Alpha Condé, architecte d’une nomenklatura aux antipodes du progrès (Par Ousmane Kandé)

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Nul besoin de se remuer les méninges, le but n’étant pas la soif de s’évertuer à dresser un tableau de ce qu’a pu faire ou pas le président Alpha Condé durant ses deux premiers mandats ou à la faveur du renouvellement de sa location au palais Sékoutouréyah. 
Il est juste question d’évoquer une problématique qu’Alpha Condé peine inlassablement à résoudre : le choix des hommes. Et puisque tout part de là, le choix de ceux qui ont en main les destinées de notre pays, il est normal que la peur élise domicile en nous. 
Idéalement parlant, on dirait que le vrai mérite devrait être la seule qualification pour un poste. Dans les faits, d’autres considérations entrent en jeu, notamment la confiance et l’honnêteté. Mais plus que ces deux vertus : la confiance et l’honnêteté, le réseautage ou l’appartenance politique sont des qualités dont il faut se munir en Guinée. 
Rien n’est nouveau sous le soleil dirait-on, certes, mais le phénomène a été exacerbé par l’opposant historique devenu président de la République. Des cadres compétents, honnêtes et rompus au travail bien fait, la Guinée en possède énormément. Mais étonnamment, ces têtes bien faites sont mises de côté et même parfois combattues. 
Allez comprendre la raison pour laquelle des individus qui ne disposent pas de connaissances approfondies et même souvent de diplômes universitaires occupent des postes à responsabilité : ministre, Chef de cabinet, directeur… Leur présence à ces hautes fonctions est en effet une énigme qui attend toujours d’être résolue. 
Le décret est un pouvoir discrétionnaire du président mais lorsque le mauvais usage de cette prérogative nuit à la bonne marche d’une nation, il y a matière à réfléchir. Si la démagogie et la propagande politique siéent à certains, d’autres par contre ne se voient nullement dans ces costumes. Or le pouvoir actuel veut et est en train d’obnubiler tous les guinéens. Votre salut dépend de votre aptitude à ployer l’échine et à naviguer habilement au sein du sérail. 
Le plus navrant est que ces individus médiocres promus ici et là, s’inscrivent toujours dans des actes aux antipodes des volontés du président mais à quoi pouvait-il donc s’attendre? Alors que le Chef de l’Etat pense faire tourner le navire à gauche, ceux en qui il a mis sa confiance, le font bifurquer à droite, pas forcément sciemment fait de leur part mais souvent faute compétence. Et cela se ressent dans tous les combats menés par le président : lutte contre la corruption, le clientélisme, les détournements de fonds …
Le président guinéen prône sans cesse la formation des jeunes mais au même moment, il excelle dans la promotion de la médiocrité : véritable paradoxe.

Ousmane Kandé

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