Affaire viol collectif d’une dame à Siguiri : des organisations féministes annoncent un sit-in devant le Ministère de la Défense

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Pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur l’état de la dame X violée par 6 personnes à Siguiri, des organisations de défense des droits des femmes en Guinée ont animé ce samedi, 7 décembre une conférence de presse à Conakry.

Dame X à droite avec moussa Yéro Bah

Dans une déclaration lue par Asmaou Barry, présidente de l’Association des professionnelles africaines de la communication (APAC) et signée de l’ONG ‘’ Femmes développement et droits humains ‘’ de Moussa Yéro Bah, les autorités militaires sont invitées à sortir du silence pour faire face au cas de la dame qui vit actuellement à Conakry. Déclaration…

« Devrais-je continuer à vivre ou me suicider ? Ma vie n’a pas aucun sens avec ces multitudes de menaces que je continue de subir. La mort est mieux que la vie pour moi aujourd’hui. Si je n’obtiens pas justice, je n’aurais plus raison d’exister » tels sont les propos de dame X, victime de viol collectif selon elle au camp d’infanterie militaire de Siguiri, ville du nord-est de la Guinée, dans la région administrative de Kankan. Les faits remontent au mois de mai dernier, au premier jour du mois saint de Ramadan. Opposée à la petite sœur d’un responsable de ce camp, elle aurait porté plainte à la gendarmerie de la ville. Avec la pression des responsables militaires, le dossier se serait retrouvé au camp avec obligation pour elle (victime) de s’y rendre. Avec conduite de force et maintenue jusqu’à des heures tardives, elle aurait été assommée et violée par 6 personnes avant d’être jetée au dehors aux alentours de 3h du matin. La scène a malheureusement été filmée et les auteurs auraient poussé le cynisme jusqu’à lui remettre la vidéo de son viol collectif, la menaçant de la rendre publique si elle n’abandonnait pas les poursuites contre la sœur du colonel.

Depuis cet acte, dame X mère de trois enfants ne se sent pas en sécurité. Elle est sans cesse menacée et persécutée dans sa ville natale avec sa famille, parfois par certaines autorités qui estiment qu’elle ne devait pas se plaindre à plus forte raison en parler dans les médias.

En se constituant partie civile, nous, activistes de la société civile ici présentes, voulons savoir ce qui s’est réellement passé dans cette affaire. Nous demandons par conséquent une enquête sérieuse à partir du moment où des autorités militaires ont été citées dans ce dossier et que les faits se seraient déroulés dans un camp du territoire de la république de Guinée. Surtout que les reformes menées dans le secteur de la défense et de la sécurité, ont permis de mettre en place le tribunal militaire. Nous rappelons que le viol est un crime prévu et condamné par le code pénal guinéen en ses articles 268, 269 et 270. Pour savoir ce qui s’est réellement passé, nous envisageons une campagne numérique de soutien à dame x, faire un sit-in devant le Ministère de la défense le jeudi 12 décembre 2019. Ce sit-in sera l’occasion d’interpeller les autorités militaires pour une prise en charge rapide du dossier. Si à l’issue de cette démarche, les choses n’avancent pas, nous nous réservons le droit de porter plainte contre l’Etat devant la cour de justice de la CEDEAO pour réclamer justice pour dame X ».

Mohamed Cissé

+224 623-33-83-57

 

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