Affaire Air Guinée : « on est dans une cabale contre le président Cellou » (Kalémodou Yansané)

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Décidemment, les explications sur la vente d’Air Guinée sont loin de connaitre leur épilogue. Ce samedi 16 juillet, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), un des vice-présidents du parti a expliqué à son tour comment le Boeing 737 et le Dash ont été vendus à l’homme d’affaire, Mamadou Sylla.

Au lendemain de la sortie du procureur spécial de la CRIEF, Kalémodou Yansané a jugé nécessaire de sortir des éléments qui selon lui prouvent à suffisance la non participation de Cellou Dalein Diallo dans la vente d’Air Guinée.
« On avait décidé de ne plus parler de Air Guinée. Mais, nous ne pouvons pas ne pas parler de Air Guinée parce que le président Alpha Condé disait que le guinéen : plus le mensonge est gros, plus on croit. Le mensonge est devenu gros, même très gros. Donc, on est obligé de sortir quelques éléments. Aujourd’hui, je vais vous démontrer combien de fois, on est dans une cabale contre le président Cellou. Air Guinée est un bien de l’État guinéen. Il est dans le portefeuille de l’État. Le portefeuille de l’État n’est pas géré par le ministre des transports. Il est géré par le ministère des finances, sous la direction du conseil des ministres, du premier ministre et du chef de l’État », a d’abord lancé Kalémodou Yansané.
Et de souligner : « Je vais vous lire le document que le ministre des finances a signé et remis à Elhadj Mamadou Sylla en exemplaire unique pour dire que gouvernement guinéen fait main levée sur Air Guinée : certificat de main levée : A compter du 13 août 2002, il est donné au groupe Futurelec Holding, la main levée sur le Boeing 732, le Dash 7 et les pièces de rechange, objet de la convention en date du 18 juillet 2002, relative à la concession des équipements et des installations de l’ancienne société anonyme à participation publique dénommée nouvelle Air Guinée dissoute par décret 2002 SGG, du 12 juillet 2002. Ça veut dire quoi ? Depuis 2002, le président Lansana Conté a pris un décret, il a dissout la société. Il a donné l’instruction a qui de droit, au ministre des finances, une convention a été négociée, a été signée et le ministre a fait un papier de main levée. Ce n’était pas Cellou qui a signé. Cheick aussi qui a signé, il a signé suivant un décret que je viens de vous lire.
Le 2ème document est aussi éloquent. Le même ministre qui gère le patrimoine de l’État a écrit au directeur de Futurelec, l’honorable Elhadj Mamadou Sylla aujourd’hui pour lui dire quoi ? En résumé, il lui demande de payer 732 000 dollars à l’aviation civile du Ghana, 285 000 dollars à l’aviation civile du Nigéria. Les dettes que l’État guinéen avait contractées au titre des droits d’atterrissage de Air Guinée dans ces pays. Le ministre des finances a demandé à Elhadj Mamadou Sylla, société privée de payer ces montants en lieu et place de l’État guinéen. Il ajoute plus loin, il dit : en attendant de discuter avec vous les modalités de remboursement par l’État, je vous serai gré des dispositions diligentes que vous voudriez bien prendre pour les paiements impliqués. C’est très clair. Le 1er document, c’est le ministre des finances qui dit qu’à partir d’aujourd’hui, sur instruction du chef de l’État, sur la base du conseil des ministres, l’avion Air Guinée qui est dans le patrimoine de l’État, nous lui cédons à la société Futurelec Holding, c’est très clair. Le 2ème document, il s’adresse à Futurelec. La Guinée doit au Nigéria, la Guinée doit au Ghana, des montants que nous ne pouvons pas payer. Nous vous demandons de payer ces montants au Nigéria et au Ghana. Le document est là. Ça, c’est fait en 2003. L’avion a été cédé en 2002. C’est pour vous dire que le président Cellou n’a été concerné que parce que techniquement, c’est lui qui gère l’avion
», a-t-il indiqué.
Le vice président de l’UFDG soutient que Cellou Dalein Diallo n’a ni géré Air Guinée, n’a ni géré la privatisation de la compagnie, il n’a pas fixé le prix de l’avion et n’a pas participé aux négociations de la vente.
« Dans un document que je vous lirai la prochaine fois, c’est le directeur de l’unité de privatisation Monsieur Camara qui écrit au ministre des finances pour lui faire le compte rendu de la procédure de liquidation. A la fin de son compte rendu, il lui dit que parce que chaque pays est traversé par un avion, a le droit de recevoir ce qu’on appelle les royalties (…). Puisque Air Guinée recevait des royalties de la part de Air France, Air Guinée n’existe plus, le directeur de l’unité de privatisation a demandé au ministre des finances de bien vouloir s’approcher de son homologue des travaux publics et des transports pour qu’une entité soit désignée pour recevoir ces royalties afin de les reverser plus tard à l’État, aux finances. C’est à ce titre, pour autoriser les droits de trafic que le président Cellou, en tant que ministre en charge des droits de trafic qu’il a signé la convention. Il n’a pas géré l’avion, il n’a pas géré la privatisation, il n’a pas fait l’inventaire, il n’a pas fixé le prix de l’avion, il n’a pas participé à la négociation. Il faut que ce soit clair pour tout le monde. On dit qu’il (Cellou Dalein Diallo) est convoqué, qu’il a détourné 5 millions de dollars. L’avion est vendu à 5 millions de dollars. Lui a pris tous les 5 millions de dollars. Le mensonge est très gros. Il est trop gros », a fait savoir Kalémodou Yansané.

Par ailleurs, il indique que l’affaire Air Guinée sera discutée mais devant un tribunal impartial.

Sadjo Bah

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