Et si le 60e anniversaire de l’indépendance de la Guinée m’était conté (Par Bangaly Condé)

Laissé au second plan par les gouvernements précédents depuis la disparition du président Ahmed Sékou Touré, la commémoration de l’anniversaire de l’indépendance du pays de Saïfoulaye Diallo et de Lansana Béavogui n’intéressait plus beaucoup de Guinéens. Pire, certains vont jusqu’à penser à remplacer la date d’anniversaire  du non historique de la Guinée par le malheureux et accidentel événement du 28 septembre 2009.

C’est sur ce constat regrettable que le président Alpha Condé entamera son premier mandat en 2010 avec l’ambition de redonner à la fête de l’indépendance toute sa splendeur, tout son sens et toute sa  ferveur d’antan, comme sous la première République.

L’organisation des fêtes tournantes dans les régions fut le premier coup d’essai du locataire de Sékhoutouréya qui avait à coup sûr un double avantage.

D’abord le réveil de l’instinct patriotique chez certains Guinéens  qui avaient renié à leur souveraineté ou presque. Ensuite la réalisation de l’une des priorités du premier quinquennat du président Alpha Condé, celle de désenclaver certaines préfectures de l’intérieur du pays par la pratique des fêtes tournantes de l’indépendance. C’est à la faveur de cette politique que de nouvelles infrastructures ont poussée comme des champignons dans  plusieurs régions.

Les particularités des festivités de ce 60e anniversaire sont la mobilisation de tous les patriotes Guinéens pour donner à cette date du 2 octobre 2018 tout son pesant d’or, le déplacement de plus d’une dizaine de chefs d’Etat de la sous-région, le discours historique du prof. Alpha Condé  et les manifestations grandioses organisées ici et là à travers tout le pays.

Dans l’enceinte du stade, paré aux couleurs nationales, des portraits de pères fondateurs de la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) et des banderoles à la gloire des artisans de l’indépendance du pays, la grosse parade et les  démonstrations des artistes guinéens ont ému plus d’un.

Mais ce qui a surtout impressionné la nouvelle génération c’est le défilé des corps socioprofessionnels et des forces de défense et de sécurité y compris l’armée nationale.

De mémoire de guinéen, jamais des festivités commémoratives de l’indépendance n’ont été aussi bien organisées comme ce 60e anniversaire depuis la disparition du père  fondateur de la nation en mars 1984. C’est ce qui a fait dire un jeune né après 1984 ceci : « Nous qui sommes nés après la mort du premier président guinéen nous n’avions jamais connu ce genre de manifestation auparavant ».

Des jeunes engagés et impressionnés par les festivités criaient des slogans : « Vive le feu Président Ahmed Sékou Touré, nous sommes fiers de notre indépendance, vive le Professeur Alpha Condé ». C’était trop beau s’exclamait une jeune femme vêtue des couleurs nationales.
Ceci est d’autant plus vrai que le Stade du 28 septembre refoulait du monde comme le jour où le célèbre Hafia football de Conakry a réalisé le triplé continental en battant le Hearts of  Oak du Ghana en 1977.

Avant de commenter ce défilé magnifique qui a surpris plus d’un Guinéen, il sera important d’ouvrir une brèche dans le discours historique du président de la République.

Quand le premier magistrat de la République dit qu’il assume le passé lié à la gouvernance de ses prédécesseurs et qu’il demande pardon à tout Guinéen qui aurait été frustré ou perdrait un proche, il entend ainsi faire l’épilogue de la  campagne de sensibilisation entamée par les deux chefs des deux religions monothéistes pratiquées en Guinée en l’occurrence Imam Ousmane Camara et l’Evêque Vincent Koulibaly.

En rendant un hommage mérité aux artisans de l’indépendance guinéenne avec à leur tête le président Ahmed Sékou Touré et en revoyant nos forces de défense et de sécurité en parade on peut affirmer sans risque de se tromper que « Guinea is back ».

Dans le Stade tout le monde a été émerveillé par la prestation des militaires guinéens. Surtout ces forces spéciales cagoulées, que personne ne connaissait. Le président de la République qui est resté debout tout le long du défilé a été fièrement impressionné par l’armée qui est devenue une armée de Guinée et non une armée en Guinée.

Ceci est le résultat de la vaste réforme de l’armée engagée pendant la transition sous le magistère du Général Sékouba Konaté avec l’appui des Nations Unies. Les militaires ont rejoint les casernes, les armements lourds sont transférés dans les camps militaires, et beaucoup de militaire ont été formés.

Sous la 3ème république, l’armée guinéenne est presque devenue une armée républicaine. Le professeur Alpha Condé continue la réforme engagée par son prédécesseur. Il a augmenté le salaire des militaires et amélioré leurs conditions de vie dans les casernes.

L’armée commence à redevenir une armée de métier qui participe au développement économique et social du pays et marque davantage sa présence dans les contingents militaires des Nations Unies, de l’Union Africaine ou de la CEDEAO.

La réussite des festivités de cet anniversaire est la signature de la commission nationale d’organisation présidée par les ministres Bouréma Condé et Sanoussy Bantama Sow qui n’ont ménagé aucun effort pour émerveiller le peuple de Guinée par leur savoir-faire. Bravo à cette commission et aux spécialistes de la culture guinéenne, Isto Kéira et Jean Baptiste Williams.

Ce 60e anniversaire de l’accession de la Guinée à l’indépendance fut une véritable occasion pour montrer à la face du monde que la Guinée est désormais un pays normal  où tous les espoirs sont permis.

Bangaly Condé « Malbanga »

New York, USA

Print Friendly, PDF & Email

Commentaires

commentaires




One thought on “Et si le 60e anniversaire de l’indépendance de la Guinée m’était conté (Par Bangaly Condé)

  1. ispy

    Malgré vous avez le pouvoir, mais vous continuez toujours à critiquer les pouvoirs précédents alors que l’Etat est une continuité. Quittez maintenant dans la peau des opposants !!!!

    Repondre

Laisser un commentaire