Alpha Condé et Dadis Camara : Aux larmes des regrets (Edito-Mognouma)

Si c’était à reprendre, Alpha Condé et Dadis Camara auraient sans doute procédé autrement. Ils auraient tout fait pour ne pas que l’histoire  retienne  ce qui  a servi de prétexte, et  à juste raison, pour justifier leurs départs respectifs du trône qu’ils occupaient.

 L’obsession de rester le plus longtemps possible sous les lambris dorés du palais ,  c’est le point commun que  ces  deux hommes ont en partage et qui leur a été plus tard fatal à chacun.

Il est collé à la peau de l’un, les massacres du 28 septembre au cours desquels plus d’une centaine d’opposants à la volonté de se présenter du capitaine Président, ont été assassinés et des femmes violées.  Et l’autre, fondateur du RPG, devrait longtemps se souvenir de la modification de la constitution qui a plus tard fait basculer son régime.   

Mais tout cela est désormais derrière nous. C’est du passé.  Impossible de refaire cette histoire, loin d’être des histoires   .

L’ancien Président du CNDD  l’a appris à ses dépens. Ça lui trottait surement dans un coin de sa tête, ce lundi 05 décembre, pendant qu’il s’avançait à pas feutrés , seul,  vers le pupitre du tribunal criminel de Dixinn délocalisé à Kaloum, pour être entendu  ,  à son tour,   sur sa version des faits . 

 L’évènement tant attendu de ce procès devant ce tribunal, celui de  la comparution du Président de la junte en 2008 ,  ne sera pas une réalité de   cette  date.  

L’homme qui était d’apparence pressé pour affronter la justice, ne saisira pas l’occasion pour se blanchir de sa présumée implication dans ces crimes odieux. Il annoncera au tribunal qu’il est malade sans pour autant fournir des documents médicaux attestant de son mal.

 Pour en convaincre, la voix sera taillée à l’état de santé ainsi révélé .

 L’ancien  tout puissant Président de la transition  qui avait pris gout dans les temps,  pendant qu’il trônait sur le pays , à amener les  cadres à faire leur mea-culpa en public et  parfois en direct à la télévision nationale,  devrait lui-même être soumis à cet exercice. Sauf que là, c’est très sérieux et une mauvaise  issue peut entrainer de très  longues années de privation de liberté.

La maladie évoquée  est passée en dérision sur les réseaux sociaux. Sur les différentes plateformes prisées, on parle plutôt  de l’échec d’une stratégie  qui consiste, non pas à  se comporter comme Pivi et Marcel , qui font dans le déni de la réalité, mais plutôt à s’abstenir de répondre à la cour. Vrai ou faux, on le dit avec insistance.  

Dadis s’est retourné, se  prostrer  dans le box avec le sentiment d’être trahi par ses mauvais conseillers qui ont agi dans l’ombre et même à visage découvert.

Alpha Condé n’est pas lui aussi loin de ce destin charcuté au gré d’une trop grande obsession du pouvoir. Lui  que le trésor Américain, dans un communiqué officiel , a  rendu seul responsable de l’assassinat des manifestants ainsi que de la privation de liberté sans fin des leaders de l’opposition,  après avoir acquis au forceps son troisième mandat qui a d’ailleurs  été  aussi mise en cause dans le même communiqué.

Ce sont les rêves fous et hallucinants  d’un éventuel retour sur la scène  politique de l’ancien opposant historique espéré par les soutien de celui-ci , qui  viennent  d’être ainsi scellés par les Américains.    

A cet instant , et  à coup sûr, le pouvoir est rangé dans les rayons des « mauvais » souvenirs par les deux anciens Présidents.

La malédiction guinéenne risque de perpétuer ce triste scénario. Car, de nos jours, des  opposants au pouvoir  sont morts lors des manifestations. Des leadeurs en prison serait en train de dépasser le délai légal de détention.  

Du bis repetita!

Mais malgré tout, c’est encore possible pour la junte dirigée par Mamadi Doumbouya de ne pas subir le même sort qui le guette pourtant  dangereusement. 

IN DjomaMedia

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