Affaire 245 millions gnf retirés à une dame : l’avocat de l’adjudant-chef Zackama Koïvogui clame l’innocence de son client

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L’adjudant-chef Jacques Zackama Koïvogui, officier de police judiciaire, technicien en identification criminelle, président de la 4ème promotion des diplômés de qualification supérieure de Gendarmerie est poursuivi pour “complicité de vol” et placé sous mandat de dépôt par le Tribunal militaire permanent de Conakry dans l’affaire des 245 millions de francs guinéens de la dame au pont du 8-Novembre.

Son avocat est sorti de son silence, à travers un point de presse, qu’il a animé à son cabinet, à Dixinn, ce lundi 1er  novembre, pour apporter des précisions suite à l’incarcération de son client à la maison centrale de Conakry.

Prenant la parole pour la circonstance, Me David Béavogui, avocat à la Cour et Secrétaire Général des Jeunes Avocats a tenu à préciser que c’est un acharnement, car son client ne se reproche  rien, parce que le 8 septembre 2021, au moment des faits au pont 8 novembre, dit-il, son client n’était pas présent. « Ce sont au total 2 agents des forces spéciales qui ont interpellé la dame qui était avec son fils dans la voiture et ils l’ont conduite au chapiteau du Palais du Peuple. Arrivés là, Jacques en tant qu’officier de police judiciaire a été instruit d’auditionner la dame et de faire un procès-verbal (PV). Il a effectivement auditionné la dame qui était avec son enfant et ils ont fait l’inventaire  du montant et ils ont fait un PV signé de cette dame et de son enfant.», explique-t-il.

Poursuivant, cet avocat dira:  «Alors, les 2 éléments, à savoir les soldats 2ème classe Djibril Daffé et Abdoul Salam Faro, étaient agités, ils l’empêchaient même de faire le PV. Pour eux, ce montant saisi ne devait pas faire l’objet de PV et ils devaient se partager l’argent. Il a répondu “j’ai été instruit, laissez-moi faire mon travail et rendre compte à ma hiérarchie”. Il l’a fait et est allé rendre compte au colonel dont je vais taire le nom. Mais il a expliqué que les éléments des Forces spéciales qui ont interpellé la dame ne voudraient pas qu’il garde l’argent, alors on leur a dit comme ils sont agités, laisse les garder l’argent, jusqu’à la fin de l’heure vers les 17h, pour savoir la provenance de l’argent. Lui, il a gardé son PV mais il voudrait qu’ils gardent l’argent dans la voiture de la  dame et qu’ils immobilisent la voiture», a-t-il rappelé devant une quinzaine des journalistes.

Au sortir du bureau du colonel, dit-il, «les enfants n’ont pas accepté, il s’est retourné rendre compte au colonel. A son retour, les enfants ont fui avec les 2 sacs  d’argent. Mais heureusement, il y avait 3 éléments des forces spéciales qui ont vu les 2 agents  embarquer l’argent dans un taxi en direction de la banlieue. À son retour, ils ont dit ‘’Adjudant-Chef, ne vous inquiétez pas, on les a vus partir, allons chez le colonel Doumbouya, qui a demandé d’appeler les enfants mais malheureusement les numéros étaient éteints. Et le président a donné l’ordre, ‘’dans 5 minutes, si je ne les vois pas ici, je vous radie tous’’. Après, ils sont sortis et dans moins de 30 minutes ils ont traqué les enfants, et ils les ont ramenés. Et c’est le même soir que le président de la république les a radiés des effectifs de l’armée. Et le président a dit à Zackama ‘’va continuer ton travail’’.», martèle notre interlocuteur.

Aujourd’hui, son avocat dit être étonné qu’après près de 2 mois, son client soit appelé à 21h de se présenter au Haut commandement. « Dès son arrivée,  il a été confié à un enquêteur en violation de son droit le plus élémentaire…Ce qui est révoltant, il y a une procédure particulière, chacun a un statut, il a une carapace, c’est la loi qui lui a donné ça, mais on le prend, le dossier est déféré et on le met sous mandat de dépôt sans  aucun respect des formalités requises en la matière. Mais je pense que le tribunal militaire saura faire la part des choses.» 

Pour finir, il dit ceci : « Mon client ne se reproche rien et il a le moral très haut,  dans la mesure où les 2 qui ont fui avec l’argent ont effectivement reconnu qu’ils ont fui avec l’argent. Alors, où est l’argent de la dame, qu’ils reviennent avec ce montant, il faut qu’ils disent où ils ont envoyé l’argent…Les deux agents radiés disent que c’est Zackama qui leur a donné l’instruction de fuir avec l’argent, vous ne trouvez pas ça trop bas ».

Il faut rappeler que c’est l’adjudant-chef Jacques Zackama Koïvogui qui avait lu le deuxième communiqué du CNRD à la télévision nationale, après l’éviction du président Alpha Condé au pouvoir le 5 septembre dernier. 

Mamadou Yaya Barry

622266708

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