Eradication du Covid-19 en Guinée : un vrai challenge pour les autorités sanitaires (Par Safayiou Diallo)

DIALLA Mamadou
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La Guinée fait face actuellement à une crise économique provoquée par la Maladie Coronavirus au début du premier trimestre de l’année 2020. L’existence de cette maladie a été confirmée en Guinée le 12 mars 2020. Selon les statistiques officielles de l’ANSS, la maladie a déjà atteint 16 personnes dont 7 personnes ce dimanche 29/03/2020 et plus 1101 contacts. En dépit des déclarations de l’urgence sanitaire renforcée le 26 mars 2020 suite au discours du Chef de l’Etat guinéen assorties de diverses mesures destinées à restreindre la propagation de la maladie, l’épidémie a déjà touché quelques communes de la capitale Conakry.

Avant le déclenchement de cette crise, les perspectives économiques de la Guinée étaient favorables à une croissance soutenue. Pour 2020, les autorités fixent un objectif de croissance de 6,3% du PIB. A notre avis, cette croissance doit être revue à l’image de celle mondiale qui est passée de 2,9% à 2,4% en raison des risques de récession de l’économie mondiale.

L’épidémie du Coronavirus apparait pour créer une psychose généralisée dans tous les secteurs économiques. Elle risque d’entrainer des dépenses publiques supplémentaires ainsi que le report et/ou l’arrêt de certains projets d’investissements. Le secteur touristique sera fortement éprouvé en raison de la suspension des vols de certaines compagnies aériennes à destination et en provenance de Conakry. Cette situation sera lourde de conséquences et nécessitera forcément à notre sens une stratégie de relance socio-économique post-Corona car, l’épidémie occasionnera une baisse de la production et des investissements, la hausse du déficit budgétaire et la chute des revenus des ménages.

Par ailleurs, l’augmentation du nombre de cas confirmés découlerait des faibles capacités de détection et de surveillance des maladies, notamment en matière de diagnostic de laboratoire. Ainsi la Guinée est entrée directement dans cette épidémie sans aucune préparation. A date, l’on ne dispose d’aucune procédure adaptée pour les voyageurs en provenance de l’étranger et potentiellement exposés au virus.  

Selon Stiglitz, la crise du Covid-19 est riche d’enseignements, notamment pour les USA. Les virus ignorent les passeports, sont indifférents aux frontières nationales et à la rhétorique nationaliste. La propagation des maladies est un effet secondaire de la mondialisation. Il continue son analyse en soutenant qu’il n’est donc pas étonnant que les autorités sanitaires se montrent inefficace face au Covid-19 surtout qu’elles ne disposent pas des moyens suffisants pour tester les personnes susceptibles d’être atteintes. Cette hypothèse se vérifie dans le cas guinéen car, à date, nous n’avons pas assez de tests pour les personnes exposées (cf. Déclaration du patron de l’ANSS sur les GG).

A notre avis, ce qui se passe actuellement dans le monde, l’on se rend compte que l’épidémie de Coronavirus nous rappelle l’essentiel sur lequel nous devrions nous concentrer. Elle nous montre la voie à suivre et, cela peut être nouveau départ et non une fin en soi. La situation que nous vivons actuellement doit nous conduire à un début de réflexion afin d’apprendre de nos erreurs du passé et les corrigés.

Nous saurons terminer cette tribune sans pour autant proposer quelques pistes de solutions comme tout guinéen soucieux du devenir de notre pays. 

Pour assurer la prise en charge des malades et lutter contre la propagation de la maladie, le Gouvernement devra : i) poursuivre sans relâche les efforts déjà engagés en renforçant la stratégie actuelle afin de parvenir à son éradication rapide ; ii) recruter et renforcer les capacités du personnel de santé à la surveillance épidémiologique ; iii) isoler Conakry de l’intérieur du pays pour éviter la propagation de la maladie ; iv) baisser le prix du carburant puis maintenir le niveau actuel du prix du transport pour pallier aux pertes que pourrait faire face les chauffeurs de taxis et minibus ; v) reporter les échéances des crédits amortissables ;vi) accompagner les personnes handicapées ne pouvant rester à domicile en cas de confinement ; vii) offrir des programmes de formations scolaires pendant toute la journée à la télévision surtout pour les élèves en classes d’examen; viii) installer des quits sanitaires sur les places publiques puis sensibiliser les populations sur le respect des règles d’hygiène ; iX) mettre en place une politique spéciale de relance économique, qui devra comporter des mesures incitatives comme des incitations fiscales, l’amélioration du climat des affaires, l’amélioration des conditions d’accès aux ressources de financement.

Mamadou Safayiou Diallo

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