Donc, elles se feront, en ce qui concerne la présidentielle, sans Alpha Condé et en ce qui concerne les législatives, partout elles seront parfaitement transparentes. Mais en attendant, préparez-vous. Je voudrais bien qu’on comprenne cela. 

Il faut déjà commencer à dire à nos gens de se préparer pour s’inscrire sur les listes électorales

Le processus électoral n’est pas le problème du secrétariat aux élections, c’est le problème de tout le monde. Il faut que vous vous engagiez sur cette voie-là. Et d’ailleurs, comme je l’ai dit tantôt, nous ferons en sorte qu’un réaménagement soit apporté pour qu’une place plus importante soit donnée à ce processus pour arriver au résultat que nous souhaitons. Donc, il faut déjà commencer à dire à nos gens de se préparer pour s’inscrire sur les listes électorales. S’inscrire sur les listes électorales et surtout participer au recensement que vous-mêmes vous lancez chez vous. Il y a des gens qui viennent vous dire qu’ils viennent faire le recensement pour les emplois, des recensements pour lutter contre la pauvreté, tout ça c’est faux. C’est organisé par les partisans du troisième mandat. Il ne faut pas l’accepter, suivez vos militants, faites-en sorte que vous les identifiez et que vous puissiez vous-mêmes les recenser dans la perspective des élections, dont la transparence ne sera contestée par personne. Je voudrais remercier le conseil et le bureau exécutif du parti qui a soutenu toute cette démarche depuis, surtout certains de nos amis de longue date, le vice-président Goyo Zoumanigui, Ibrahim Bangoura, ceux avec lesquels nous avons démarré toute cette affaire dès le départ. Il y en a d’autres aussi. Je voudrais surtout remercier l’ancien secrétaire général de la Jeunesse, Saïkou Yaya Barry, qui, pendant près de 18, 19 ans, a fait un travail formidable dans ce secteur. Ce n’était pas facile, il était nouveau dans la politique, nous avons lancé ce mouvement en 2000 et beaucoup d’entre nous savent comment cela a été compliqué de se battre, d’abord contre le régime militaire et ensuite un régime civil pire que le régime militaire. Nous sommes aujourd’hui arrivés à la fin de ces travaux. Je voudrais dire à chacun d’entre vous que c’est une mission qu’on vous a confiée. Cette mission, vous devez repartir avec cela en remerciant les organisateurs, mais surtout en remerciant tous ceux qui ont apporté le défi de combattre les routes. Je sais qu’il y en a qui ont dormi deux jours en route avant d’arriver ici. Donc, je ne sais pas, quand on voit ce qui se passe sur ces voies-là, on se pose vraiment des questions. Je sais que vous avez dû lutter contre cela pour arriver jusqu’à Conakry. Venir ici 48 heures, travailler avec tout le monde, prendre les messages avec vous… Et je souhaite qu’à votre retour, vous soyez les porte-parole du parti au niveau du bureau central, en rendant compte de ce pourquoi vous êtes venus ici, et surtout en leur disant que la nouvelle orientation du parti pour le combat fructueux, c’est cela. Merci à tous ! »

Décryptage : Maciré CAMARA

+224 628112098

 

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