🛑Variant Covid : Alpha Condé demande à renforcer la surveillance à nos frontières, notamment avec le Libéria et la Sierra-Leone

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Conakry, le 22 Juillet 2021 – La session ordinaire du conseil des ministres, s’est tenue, ce jeudi 22 Juillet, de 10h15 Ă  12h, par vidĂ©oconfĂ©rence, sous la PrĂ©sidence, de son Excellence, Professeur Alpha CondĂ©, PrĂ©sident de la RĂ©publique.

Les points inscrits Ă  l’ordre du jour, Ă©taient les suivants :

1- Messages de son Excellence Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique 

2- Compte rendu de la session du conseil interministériel du Mardi 13 juillet 2021

3- DĂ©cisions

  • Au titre du premier point de l’ordre du jour,

Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, son Excellence, Professeur Alpha CondĂ©, Ă  l’entame de son propos a rappelĂ© avec autoritĂ© le caractère inĂ©luctable de la doctrine du « Gouverner Autrement Â». Il a indiquĂ© que cette doctrine induit de fait une modification drastique de notre approche de la gestion de l’Etat qui dĂ©coulera inexorablement sur une transformation profonde de notre modèle Ă©conomique. En effet, il a indiquĂ© que la valeur travail doit constituer le socle de notre modèle de sociĂ©tĂ© afin que la GuinĂ©e produise plus, exporte plus et par consĂ©quent importe moins.

Il a donc exhortĂ© le Gouvernement Ă  Ĺ“uvrer dans ce sens afin que la GuinĂ©e devienne, comme il l’ambitionne, la seconde Ă©conomie de la sous-rĂ©gion après le NigĂ©ria.  

Le Chef de l’Etat, constatant avec regret le faible taux d’absorption des financements extérieurs mis à la disposition de la Guinée a ordonné à l’ensemble des membres du Gouvernement de procéder, dans les départements dont ils ont la charge, à une évaluation rigoureuse du niveau d’exécution des projets en cours mais aussi de l’état de préparation des projets en perspective. Il a indiqué que la situation ainsi obtenue fera l’objet d’une analyse croisée avec celle présentée par les principaux bailleurs de fonds qui accompagnent notre pays, le tout sous la supervision du Ministère du Plan et du Développement Economique.

A ce propos, il a rappelé au ministre en charge du Budget de toujours s’assurer prioritairement de la sécurisation des fonds de contrepartie lors de la préparation de la Loi de Finances.

Le PrĂ©sident a averti qu’il veillera dĂ©sormais personnellement sur l’exĂ©cution des projets de dĂ©veloppement sur Financement ExtĂ©rieur Ă  travers une cellule technique qui sera placĂ©e sous son autoritĂ© directe.                                                                                        

Le Président de la République, dans le cadre de l’assainissement de la gestion des deniers publics, a instruit au Ministre du Budget de veiller scrupuleusement à ce que tous les paiements destinés à l’Etat soient faits directement dans les comptes bancaires qui auront été identifiés à cet effet ou par le biais de transactions électroniques.

Dans le même ordre d’idée, il a ordonné à ce que le Ministre prenne des dispositions urgentes pour informer largement les populations guinéennes sur les services publics fournis gratuitement par l’Etat.

A ce titre, il a exigĂ© qu’un programme de mise en Ĺ“uvre de ces directives assorti d’un calendrier d’exĂ©cution lui soit prĂ©sentĂ© dans les meilleurs dĂ©lais.  

Le Chef de l’Etat a ordonnĂ© au Ministre en charge des Affaires Etrangères de poursuivre le processus de rationalisation de la participation de la GuinĂ©e aux Organisations et Institutions internationales. Pour se faire, il a demandĂ© que la GuinĂ©e se retire de toutes les Instances ne prĂ©sentant aucun intĂ©rĂŞt stratĂ©gique pour le pays, et pour les autres, il a exigĂ© Ă  ce qu’il soit procĂ©dĂ© Ă  une classification par importance et par utilitĂ© tout en mettant en exergue les organisations pour lesquelles l’adhĂ©sion de notre pays a fait l’objet de ratification par le Parlement.

Il a Ă©galement instruit le Ministre de produire un Ă©tat dĂ©taillĂ© du paiement de nos contributions afin de clarifier la situation Ă  date des arriĂ©rĂ©s de cotisation.      

Le PrĂ©sident de la RĂ©publique a rĂ©itĂ©rĂ© avec force au Ministre en charge de la SantĂ© de prendre des mesures Ă©nergiques afin de renforcer sĂ©rieusement la surveillance Ă  nos frontières aĂ©rienne et terrestre au regard de la recrudescence de cas positifs et de l’apparition de variant du Coronavirus dans certains pays voisins, notamment la Sierra-LĂ©one et le LibĂ©ria.

Dans le même ordre d’idées, il a insisté sur la nécessité d’accroître sensiblement les tests PCR compte tenu du nombre important de cas asymptotiques identifiés.

En outre, le Président a exhorté le Ministre en charge des Affaires Etrangères de diligenter la finalisation des discussions en cours avec nos partenaires pour l’obtention de doses vaccinales supplémentaires afin d’intensifier la cadence de vaccination des populations guinéennes.

Enfin, le Chef de l’Etat a instruit le Ministre de l’Environnement, des eaux et ForĂŞts Ă  poursuivre et amplifier les enquĂŞtes relatives Ă  la coupe illĂ©gale du bois, notamment dans la PrĂ©fecture de Koubia. Il a demandĂ© au ministre de travailler en Ă©troite collaboration avec le Ministre en charge de la Justice afin que tous les coupables soient identifiĂ©s et traduits devant les juridictions compĂ©tentes.

Le Président a également ordonné au ministre de lui soumettre un chronogramme précis portant sur l’exécution des différentes campagnes de reboisement planifiées en insistant sur le fait que celles-ci devront se faire sous la supervision des Préfets et Gouverneurs concernés.

  • Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, 

Le Premier Ministre a fait le compte rendu de la session ordinaire du Conseil Interministériel du 13 juillet 2021

Le Conseil a entendu successivement :

Le Ministre des Affaires Etrangères et des GuinĂ©ens de l’Etranger qui, conformĂ©ment aux instructions du Chef de l’Etat, a fait une communication relative Ă  la situation des Organisations et Institutions Internationales au titre des contributions de la RĂ©publique de GuinĂ©e.

Le Ministre a rappelĂ© que lors du Conseil des Ministres du 13 dĂ©cembre 2018, une Commission interministĂ©rielle avait Ă©tĂ© mise en place pour rĂ©flĂ©chir sur « la pertinence de l’affiliation de notre pays aux diffĂ©rentes institutions et de dĂ©finir de nouveaux critères d’adhĂ©sion aux organisations internationales Â». L’objectif Ă©tant de rationaliser les affiliations et gĂ©rer de manière plus efficiente les ressources allouĂ©es Ă  cet effet.

En application de cette décision, le Premier Ministre a adressé une lettre circulaire à tous les Ministres pour les inviter à fournir les informations pertinentes sur chacune des organisations et institutions internationales auxquelles leurs Départements sont affiliés. A propos, il devait être précisé, entre autres : l’importance de l’Organisation ou l’Institution d’affiliation, la présence ou non de cadres guinéens en son sein, le montant des contributions annuelles ainsi que des arriérés dus.

Parallèlement, le Ministère en charge des Affaires Etrangères a demandé au ministère du Budget de lui transmettre la situation des paiements effectués au titre des contributions internationales de 2011 à 2020.

Ainsi, sur la base des réponses fournies par 33 ministères, de l’exploitation du fichier du ministère du Budget ainsi que des données transmises par les missions diplomatiques guinéennes, les informations compilées donnent ce qui suit :

  • 260 Organisations et Institutions internationales ont Ă©tĂ© identifiĂ©es au titre de l’affiliation de la RĂ©publique de GuinĂ©e ;
  • Pour la majoritĂ© de ces affiliations, les instruments juridiques ne sont pas disponibles ;
  • La majoritĂ© des ministères n’a pas renseignĂ© toutes les informations demandĂ©es dans la circulaire du Premier Ministre, notamment celles portant sur la prĂ©sence des cadres guinĂ©ens au sein des organisations et institutions relevant de leur compĂ©tence ;
  • Quatre DĂ©partements ministĂ©riels ont indiquĂ© n’être affiliĂ©s Ă  aucune Organisation ou Institution internationale ; il s’agit des Ministères des Hydrocarbures, CitoyennetĂ©, Enseignement technique, Affaires religieuses ;
  • Douze Organisations internationales ont plusieurs ministères tutelles Ă  la fois, tandis qu’une trentaine pour lesquelles des cotisations ont Ă©tĂ© payĂ©es n’ont pas de tutelle prĂ©cise ;
  • Le montant consolidĂ© des contributions annuelles non payĂ©es Ă  date s’élève Ă  8 896 737 USD et celui des arriĂ©rĂ©s Ă  30 495 684 USD ;
  • La majoritĂ© des paiements annuels effectuĂ©s provient des « dĂ©penses communes Â» en raison de la faiblesse des crĂ©dits allouĂ©s au budget du Ministère des Affaires Etrangères et des GuinĂ©ens de l’Etranger, Ă  cet effet.

Par ailleurs, la note de communication du Ministre rĂ©vèle les situations ci-après :

  • Des demandes de paiement de cotisations ont Ă©tĂ© faites en faveur d’organisations pour lesquelles aucune information n’est disponible quant aux formalitĂ©s d’adhĂ©sion ;
  • Des DĂ©partements ministĂ©riels ont fait des demandes de paiement de cotisations pour des Organisations qu’ils n’ont pas mentionnĂ©es sur la liste des Organisations sous leur tutelle.

Se fondant sur ces constats et pour poursuivre le processus, le Ministre sollicite des DĂ©partements ministĂ©riels la revue des tableaux fournis en vue des actions suivantes :

  • Confirmer leur tutelle sur les organisations identifiĂ©es ;
  • ProcĂ©der aux corrections nĂ©cessaires (oubli, omissions et autres) ;
  • Identifier les organisations sans tutelle prĂ©cise qui relèvent de leur compĂ©tence.

Le Ministre se propose de soumettre des critères de rationalisation des affiliations une fois que les informations ci-dessus seront renseignées. Il propose en outre que toute nouvelle adhésion à une Organisation internationale soit subordonnée à l’avis préalable du Conseil des Ministres.

Au cours des dĂ©bats, les observations ont portĂ© sur ;

  • La nĂ©cessitĂ© d’adhĂ©rer aux organisations et institutions en fonction de leur pertinence pour notre pays ;
  • La Mise en place d’un mĂ©canisme de suivi des contributions
  • La nĂ©cessitĂ© de favoriser la tenue en GuinĂ©e des rĂ©unions statutaires des organisations et institutions auxquelles notre pays est affiliĂ© ;
  • La nĂ©cessitĂ© de combler le vide juridique concernant l’adhĂ©sion des Institutions constitutionnelles de notre pays dans les Organisations Internationales.

Au terme des débats, le conseil a félicité le Ministre pour le travail accompli permettant d’avoir à terme, une situation claire et précise de l’appartenance de notre pays aux organisations et institutions internationales ainsi que les propositions de solutions envisagées. Le conseil a également demandé aux ministres d’examiner et de compléter le cas échéant, les documents soumis par le Ministre des AE, de préciser les tutelles desdites institutions ainsi que leur avis quant à la pertinence d’en rester membre. Il a été également demandé de mettre l’occasion à profit pour reconstituer les instruments juridiques d’adhésion.

Le Conseil a ensuite demandé aux Ministères des AE et à celui du Budget d’envisager de loger les budgets des Organisations au niveau de leurs départements de tutelle technique afin d’en assurer un suivi plus adéquat. Concernant, les organisations à caractère transversal, les budgets resteront logés au niveau du Ministère des AE.

Le Conseil a recommandé l’adoption de ce Compte rendu d’étape et demandé au Ministre de poursuivre le travail et soumettre les résultats dans deux semaines au conseil interministériel.

Le Ministre en charge des Investissements et des Partenariats Publics PrivĂ©s qui a fait une communication sur l’élaboration d’une stratĂ©gie de branding visant Ă  crĂ©er une identitĂ© visuelle et le slogan pour promouvoir le label GuinĂ©e sous son meilleur jour Ă  l’Expo 2020 Ă  DubaĂŻ.

Cette stratĂ©gie sera mise en Ĺ“uvre par une campagne de communication dont l’objectif est de :

  • Faire connaĂ®tre les initiatives prises par le PrĂ©sident de la RĂ©publique pour stimuler les investissements ;
  • PrĂ©senter les rĂ©formes entreprises par le Gouvernement pour diversifier l’économie et amĂ©liorer le climat des affaires;
  • Promouvoir les multiples opportunitĂ©s d’investissements, particulièrement dans les secteurs liĂ©s Ă  l’eau Ă  savoir l’agriculture, l’énergie, le tourisme, le transport, les infrastructures etc;
  • Mettre l’accent sur la position de la GuinĂ©e en tant que couloir d’accès au marchĂ© de l’Afrique de l’Ouest et la valeur ajoutĂ©e que cela apporte aux investisseurs;
  • Vulgariser la participation de la GuinĂ©e Ă  Expo 2020 DubaĂŻ.

Au terme de l’exposé, le conseil a pris acte de la plaidoirie du Ministre.

Le Gouverneur de la Banque Centrale de la RĂ©publique de GuinĂ©e qui a fait une communication relative Ă  la prĂ©sentation du document de StratĂ©gie Nationale d’inclusion Financière (SNIF) en RĂ©publique de GuinĂ©e.

Le Gouverneur de la Banque centrale a informé que le document de Stratégie Nationale d’Inclusion Financière s’étend sur la période de 2020 à 2023 et s’inscrit en droite ligne du Plan National de Développement Economique et Social qui a pour objectif de conduire la Guinée à l’émergence et à la prospérité à l’horizon 2040, à travers un mieux-être des populations et une réduction significative de la pauvreté.

Il a rappelé que qu’en 2014, le développement du secteur de la micro-finance avait conduit à l’élaboration et à l’adoption d’une Stratégie Nationale d’Inclusion Financière qui s’étendait sur la période 2013-2017.

Il a indiqué que cette stratégie n’avait pas pu être entièrement mise en œuvre, car rendue largement caduque par l’évolution du contexte et l’apparition de nouveaux acteurs de la finance inclusive que sont les Emetteurs de monnaie électronique, Fintechs, etc. D’où la pertinence d’élaborer une nouvelle SNIF, avec pour préalable la réalisation d’un diagnostic approfondi de l’inclusion financière en vue de clarifier les enjeux, les services et les acteurs du secteur.

Le principal objectif de la SNIF est de permettre aux populations d’avoir accès aux services financiers.

Pour élaborer la SNIF 2020-2023 une étude diagnostique a été réalisée en 2018 avec l’assistance de la Banque Mondiale et validée par le gouvernement guinéen, le secteur financier, les partenaires techniques et financiers de la Guinée.

L’étude a abouti aux conclusions suivantes :

  • renforcer le secteur financier et dĂ©velopper des innovations en vue d’une plus grande inclusion financière ;
  • capitaliser sur les rĂ©alisations de la SNIF 2013-2017 ;
  • tenir compte du dĂ©veloppement continu de la demande et de l’offre des services et produits financiers ;
  • amĂ©liorer les conditions d’accès, d’information, d’éducation et de protection du public en gĂ©nĂ©ral, et des consommateurs de services financiers en particulier.

Un comité de pilotage présidé par Son Excellence Monsieur le Premier Ministre et composé du Gouverneur de la BCRG, des Ministres en charge des Finances, de l’Agriculture, des Télécommunications, des PME/PMI, des représentants du secteur privé, du secteur financier, des organisations professionnelles et agricoles a été mis en place. Il est chargé de lancer et de coordonner les activités prévues dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie.

Une cellule d’exécution du projet a été créée à la Banque Centrale. Elle est dirigée par le Directeur Général de la supervision des institutions financières et composée des représentants de la Direction chargée de la supervision des Banques et Assurances, de la Direction des statistiques et de la Direction du système et de moyens de paiements.

Pour promouvoir l’inclusion financière en GuinĂ©e, le document de SNIF a identifiĂ© les sept (7) axes stratĂ©giques suivants :

Axe 1 : Renforcer la supervision du secteur des Institutions Financières, amĂ©liorer la prĂ©vention des faillites pour un secteur financier solide et pĂ©renne.

Axe 2 : AmĂ©liorer le cadre rĂ©glementaire pour le dĂ©veloppement de la finance numĂ©rique.

Axe 3 : Renforcer les infrastructures de paiement.

Axe 4 : RĂ©duire les contraintes d’accès aux services financiers et amĂ©liorer l’offre.

Axe 5 : Renforcer la protection du consommateur pour amĂ©liorer la confiance dans le système financier.

Axe 6 : Renforcer l’éducation financière des populations.

Axe 7 : Assurer le suivi-Ă©valuation de la stratĂ©gie et mesurer les progrès de l’inclusion financière en vue des adaptations nĂ©cessaires.

Au terme de l’exposĂ©, le conseil a demandĂ© au Gouverneur de s’assurer du fonctionnement correct des organes de gouvernance du SNIF notamment le ComitĂ© de Pilotage et d’ouvrir l’équipe exĂ©cutive Ă  d’autres acteurs que les seuls services de la BCRG.  Le Conseil a sous rĂ©serve des observations ainsi formulĂ©es recommande l’adoption de ce document comme StratĂ©gie du gouvernement en matière d’inclusion financière.

Le Conseil des Ministres

Amara SOMPARE, Ministre de l’Information et de la Communication

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