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Zhang Rujun, General Manager de CWE : ‘’Souapiti va résoudre complètement le problème de la desserte de l’énergie en Guinée’’

GRANDE INTERVIEW. China Power International Water & Electric Corporation en abrégé (CWE) est une des filiales du Group Trois Gorges. Elle est une plate-forme internationale et dispose d’une expérience de travail en Outre-mer de plus de 60 ans. Basée à Xicheng District, à Beijing, CWE intervient en Guinée, particulièrement, dans la construction des barrages hydroélectriques.

Le journaliste Amadou Kendessa Diallo avec le DG de CWE

En Guinée, CWE a construit deux barrages hydroélectriques Kaléta et Souapiti (en cours de réalisation). China Investment a rencontré, le jeudi 16 août 2019, le CEO de CWE succursale en Guinée. Ancien Directeur du projet Kaléta, Zhang Rujun, connaît parfaitement les projets cités ci-haut. « C’est pourquoi la CWE m’a désigné comme représentant général en Guinée », affirme-t-il à China Investment.

Concentrée avant sur « les appels internationaux », la CWE est aujourd’hui plus attirée par les projets OPC. Elle est devenue de « plus en plus aujourd’hui, un investisseur sur les centrales de petites et de moyennes tailles en faisant la construction et l’exploitation ».

S’agissant des relations de coopération entre la CWE et la Guinée, Zhang Rujun affirme qu’elles datent de 1963. Car, « notre première centrale en Guinée s’appelle la centrale hydroélectrique de Kinkon construite en 1963. Après cette dernière, on a construit aussi celle de Tinkisso en 1972 », souligne-t-il.

D’ailleurs, affirme le représentant général de CWE en Guinée, « jusqu’à présent, notre société a toujours des équipes techniques sur les centrales de Kinkon et de Tinkisso pour la maintenance et la fourniture des assistances techniques. Ce qui veut dire que la CWE a une histoire de près de 56 ans en Guinée ». Lisez l’interview avec le représentant général de CWE, Zhang Rujun

China Investment : China Power international Water &Energy Corporation est un groupe chinois présent en Guinée. Vous avez construit le barrage de Kaleta et vous êtes en train de construire le barrage de Souapiti, l’un des plus grands de la sous-région. Pouvez-vous nous dire aujourd’hui le niveau de l’avancement des travaux dans ce barrage ?

Zhang Rujun : La centrale hydroélectrique de Souapiti a été développée en collaboration avec le gouvernement guinéen sous forme de PPP (Partenariat public-privé) et les travaux ont démarré le 1er avril 2016. Cela fait déjà plus de trois ans. On peut dire aujourd’hui que la construction de la centrale hydroélectrique de Souapiti respecte le planning. Les chiffres sur les principaux ouvrages l’attestent. Aujourd’hui, pour la mise en œuvre du béton du barrage, on a déjà atteint un niveau de 86%. Et le béton au niveau de l’usine, nous avons déjà fini 98%.  Et la fuite d’eau, nous avons atteint 94%. En ce qui concerne les installations hydromécaniques de l’usine, elles avancent au regard du planning.

En conclusion, je puis dire que la construction de la centrale hydroélectrique de Souapiti, tout est sur le planning et la cadence des travaux est sous notre contrôle.

China Investment : A quand la finition du barrage de Souapiti ?

Zhang Rujun : Au planning du développement de la Centrale hydroélectrique de Souapiti, nous l’avons prévu à la fin du mois de septembre de l’année 2020.  Ce sera la mise en service de la première turbine du premier groupe. A la fin du mois d’octobre, on mettra en services le deuxième groupe et à la fin du mois de novembre, la mise en service du troisième group et enfin, au mois de janvier 2021, on aura le quatrième groupe.

Pour rappel, la mise en service du barrage de Kaléta a permis de doubler la production électrique en Guinée. Mais pourquoi, on est encore pressé pour la mise en services de Souapiti ? Je vais vous donner une petite clarification pour vous faire comprendre l’urgence aussi de Souapiti. Aujourd’hui, ceux qui vivent en Guinée, savent la différence avant et après l’arrivée de Kaléta. Il y avait un manque de courant caractérisé par des coupures intensives surtout pendant la journée.

Avec l’arrivée de Kaleta, la desserte à Conakry s’est beaucoup améliorée surtout pendant la saison des pluies. Vous savez la situation géographique du barrage de Kaléta. Elle a une capacité de retenue journalière, c’est-à-dire qu’elle n’a pas une grande retenue. Cela veut dire que pendant la saison des pluies, elle pourra donner pleinement la production. Mais pendant la période d’étiage, elle sera dans une situation difficile.

En une phrase à expliquer sur la centrale hydroélectrique de Kaleta, on pourra dire en saison de pluie, il y a plein d’eau pour que Kaleta fasse sa production mais pendant la saison sèche, il sera difficile parce qu’il n’ya pas assez d’eau. Contrairement à Souapiti qui a une grande retenue d’eau et une capacité de stockage d’eau de 7 milliards de mètres cubes.

Cela veut dire quand même qu’avec la régulation de la grande retenue de Souapiti, elle pourra bonifier la retenue de Kaleta. Après la réalisation de Souapiti, la retenue de la centrale pourra alimenter celle de Kaleta pendant les 12 mois de l’année. Ce qui lui permettra d’avoir une stabilité de production pendant l’année qui pourrait améliorer la desserte à Conakry. C’est ce qu’on appelle l’exploitation en cascade.

Si la Guinée a les deux centrales qui fournissent de l’énergie stable, cela pourrait l’aider à développer tout ce qui est de l’industrie ou tout ce qui est du domaine commercial en Guinée. Nous donnons toujours une clarification sur la liaison de ces deux centrales. Parce que, moi, je suis un ingénieur et c’est une occasion pour moi de faire cette explication.

China Investment : Pensez-vous qu’avec le lancement de la centrale hydroélectrique de Souapiti, le manque de courant électrique sera comblé à Conakry et dans les villes de l’intérieur ?

Zhang Rujun : L’augmentation du besoin en électricité en Guinée passe chaque année de deux chiffres. Tous les besoins en énergie de la Guinée durant l’année 2018 en capacité se chiffrent à 393 mégawatts. On peut dire que les besoins annuels en quantité d’énergie en Guinée sont au tour de 1800 GW/h. La capacité d’installation aujourd’hui en Guinée, la totalité, est de 367 mégawatts. Dans tout, Kaleta a pris 240 mégawatts. Et les autres sont des petites centrales hydroélectriques ou bien des centrales thermiques. Quand on voit ces chiffres-là, on peut dire que la desserte de l’énergie de la Guinée s’est déjà résolue.

Mais si on développe réellement la ligne de distribution en tenant compte des autres régions qui n’ont pas de l’énergie et en tenant compte de la stabilité de l’énergie surtout pendant la saison sèche, cela nous fait quand même des difficultés. Or, pour développer l’économie, on a besoin de l’électricité.

Si on met en service la centrale hydroélectrique de Souapiti, la capacité d’installation hydroélectrique pourra atteindre 831 mégawatts et la capacité de production d’énergie, atteindrait en un an 3 559 GW/h.

Selon notre estimation, en 2021, les besoins en installation en Guinée atteindront 568 mégawatts et les besoins en quantité d’énergie pourraient atteindre 2004 GW/h.

On peut dire qu’après la mise en service de Souapiti, on peut régler deux grands problèmes importants. Le premier, ce sera la structure de l’alimentation en énergie. Cela veut dire quand même pendant toutes les saisons (pluie et sèche), on pourra avoir une stabilité de l’alimentation en énergie. Le deuxième point, c’est après la mise en service de la centrale hydroélectrique de Souapiti, cela va résoudre complètement le problème de desserte de l’énergie en Guinée.

Et aussi on va dire que Souapiti va jouer non seulement un rôle de l’alimentation en Guinée mais aussi livrer de l’énergie à travers la ligne d’interconnexion vers les pays voisins comme le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Ceci est un engagement de la Guinée envers ces pays-là.

On a toujours dit que la Guinée est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Une fois qu’on aura fini de réaliser la centrale de Souapiti, on peut dire que l’on est conforme à cette qualification. (…) L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) est en train de mettre en œuvre une ligne d’interconnexion qui va relier les quatre pays membres comme le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Gambie et la Guinée. Il y a aussi une autre ligne d’interconnexion importante qui est la ligne CLSG (Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Leone, et Guinée).  Elle est en cours de construction.

A cela, il faut ajouter l’autre ligne d’interconnexion développée par l’OMVS (organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal) qui reliera la Guinée, le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire.

A part la construction de la Centrale hydroélectrique de Souapiti, CWE a aussi signé un autre contrat avec EPC sur la construction d’une ligne de haute tension qui va lier Linsan, Dabola, Kouroussa et Fomi. Nous sommes en train de chercher la mobilisation du financement.

Outre cela, l’Etat guinéen a programmé une autre ligne très importante au niveau de la Basse Côte qui va quitter Manéah pour Kamsar, Boffa, Boké et Gaoual. C’est une ligne stratégique très importante.

Selon nos estimations, si nous arrivons à réaliser toutes ces lignes d’interconnexion importantes, la centrale hydroélectrique de Souapiti va faire une grande bonification pour la vie sociale des populations de la sous-région.  Elles apporteront un grand changement dans leur vie.

China Investment : Qui finance la réalisation de Souapiti ?

Zhang Rujun : Tout à l’heure, je vous ai déjà dit que la Centrale hydroélectrique de Souapiti va être développée sous forme de PPP (partenariat public privé) entre l’Etat guinéen et trois Gorges avec CWE. Le montant de développement de ce projet a atteint la bagatelle d’un milliard cinq cent soixante-sept mille dollars américains. Vous savez trois gorges est un groupe qui a des domaines d’investissement, d’exploitation et la construction qui est dans le domaine de l’hydroélectrique.

Jusqu’à la fin de l’année 2018, les actifs du trois gorges ont atteint 110 milliards de dollars US. La capacité sous contrôle du groupe Trois gorges a dépassé les 70 millions de mégawatts. On peut affirmer que notre groupe a une grande capacité sur les investissements surtout au niveau du financement.

China Investment : En 2014, la Guinée a été frappée par l’épidémie Ebola. Les compagnies chinoises particulièrement CWE, y sont restées malgré les risques sanitaires. Quelles étaient les motivations qui vous ont poussé à rester ?

Zhang Rujun : Comme vous le savez, l’épidémie Ebola est apparue au début de l’année 2014. Ceci a coïncidé au moment le plus important pour la construction de la centrale de Kaléta. A l’époque, nous avions 867 employés chinois contre 2 056 employés guinéens.

Dans le cadre de la lutte contre Ebola, il faut signaler que nous avions travaillé étroitement avec l’Etat guinéen. Nous avons établi des systèmes d’informations que nous prenions tous les jours (sur l’évolution de l’épidémie en Guinée). Nous avions pris non seulement des mesures strictes pour contrôler tous ceux qui venaient au chantier mais aussi un système de gestion ferme sur le chantier de Kaléta pour garder la sécurité et la communication. Nous avions des équipements, des médicaments et on sensibilisait tous les jours nos employés au niveau du chantier. Nous avons pris toutes les mesures de précaution et de protection et toutes les populations environnantes ont été protégées aussi par les mêmes mesures.

Je veux dire qu’avec l’arrivée d’Ebola, l’Etat guinéen a consenti des grands efforts pour la continuité du chantier de Kaléta. Nous avions invité aussi les experts chinois à venir donner des cours pour sensibiliser nos travailleurs pour qu’ils puissent prendre eux-mêmes les mesures de protection.

Malgré Ebola, nous avons pris des dispositions scientifiques parce que nous savions l’importance de la Centrale hydroélectrique de Kaléta pour le peuple guinéen et l’Etat guinéen. Le soutien du peuple et de l’Etat guinéen nous a motivés davantage à continuer les travaux sur le chantier à l’époque. C’est pourquoi quand on parle de Kaléta, les gens nous respectent. La construction de cette centrale hydroélectrique est un rêve de cent ans pour le peuple guinéen. Nous avons respecté le délai et la construction est de qualité.

C’était important aussi pour nous de finir la centrale dans le délai pour le respect du peuple de Guinée et du gouvernement guinéen.

Depuis quand la CWE a-t-elle commencé à travailler en Guinée et quel a été son apport ?

Zhang Rujun : A partir des années 1963, on a commencé la construction des petites centrales hydroélectriques. Ensuite, on a fait la construction sous la forme EPC la centrale de Kaléta mais aussi on a construit la ligne de réhabilitation de Manéah jusqu’à Tombo. Nous travaillons avec l’Etat guinéen dans le cadre du PPP.  Cela veut dire quand même Trois Gorges a fait des investissements en Guinée. On a toujours de l’espoir pour le développement de la Guinée. Nous avons vu nous-mêmes le changement du climat d’investissements dans ce pays. Ce qui a amélioré le niveau de vie des Guinéens et le développement économique du pays.  A notre tour, nous avons montré la responsabilité de notre société à l’égard des populations guinéennes. Avec Kaleta, nous avons créé beaucoup de postes d’emplois pour les Guinéens.

Avec Souapiti, on attend un grand changement sur l’alimentation de l’énergie en Guinée. Notre souhait est de continuer à travailler avec la Guinée pour son développement économique en élargissant notre coopération avec les sociétés locales en Guinée. Notre objectif est de développer une forte amitié pour un destin commun.

Cette année est le 60e anniversaire de la coopération entre la Chine et la Guinée. Il faut préciser que la Guinée a été le premier pays au sud du Sahara à tisser une relation diplomatique avec la Chine.

Comment avez-vous trouvé le climat d’investissement en Guinée ?

Ce que je peux dire, ces dernières années, le climat d’investissement a connu des grandes réformes. Et cela non seulement pour les sociétés chinoises mais aussi celles internationales. Il y a en Guinée aujourd’hui des sociétés américaines, françaises, iraniennes, indiennes qui ont investi ou qui ont augmenté l’investissement en Guinée.  L’Etat guinéen doit toujours mettre les efforts pour attirer les investisseurs en renforçant la construction des infrastructures. Il doit aussi garantir les intérêts des investisseurs. Pour les entreprises qui veulent investir en Guinée, nous les invitons à respecter la loi en Guinée et avoir une bonne entente avec la population.

Amadou Kendessa Diallo, depuis la Chine

 

 

 

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1 Comment

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  1. CONDÉ ABOU

    22 août 2019 at 13 h 35 min

    Beau reportage et congratulation Cher Mr. Amadou Kendessa Diallo pour la qualité de ce papier.

    Quand on pense aux barrages de Kinkon, Tinkisso, construits depuis les années 60, l’on est que très fier du choix porté sur cette entreprise Chinoise, retenue pour la construction de Kaléta et Souapiti sur le légendaire fleuve Konkouré.

    Difficile de croire que notre génération aurait eu la chance de voir un jour ces deux barrages construits, tellement leur histoire est longue et compliquée.

    Sincères félicitations et très bon séjour en Chine Cher Monsieur Diallo. Merci pour la courtoisie de Médiaguinée.

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