A Kankan, le ministre K² entre annonces et fermeté : ‘’ceux qui viennent dans l’enseignement pour être riches peuvent démissionner’’

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Le coup d’envoi de la rentrée scolaire 2017-2018 a été donné ce vendredi 15 septembre 2017 à Kankan par le ministre de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation, accompagné de Dr Mohamed Diané, ministre de la Défense et du général Bouréma Condé, ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

C’est l’école primaire Boh-Oulén-Kaba de Karifamoriah, située à 6 km de la commune urbaine de Kankan, qui a servi de cadre à la cérémonie de lancement, en présence d’une vingtaine de personnes de ladite localité. Le Complexe Scolaire privé ‘’Nabaya’’ de Karifamoriah et le lycée Morifindjan-Diabaté ont constitué les 2ème et 3ème étapes de cette ouverture des classes par le ministre Ibrahima Kalil Konaté.

Partout, le N°1 de l’Enseignement pré-universitaire a rappelé aux encadreurs et aux élèves les différentes réformes qu’il a eu à engager ces derniers temps dans le système éducatif guinéen.

 

On a modifié notre calendrier scolaire. Au lieu de 7 mois, nous allons faire désormais 9 mois de cours

A cet effet, en s’adressant aux élèves, le ministre Konaté a déclaré ceci : « On a modifié notre calendrier scolaire. Au lieu de 7 mois, nous allons faire désormais 9 mois de cours. Deuxièmement, on a supprimé les fraudes. Il n’y aura plus de fraudes dans les évaluations. On a supprimé les évaluations mensuelles. Maintenant, on a ramené les évaluations trimestrielles et semestrielles. Et au niveau de l’Elémentaire, chaque trimestre, nous allons évaluer les enfants. Troisièmement, désormais il n’y a plus de passage automatique, c’est-à-dire celui qui est en 2ème année va composer pour passer en 3ème année ».

 

On va annuler aussi la Direction nationale des services d’examens. On va créer un Office des bacs. Il y aura plusieurs bacs en Guinée : bac en Mécanique, bac en Electricité, bac en Plomberie, etc.

Poursuivant, il dira : « Vous qui faites le lycée, maintenant on a diversifié les filières. Au niveau de l’Enseignement Secondaire, on a une Direction nationale de l’Enseignement Secondaire et Technique. Maintenant, ça veut dire que nous allons créer des écoles techniques. On va annuler aussi la Direction nationale des services d’examens. On va créer un Office des bacs. Il y aura plusieurs bacs en Guinée : bac en Mécanique, bac en Electricité, bac en Plomberie, etc. »

Ceux qui viennent dans l’enseignement pour être riches, il faut démissionner

S’adressant aux enseignants, le ministre Konaté, dans un ton ferme, a souligné : « Ceux qui viennent dans l’enseignement pour être riches, il faut démissionner. L’Enseignant est riche par les reconnaissances des enfants que nous formons. La Guinée ne changera jamais si les enseignants ne changent pas, si l’école ne change pas, si on ne donne pas un enseignement de qualité. C’est l’école qui doit changer. Et quand l’école change, tout va changer automatiquement ».

Nos programmes sont vieux de 32 ans, alors que les programmes doivent être révisés tous les 10 ans.

Parlant des réformes qu’il envisagerait de faire, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire a indiqué ce qui suit : « Nous allons revoir le programme d’enseignement de l’Education civique. Nous allons le mettre comme une matière avec 2 heures de temps et même le mettre dans le cadre du bac, parce qu’il y a un déficit. Tous les enfants qui brûlent des pneus à Conakry, ce sont des enfants qui n’ont pas bénéficié d’éducation civique. On les a formés jusqu’en 10ème année ; après, on a coupé. Au  lycée, on ne fait pas l’Education civique. On doit continuer le processus pour former les citoyens. Il faut beaucoup d’Education civique. Nous allons revoir. Il y a une division, qu’on appelle curricula, qu’on a créée. On est en train de travailler sur le cursus de formation. Nous, nos programmes sont vieux de 32 ans, alors que les programmes doivent être révisés tous les 10 ans. Donc, ce que nous donnons à nos enfants actuellement, est-ce que c’est ce qui est donné aux enfants de la sous-région. Nous allons faire sortir des experts, ils vont aller s’inspirer de ce qui se passe chez nos voisins. On ne va pas copier mais on viendra tirer profit de ce qu’ils vont envoyer et faire un programme national d’Enseignement »

Interrogé sur le bilan de cette première journée de l’ouverture des classes, le ministre de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation précise : « Selon les informations que nous recevons, il paraît que la rentrée est effective au niveau administratif, c’est-à-dire que dans toutes les écoles, les enseignants sont mobilisés. C’est au niveau des élèves où il n’y a pas eu d’affluence. Mais vous savez que d’habitude, quand on ouvre vendredi, les gens mettent le pont sur le lundi. Donc, je ne suis pas surpris mais mon problème, ce qui m’engage, c’était le côté des enseignants. Dès lors que les enseignants ont reçu leurs cahiers de préparation, ils ont reçu leurs fournitures à usage individuel et collectif, ils ont répondu à l’appel ce matin. Ça c’est un motif de fierté et de réconfort pour moi.»

A rappeler qu’en cette première journée de l’ouverture des classes, les différentes écoles de la commune urbaine de Kankan n’ont pas fait leur plein en termes d’effectifs des élèves. Cependant, les citoyens rencontrés sur place par notre correspondant mettent en avant le contexte économique difficile dans lequel vit la Guinée depuis quelque temps.

Alpha Oumar Koïta, correspondant régional à Kankan

(+224) 622-16-07-20

 

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