Adoption du code électoral : « il y aura des actions devant la Cour constitutionnelle »

Après l’adoption du code électoral par l’Assemblée nationale jeudi, le président du Conseil national des Organisations de la Société civile guinéenne (CNOSCG), Dr Dansa Kourouma, dans un entretien accordé à Mediaguinée le vendredi 24 février, s’est dit très déçu par rapport à l’adoption du point 2 de l’accord du 12 octobre dernier par l’Assemblée nationale.

Pour lui, l’adoption du point 2 de l’accord du 12 octobre est une grande déception. « C’est une déception parce que la passion politique, les intérêts politiques ont eu raison sur l’intérêt général de la population. Je peux attendre cette décision d’un parti politique mais pas d’une assemblée nationale, qui est l’émanation du peuple. C’est une grande déception pour moi. », dit-il. Et de poursuivre en ces termes : « C’est la dictature de la majorité sur la minorité. Et cette dictature est en train de bafouer totalement l’intérêt de la population. Malgré les pétitions, les mobilisations dans la salle, le sit-in et le plaidoyer, les députés sont restés sourds face à la demande sociale. Alors, je demande à toute la population guinéenne de prendre conscience de cette réalité, qu’elle comprenne une fois pour toute que les députés qui sont là ne les défendent pas mais ils défendent les intérêts de leurs états-majors politiques », a déploré Dr. Dansa Kourouma.
Plus loin, le président du CNOSCG a mentionné: « Ceci m’amènera à dire que désormais pour les élections des députés, nous demanderons l’ouverture aux candidatures indépendantes, aux citoyens qui ne sont pas dans les partis politiques à cette assemblée. L’exemple de la Côte d’Ivoire est là. Près du 1/3 des députés de ce pays sont des députés indépendants. Nous demandons à l’opinion et l’ensemble des populations guinéennes de rester remobilisées pour que lors des prochaines élections législatives, nous réduisions le champ d’action des partis politiques pour que les citoyens qui n’ont aucune emprise politique puissent participer à ces élections et être des députés de la République. Ceux-ci seront mieux placés à défendre l’intérêt de la nation et ceux qui sont sous la commande de leurs états-majors politiques défendent l’intérêt de leurs leaders et non l’intérêt de la population. »
Parlant des moyens que sa structure va utiliser pour contrecarrer cette adoption, Dansa Kourouma a confié ceci : « Nous avons deux(2) options. La première, c’est de faire saisir la Cour constitutionnelle pour mettre un bouclier anticonstitutionnel devant ce code électoral. Et pour cela, nous allons commencer à nous remobiliser. Il y aura des actions devant la Cour constitutionnelle pour attirer son attention sur le caractère anticonstitutionnel de ces accords qui s’expriment comme pour étouffer les partis politiques de taille moyenne au détriment de deux(2) formations politiques dont les soubassements sont des soubassements communautaristes et ethniques. Et la 2ème action qui s’offre à nous maintenant également, c’est de continuer la contestation de cette décision auprès de l’ensemble de nos concitoyens, à travers la rédaction d’une pétition. Une pétition qui va cette fois- ci mobiliser le maximum de signatures, qu’on va soumettre à la Cour constitutionnelle dans les 8 jours avant même que la loi ne leur soit transmise. »
Dr Dansa Kourouma n’a pas manqué de prévenir: « Donc, en gros, je suis déçu, outré et encore révolté contre des députés qui ont été insensibles à une demande populaire, qui n’ont été qu’à l’écoute de leurs intérêts. Je prends le peuple à témoin. Cet accord est un piège pour la démocratie. Je l’ai dénoncé depuis le 1er jour et je continuerai à dénoncer. Les partis politiques qui ont cautionné cela à l’Assemblée nationale n’auront que leurs yeux pour pleurer quand ces accords vont se révéler inapplicables dans ce code. Et en ce moment, le peuple donnera raison à qui de droit. »

Par Elisa Camara

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.