Affaire ARPT-GVG : Mamy Diaby, un si mauvais perdant 

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Alors que la condamnation de l’Etat guinéen à verser 21,7 millions de dollars à Global Voice Group (GVG) en juillet 2019 semblait avoir clos le litige entre les deux parties, une campagne médiatique récente remet le dossier sur le devant de la scène. Un peu plus d’un an après la décision de la Cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale de Paris de sanctionner l’Etat guinéen pour impayés et rupture abusive de son contrat avec Global Voice Group (GVG), plusieurs articles à charge ont été publiés en août 2020 dans la presse guinéenne. Un baroud d’honneur orchestré par l’ancien DG de l’ARPT ?

Revenons d’abord sur les faits. Lorsque Moustapha Mamy Diaby arrive à la tête de l’Agence de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) en 2011, le prestataire de services TIC Global Voice Group travaille déjà depuis un peu moins de deux ans avec l’institution pour permettre à l’Etat guinéen de collecter les taxes dues et éliminer les lignes frauduleuses. Le contrat, signé en mai 2009 sous la direction de l’ancien DG de l’ARPT N’Fa Ousmane Camara, a alors déjà fait ses preuves en permettant à l’Etat de récupérer quelque 35 millions de dollars par an. Les relations entre l’ARPT et GVG commencent à s’envenimer dès 2012 lorsque Mamy Diaby remet en cause ce contrat, pourtant signé pour une période de six ans – donc courant jusqu’en mai 2015. En 2014, la rupture est consommée lorsque le DG de l’ARPT décide de « résilier abusivement le contrat de GVG sans préavis » et de « chasser les travailleurs de GVG des locaux de l’ARPT », selon le témoignage d’un membre de l’institution. Malgré les nombreuses tentatives de règlement à l’amiable proposées par GVG, Mamy Diaby fait la sourde oreille, ce qui ne laisse d’autre choix à l’entreprise que de porter l’affaire en justice.

Revanche

La suite est connue. L’ARPT est condamnée le 18 juillet 2019 à verser 21,7 millions de dollars à GVG pour impayés et rupture abusive de contrat. Mamy Diaby s’est-il senti humilié par cette décision de justice ? L’a-t-il vécue comme le coup de grâce porté à son bilan déjà médiocre à la tête de l’autorité de régulation guinéenne ? C’est probable, et explique certainement pourquoi il s’attaquerait à ses deux prédécesseurs à la tête de l’ARPT (N’Fa Ousmane Camara et Morlaye Youla), dont le bilan est pourtant reconnu. En tentant de les décrédibiliser tout en traînant dans la boue l’entreprise GVG dans une optique revancharde, Mamy Diaby cherche certainement à redorer son propre bilan. L’attaque n’est-elle pas la meilleure des défenses ?

Une chose est sûre : en cherchant de nouveaux boucs émissaires, l’ancien ministre guinéen affiche clairement le fait qu’il n’a pas digéré le verdict de juillet 2019. Ses offensives médiatiques s’apparentent à un ultime baroud d’honneur afin de masquer son piètre bilan à l’ARTP, marqué notamment par un nouveau partenariat décevant avec l’entreprise Subbah, aux tarifs équivalents à ceux de GVG et dont les résultats économiques n’ont pas été à la hauteur.

Ultime offensive

Cette campagne impulsée par l’ancien ministre, cette « affaire dans l’affaire » semble pourtant bien vaine et anachronique. Elle intervient en effet plus d’un an après une décision de justice qui a entériné l’affaire en faveur du prestataire GVG, et dans une période où les deux parties s’orientent vers un règlement de ce litige. Finalement, cette ultime offensive de Mamy Diaby ne fait que véhiculer et renforcer sa réputation d’opportuniste et de malhonnête. Après avoir volontairement violé les termes du contrat dont il avait la charge, après avoir fait obstruction au projet de plateforme de supervision des appels internationaux entrants porté par Smart Africa, au détriment des autres Etats de l’Alliance, Moustapha Mamy Diaby n’a rien trouvé de mieux que d’attiser de fausses polémiques pour tenter d’attirer ses adversaires dans sa chute. 

Mohamed Kaboul, journaliste indépendant

*Le contenu de ce texte n’engage pas la rédaction de Mediaguinee

 

 

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